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Réseaux, le jeu éducatif sur la Résistance

Réseaux est un jeu de plateau éducatif créé par les Archives départementales des Yvelines.

Inspiré de documents d’archives, Réseaux est un outil pédagogique pour découvrir comment fonctionnaient les réseaux clandestins, prendre conscience des risques encourus par les résistants et de leurs actes héroïques.

Dans Réseaux, vous incarnez les chefs de réseaux de Résistance de l’ancienne Seine-et-Oise (actuels départements des Yvelines, Hauts-de-Seine, Essonne et Val d’Oise) pendant la Seconde Guerre mondiale. Votre but : déstabiliser les troupes d’occupation allemandes en opérant des missions de sabotage, de propagande, d’espionnage et d’attaque.

Pour télécharger le jeu : Réseaux, le jeu éducatif sur la Résistance – Educ’Archives

Le futur de l’éducation numérique | Mondes sociaux

 »Hacker c’est donc se rebeller, détourner les codes, être à la limite de la légalité… pour faire avancer la société (..) Parce qu’une action vaut mieux qu’une critique, j’ai créé HackEdu, avec une conviction : l’éducation ne peut-être disruptée que par ceux qui la font ». (Stéphanie Pfeiffer, créatrice de HackEdu)

Le recours à ce vocabulaire de la « disruption » (anglicisme, de « rupture ») directement issu de la Silicon Valley aurait été impensable dans le contexte éducatif français avant les années 2010. On le voit aujourd’hui fleurir, dans un réseau français des EdTech de plus en plus visible et soutenu par un ministre lui étant particulièrement favorable.

L’idée que le monde éducatif doive évoluer avec les technologies n’a en soi rien de nouveau (Cuban, 1986). La transformation numérique du monde éducatif est l’objet d’innombrables discours médiatiques et politiques, de programmes et de curricula d’enseignement, d’expérimentations et de pratiques pédagogiques. Tous s’inscrivent dans un contexte idéologique marqué par des représentations révolutionnaires : une révolution numérique serait en cours, l’école devrait donc en être partie prenante (Selwyn & Facer, 2013).

Pour le magazine Mondes sociaux,

«  Alors que les TICE ont historiquement constitué le paradigme structurant pour le monde éducatif français, son allant de soi est aujourd’hui contesté par le paradigme anglo-saxon. Les EdTech ont une ambition mondiale clairement hégémonique (…). De ce point de vue, les Humanités Numériques pourraient permettre à certains acteurs de trouver des ressources et des modalités curriculaires alternatives à la fois aux TICE et aux EdTech, qu’il s’agisse de logiques de production, de rapport aux savoirs ou encore de propriété intellectuelle.

Un beau programme, non ?

—A lire : Le futur de l’éducation au numérique – Mondes Sociaux

Crédit image : Pixabay License. Free for commercial use. No attribution required

Ouvrages cités :

  • Selwyn N., Facer, K., éd., 2013, The politics of education and technology : conflicts, controversies, and connections, New York : Palgrave Macmillan.
  • Cuban L.,1986, Teachers and machines: the classroom use of technology since 1920, New York : Teachers College Press.

Le Blackface de Justin Trudeau: des perceptions historiquement différentes entre Anglophones et Francophones ?

Justin Trudeau a passé la journée de mercredi à se confondre en excuses relativement à une photo où il est déguisé en sultan pour une soirée costumée quand il était enseignant à Vancouver, en 2001. Puis,une deuxième photographie et une vidéo ont été dévoilées, cette fois-ci montrant Justin Trudeau déguisé en Noir avec un blackface.

La photo de Justin Trudeau déguisé en Aladin à Vancouver en 2001. Photo: La Presse canadienne / West Point Grey Academy
La photo de Justin Trudeau déguisé en Aladin à Vancouver en 2001. Photo: La Presse canadienne / West Point Grey Academy

Raciste ou erreur innocente, sa photo en brownface a été accueillie bien différemment au Canada anglais et au Québec. Le journal Le Devoir a notamment interrogé à ce sujet le sociologue Joseph Yvon Thériault.

Celui-ci explique ce contraste par l’histoire différente du Québec et du reste du Canada, de même que la proximité culturelle du Canada anglais avec les États-Unis. Le blackface est né au sud de la frontière au XIXe siècle, où les spectacles de minstrels permettaient à des acteurs blancs de se moquer des Afro-Américains avec un accent ridicule ou des comportements enfantins. La société américaine s’est construite autour de l’esclavage et de son abolition et le phénomène du blackface y a été structurant, explique M. Thériault. Au fil des décennies, le Canada et les pays anglo-saxons se sont américanisés. La sensibilité au blackface s’est importée. Mais le Québec s’est davantage construit en miroir à la France, dont le passé colonialiste n’a pas compté le même épisode d’esclavage en terre française qu’aux États-Unis, note M. Thériault. « La notion est moins prégnante » au Québec, dit-il.

Par ailleurs, pour le sociologue trouve « surprenant que M. Trudeau s’excuse pour un geste d’il y a 20 ans, parce qu’il y a 20 ans la réception n’était pas comme aujourd’hui ».

Sur le plan politique, le Canada étant en pleine campagne électorale, la Ligue des Noirs du Québec, le Conseil national des musulmans canadiens et le groupe Canadians United Against Hate ont tous accepté les excuses de Justin Trudeau, prononcées mercredi soir peu après la diffusion de la première photo.

— A lire sur Houspillé dans le ROC, pardonné au Québec | Le Devoir

Débat : Enseignement supérieur, replaçons la salle de cours au cœur de la cité !

Les infrastructures de l’Internet ont fourni un support à un rêve déjà ancien, celui de diffuser la connaissance au plus grand nombre. Mais l’ambition des sciences ouvertes ne se limite pas aux questions d’accès que de nouveaux moyens techniques et juridiques facilitent un peu plus chaque jour. Si elles visent à faire circuler les résultats de recherche de manière bien plus fluide, il s’agit aussi d’agir en amont, en rendant la recherche plus participative.

L’idée est de ne pas envisager les citoyens comme de simples sujets de recherche mais également comme des partenaires des chercheurs. D’ailleurs, les initiatives de science citoyenne se propagent rapidement à travers le monde, que cela soit pour collecter des données ou pour les analyser, parfois à travers des dispositifs ludiques.

Ce mouvement invite à s’interroger sur la bipartition entre l’enseignement et la recherche. Les étudiants n’ont-ils pas aussi un rôle à jouer dans la construction de « communs » pédagogiques ? Dans le prolongement des sciences ouvertes et citoyennes se dessinerait aussi une « éducation ouverte ».

C’est l’une des hypothèses centrales de la note Vers une éducation ouverte : Faire, réflexivité et culture pour une éducation-recherche, qui vient d’être publiée par le think tank Research Group Collaborative Spaces (RGCS), à partir de huit expériences innovantes menées dans l’enseignement supérieur, dans des contextes assez différents – universités, écoles de management, écoles d’ingénieurs.

Des questions également à se poser pour les institutions de formation tertiaire telle que la HEP Vaud.

Lire la suite : Débat : Enseignement supérieur, replaçons la salle de cours au cœur de la cité ! – The Conversation

Crédit photo : Par une journée pluvieuse, des milliers de personnes défilent sur Washington DC pour se battre pour le financement de la science et l’analyse scientifique en politique. Photo de Vlad Tchompalov sur Unsplash.

«Technopoly. Comment la technologie détruit la culture» de Neil Postman enfin traduit en français

L’un des ouvrages majeurs du théoricien ­américain des médias Neil ­Postman (1931-2003) paraît aujourd’hui en français : il reste d’une actualité frappante.

Quand le théoricien ­américain des médias Neil ­Postman (1931-2003) publia Technopoly aux Etats-Unis, en 1992, Internet n’en était qu’à ses débuts. Seul le nom d’Arpanet, ancêtre du réseau des réseaux, apparaît d’ailleurs dans le livre.

Son propos n’en reste pas moins pertinent à l’heure où l’intelligence artificielle occupe tous les esprits et apparaît comme le dernier avatar ou une nouvelle étape de l’ère de la Technopoly caractérisée par la « soumission de toute forme de culture à la souveraineté des machines et de la technique ».

Postman remet lui une forme d’humanisme au cœur de la pensée de la technique.

Pour Postman, l’histoire des techniques est celle des relations entre technique et culture. Il identifie trois grandes périodes de cette histoire. Avant le temps de la technopoly, il y a eu

  • les « civilisations de l’outil », où les techniques étaient soumises à un ordre religieux et moral traditionnel;
  • puis vint, en Occident, le temps de la « technocratie » (Francis Bacon, Galilée), où la rationalité techno-scientifique entre en conflit ouvert avec l’idéologie religieuse.

Ce n’est qu’au XXe siècle, avec l’avènement de l’organisation scientifique du travail, la domination du scientisme bureaucratique et la naissance de l’informatique, que la technique serait parvenue, dans la « technopoly », à subordonner à ses propres fins toute forme de pensée.

La présentation de l’ouvrage par l’éditeur (https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/technopoly):

« Nous sommes entrés dans l’ère de la Technopoly. Soit une société dans laquelle la culture est entièrement soumise aux impératifs technologiques. Tout doit y être mesuré, évalué avec le plus haut degré de précision, converti sous forme de données quantifiables et objectives, pour permettre à des machines ou à des experts d’assurer, pour notre plus grand bonheur, la gestion de nos vies.

Bien que l’information n’ait jamais été aussi facile d’accès et présente en telle quantité, nous sommes désemparés, incapables d’appréhender un monde devenu d’une grande complexité. D’autant que les institutions sociales (l’école, la famille, les organisations politiques…) et les valeurs au fondement de la culture humaniste – qui structuraient jusqu’alors nos existences tout en favorisant le développement de notre autonomie et de notre faculté de jugement – ont rendu les armes face au monopole de la technique.

Les réflexions développées dans ce livre retentissant de Neil Postman, publié pour la première fois aux États-Unis en 1992, n’ont rien perdu de leur actualité. Bien au contraire, elles révèlent avec une rare lucidité les fondements des mutations profondes qui n’ont fait que s’accélérer depuis. En remontant aux origines de la science moderne et de l’idéologie du progrès, l’auteur dresse un constat sans appel : la soumission de la culture à la technique menace à terme de détruire les sources vitales de notre humanité. »

Référence : « Technopoly. Comment la technologie détruit la culture », de Neil Postman, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par le collectif Technologos, L’Echappée, 224 p., 18 €.

Source : « Technopoly » : Neil Postman, rebelle à l’idéologie technophile

La cathédrale « en sable » de Lausanne « coule sur le trottoir » quand il pleut

En charge de la rénovation de la cathédrale Notre-Dame de Lausanne, l’architecte Christophe Amsler a expliqué mardi dans La Matinale pourquoi il faut réparer sans cesse le bâtiment, et comment le moderniser sans trahir le patrimoine.

Il y avait les bâtisseurs de cathédrales, il y a désormais les « re »-bâtisseurs de cathédrales. Christophe Amsler est l’un de ceux qui, pour les générations futures, répare la pierre venue du passé. Il a notamment contribué à la restauration de la basilique fortifiée de Valère à Sion, à celle de la collégiale de Neuchâtel, ou encore à celle du château de l’Aile à Vevey.

Mandaté par le canton de Vaud, cet architecte est l’un des responsables de la prochaine étape de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Lausanne. Il a la lourde tâche de succéder, entre autres, au célèbre Viollet-le-Duc, l’un des précédents restaurateurs du bâtiment emblématique de la capitale vaudoise, connu notamment pour sa restauration de Notre-Dame de Paris au XIXème siècle.

Lire la suite :  https://www.rts.ch/info/regions/vaud/10698357-la-cathedrale-de-lausanne-perd-une-partie-de-sa-matiere-lorsqu-il-pleut.html

Crédit photo : La cathédrale Notre-Dame vers 1873 avec la flèche d’Henri Perregaux, remplacée bientôt par celle due à Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc. Wikipedia.

France : un buste d’Hitler caché dans les sous-sols du Sénat

Une enquête du Monde publiée mardi 3 août révèle la conservation d’un buste d’Hitler et d’un drapeau nazi de deux mètres sur trois dans les sous-sols du Sénat. Un secret bien gardé depuis 75 ans et connu de seulement quelques initiés au sein de l’institution.

Après les multiples sollicitations du journal, l’institution a fini par reconnaître l’existence du buste et de plusieurs objets nazis dissimulés en son sein. P

Le personnel du Sénat aurait même travaillé sur des bureaux ornés de l’aigle du IIIe Reich jusqu’à récemment. Le Palais les aurait vendu il y a une dizaine d’années…

Petite question pour les enseignants d’histoire romands du cycle 2 :

sous quelle dimension de la pensée historienne pourriez-vous faire enquêter vos élèves : Changements et permanence, Mythes et réalité ou Traces et mémoire?

Source : Un buste d’Hitler caché dans les sous-sols du Sénat | LesInrocks

Le stylo, symbole d’une écriture en voie de disparition

L’école, le collège, le lycée constituent pourtant l’ultime bastion de l’écriture manuscrite. Les enfants et les ados sont « les derniers des Mohicans, tout cela grâce aux profs, qui n’écrivent plus que sur les copies et éventuellement sur une liste de courses », ironise Mara Goyet, professeure d’histoire au collège, écrivaine et blogueuse. « Même s’ils sont plus lents qu’avant, les collégiens écrivent toujours beaucoup. » Ils y sont ­entraînés dès la moyenne section de maternelle, puis s’initient, en cours préparatoire, aux joies alambiquées des majuscules à l’ancienne.
Car, au pays des moines copistes et de la littérature, l’école a pour mission d’entretenir la tradition calligraphique. Le culte, même, voué à l’écriture, cursive de préférence (« en attaché », disent les petits).
— À lire sur www.lemonde.fr/m-perso/article/2019/08/30/le-stylo-symbole-d-une-ecriture-en-voie-de-disparition_5504596_4497916.html

Mort du sociologue américain Immanuel Wallerstein, figure de l’altermondialisme | Le Monde

Le chercheur à l’université de Yale, économiste, historien et sociologue engagé à gauche, était l’un des pionniers des études sur les effets de la mondialisation.

Le sociologue américain Immanuel Wallerstein, considéré comme l’une des figures tutélaires du mouvement altermondialiste et connu pour ses travaux menés dans la lignée de l’historien Fernand Braudel, est mort dimanche 31 août à l’âge de 88 ans.

« Nous avons appris hier avec tristesse la mort d’Immanuel Wallerstein, créateur et principal instigateur de la “sociologie historique” des Etats-Unis, décédé le dimanche 31 août. Marxiste hétérodoxe, il avait développé une lecture propre du capitalisme et de son développement », ont indiqué lundi les éditions La Découverte sur leur compte Twitter. « Nous sommes fiers d’avoir contribué à faire connaître au lectorat francophone cet auteur extrêmement original dont l’œuvre immense restera », a ajouté l’éditeur français.

Chercheur à l’université de Yale aux Etats-Unis, économiste, historien et sociologue, professeur dans plusieurs universités, Immanuel Wallerstein a été notamment directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), à Paris

Lire la suite : Mort du sociologue américain Immanuel Wallerstein, figure de l’altermondialisme | Le Monde

Crédit image : Le sociologue Immanuel Wallerstein en 2008. Alexei Kouprianov / CC BY-SA 3.0

« Il n’y a pas une histoire d’Internet, mais des généalogies, de réseaux, de communautés… »

L’histoire de la naissance d’Internet serait une fabuleuse aventure scientifique menée en Californie, dans les laboratoires de recherche de la Défense américaine et ceux des universités californiennes ; une révolution technique rendue possible par des visionnaires, comme Vinton Cerf ou Bob Kahn , ou encore, plus tard et en Suisse, Tim Berners-Lee .

Pourtant, à l’ombre de ce mythe fondateur, d’autres histoires existent, écrites dans d’autres pays, par d’autres communautés, avec d’autres généalogies. Elles sont précieuses : en approfondissant et complexifiant les récits dominants sur Internet, elles permettent d’imaginer pour le réseau d’autres avenirs.

Le « Digital Society Forum » d’Orange lance en en cette rentrée un cycle sur les histoires et les généalogies méconnues d’Internet. Pour l’inaugurer, ils ont rencontré l’historienne Valérie Schafer, spécialiste de l’histoire des réseaux français, aujourd’hui professeure à l’université du Luxembourg.

Extrait de ce passionnant entretien que je vous incite instamment à lire en entier.

« Quand nous avons travaillé avec Benjamin Thierry sur l’histoire du Minitel, nous nous sommes attachés à montrer autant les continuités que les ruptures. Car, même s’il est indéniable qu’il y a eu des ruptures, il est frappant de constater combien, sur 30 ans d’histoire des cultures numériques, on retrouve de débats et continuités. La question de la neutralité du Net, le fait que l’opérateur puisse ou non « regarder » ce qu’il y a dans les tuyaux, se pose déjà au moment du Minitel. Le mouvement « Free The Nipple » soulève des questions qui sont posées vingt ans plus tôt, quand au milieu des années 1990 en Bavière un newsgroup sur le cancer du sein est supprimé au milieu d’une centaine d’autres dans le cadre de la lutte contre la pornographie. La question de l’intercession des intermédiaires, des hébergeurs, en cas de propos racistes, de pédopornographie, de terrorisme, se pose déjà au milieu des années 1990. Les fake news existent depuis les débuts du Web, et même historiquement avant dans l’histoire des médias. On observe des tendances récurrentes, qui existent avec plus ou moins de force selon les époques. »

Lire la suite : ”Il n’y a pas une histoire d’Internet, mais des généalogies, de réseaux, de communautés…„

Crédit photo : l’historienne Valérie Schafer