Bruno Devauchelle : Cartables, manuels, ressources à l’ère numérique

Le numérique va t-il alléger le poids des cartables ? La question revient régulièrement depuis 20 ans, rappelle Bruno Devauchelle. Mais elle est mal posée. Encore faut-il bien comprendre ce que sont un cartable et un manuel à l’ère numérique. De plus en plus d’enseignants se passent de manuel scolaire mais le remplacent par des photocopies.  » Les moyens numériques qui environnent le travail scolaire, cahier de texte numérique, carnet de notes ou même de liaison numérique, environnement numérique de travail, viennent compléter l’idée même d’un allègement des cartables. Et pourtant cela ne semble pas être vraiment le cas. Les enseignants sont majoritairement orientés « papier ». Ils le font pour quelques raisons : d’une part la culture de l’écrit papier reste dominante, de plus les examens se font très majoritairement sous forme écrite ou orale mais sans numérique, d’autre part les défaillances techniques des appareils numériques et des réseaux font craindre la nécessité du fameux « plan B ». » Quant au cartable il doit englober l’univers numérique de l’élève en sus de celui de l’établissement. Au croisement des deux, le smartphone… Une excellente tribune de Bruno Devauchelle à lire sur le Café pédagogique.

Source : Bruno Devauchelle : Cartables, manuels, ressources à l’ère numérique

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FidusWriter : un traitement de texte OpenSource collaboratif et académique

Cet article présente Fidus Writer, traitement de texte OpenSource collaboratif et académique, et son intégration dans la formation à l’écriture scientifique et la réalisation du projet de mémoire professionnel de futur.e.s enseignant.e.s primaires. Il participe également à ma volonté de proposer à mes étudiant.e.s des outils numériques libres. Le tout en suivant ma devise «Pédagogie, technologie et simplicité»

Dans le cadre du module de préparation au mémoire professionnel (MP) pour de futurs enseignant.e.s primaires1, il m’importe également de proposer des outils numériques pour accompagner la réalisation de leur travail de MP. De plus en plus, je leur propose des outils numériques OpenSource.

J’ai récemment fait la découverte de Fidus Writer, éditeur de texte qui permet notamment de gérer des références bibliographiques et des les intégrer en fonction d’une norme reconnue comme la norme APA. Devant ses fonctionnalités et qualités, j’ai choisi ce semestre d’inciter mes étudiant.e.s à l’utiliser pour la rédaction de leur projet de mémoire professionnel. Par ses fonctionnalités, je postule que FidusWriter participera à l’acquisition par mes étudiant.e.s des principes d’une écriture académique. Il me permettra également de suivre la progression de leur travail et de les accompagner dans leur projet. La présentation qui suit fait également office de mini mode d’emploi de FidusWriter.

Fidus Writer est un traitement de texte OpenSource collaboratif en ligne spécialement conçu pour les travaux de type universitaire comportant des citations et/ou des formules. La collaboration permet de travailler à plusieurs sur le même document et d’y inclure des commentaires. Ces commentaires sont visibles dans la marge de droite.

La page de connection de FidusWriter
La page de connection de FidusWriter

Concernant le travail collaboratif, le suivi des changements (menu Tracks changes) offre la possibilité met en évidence les changements apportés aux documents depuis la dernière version (via Tracks changes –> Record) avant de les enregistrer (via Tracks changes –> Accept all). Ces chagements sont rendus visibles au moyen d’une couleur différente et d’une indication de l’auteur du changement.

La page d'accueil permettant la gestion des fichiers et des bases de données (bibliographiques, images).
La page d’accueil permettant la gestion des fichiers et des bases de données (bibliographiques, images).

FidusWriter comprend également une base de données de références. Vous pouvez ainsi insérer vos références dans votre document. Vous pouvez choisir votre style (via Settings) de référence dont le format APA. Deux variantes de mise en forme :

  • Kühberger (2018, p. 24)
  • (Kühberger, 2018, p. 24)

La bibliographie est directement mise à jour et figure en fin de document en fonction du style de référencement bibliographique choisi (p. ex. APA).

L'inteface de travail et d'écriture
L’inteface de travail et d’écriture

L’éditeur se concentre sur le contenu plutôt que sur la mise en page, de sorte qu’avec le même texte, vous pourrez plus tard le publier de plusieurs façons : sur un site Web, sous forme de livre imprimé ou de livre électronique. Dans chaque cas, vous pouvez choisir parmi un certain nombre de mises en page adaptées au support de votre choix.

Les informations sur cet outil se trouvent ici : https://www.fiduswriter.org/how-it-works/.

Dans les préférences du document, il est possible de choisir

  • le style des références bibliographiques;
  • la langue du document;
  • un des styles prédéfinis pour le document.

Une fois la langue choisie, il est possible de vérifier l’orthographe de son document (via le menu Tools).

On dispose également de la possibilité de créer d’une base de donnée bibliographique. Pour importer des références issues de Zotero, la méthode la plus efficace consiste à exporter les références depuis Zotero au format BibTex (menu Fichier –> Exporter la bibliothèque…), puis de se rendre dans l’espace d’accueil de FidusWriter et, via Bibliography, choisir «Upload BibTex file…». Vous sélectionnez ensuite le fichier généré, puis l’import se fera automatiquement. Vous pouvez également procéder par glisser/déposer depuis Zotero.

Il est possible d’insérer un tableau ou des images. Concernant les images, elles intègrent une banque d’images.

Parmi les formats d’exportation, on trouve

  • le format .docx (Word);
  • le format epub;
  • en LaTex;
  • en pdf.

Concernant l’exportation des documents, il faut souligner qu’il faut utiliser Firefox à la place de Safari. De manière générale, Firefox ou Chrome fonctionnent mieux avec FidusWriter que Safari.

Si vous avez utilisé Google Docs, l’apparence et la convivialité devraient vous permettre de faire la transition en douceur. Ne vous inquiétez pas des sauts de page ou de tout autre formatage à ce stade ; lorsque vous exportez votre document au format PDF, à imprimer, au format .docx, LaTeX ou EPUB, il fera ce qu’il faut en fonction de vos choix de style.

En 2013, le site Les Outils Tice présentait FidusWriter sous l’angle de ses trois points forts :

  • Le premier d’entre eux, ce sont ses options de travail collaboratif. A partir d’un document crée sur le site vous pouvez inviter d’autres personnes à venir éditer et commenter telle ou telle partie du texte. Ces derniers pourront selon les droits que vous leur accorderez au cas par cas modifier le texte ou seulement le lire et le commenter. Dans tous les cas, FidusWriter conservera les différentes versions d’un même document pour vous permettre au besoin de revenir en arrière.
  • Deuxième point fort, l’intégration facilitée dans le texte de références, de bibliographies et autres notes. Si votre travail nécessite de citer de nombreuses sources, FidusWriter va sérieusement vous faciliter la tâche. L’interface du traitement de texte particulièrement simple permet de créer des listes de références à la volée. Ces dernières peuvent être des livres, des revues ou des sources en ligne interactives.
  • Troisième point fort de mon point de vue, les nombreux formats d’export proposés par ce service. Vous allez pouvoir chosiir parmi de nombreuses templates si vous envisagez de publier votre travail. Oubliez la lourde tâche de ma mis en forme et concentrez-vous sur l’essentiel: le contenu. Vous pourrez exporter votre travail fini au format PDF, EPUB ou encore HTML. Ultra pratique.

Voilà nous sommes au terme de ce petit tour de présentation rapide de FidusWriter. Pour un éditeur de texte collaboratif en ligne, toujours en OpenSource (moins complet) : FramaPad ou HackMD. Autrement, il y a Google Docs, Evernote ou Microsoft Office Online… , mais ce n’est pas OpenSource et pas forcément gratuit.

Le site de FidusWriter : https://www.fiduswriter.com/

Bibliographie (exemple) :

Kühberger, C. (2018, December). The Private Use of Public History and its Effects on the Classroom. (M. Demantowsky, Ed.), Public History and School. De Gruyter. https://doi.org/10.1515/9783110466133-004

  1. BP43MEP-9 «Comment penser le monde d’aujourd’hui et de demain, par l’intermédiaire des disciplines des sciences humaines et sociales ?» ↩

Ludovia#CH 2019 : ouverture des inscriptions en ligne

Après une première édition réussie avec 500 participant.e.s, Ludovia#CH remet le couvert du 16 au 18 avril 2019. Cette deuxième édition interrogera la place des ressources numériques dans le ressourcement des pratiques enseignantes. Désormais les inscriptions en ligne sont possibles.

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Ludovia#CH : l’affiche de la deuxième édition

Au programme

Au menu de cette deuxième édition, les ingrédients auront la même saveur : ateliers d’échanges de pratiques et d’expérience (ExplorCamps) ou de construction de ressources (FabCamps), conférences, tables rondes, séminaire pour les directions d’établissement et les collectivités locales, colloque scientifique pimentés de l’indispensable convivialité autour d’activités « off » telle celle de FabLabs ou encore vivre des expériences ludiques avec la Maison d’Ailleurs.

Plus d’une trentaine d’ateliers et pas moins de 15 communications scientifiques seront proposés à Ludovia#CH cette année.

La thématique de cette deuxième édition « Des ressources numériques pour ressourcer les pratiques » s’intéressera à la création de ressources numériques par les enseignants. Ces derniers, loin de n’être que consommateurs, sont les co-créateurs des ressources qu’ils utilisent.

Cette thématique fera l’objet de la conférence inaugurale proposée par Florence Devouard, de Wikimedia France, le mardi 16 avril à 19h : « Impliquer les jeunes dans des projets pédagogiques à l’aide de Wikipedia et des ressources libres ».

Pour sa part, le Séminaire « Établissements scolaires et gouvernance du numérique » abordera la question des plus actuelles du passage à l’établissement numérique et s’interrogera sur les éléments moteurs, les freins et les moyens de dépasser ses derniers.

Des nouveautés !

Pour rester dans « l’ambiance » Ludovia, quoi de mieux que de proposer des évènements associés !

Cette année, deux événements associés ont répondu présents : « #mus » et « Enseigner l’histoire à l’ère des Humanités digitales » qui auront lieu le mardi.

Dans les nouveautés, vous pourrez assister à la soirée off du mercredi à la Maison d’Ailleurs : « La soirée dont vous êtes le héros« et retrouvez, le jeudi,l’environnement des EdTech sur le sujet : « Les start-ups au service de l’éducation », au château d’Yverdon-les-Bains, de 13h30 à 15h30.

Plus d’infos : 
Dans le cadre du Château d’Yverdon-les-Bains et de la Maison d’Ailleurs, cette deuxième édition se déroulera du mardi 16 au jeudi 18 avril 2019.

Tout le programme, jour par jour, c’est ici : ludovia.ch/programme-general

Retrouvez tous les intervenants : ludovia.ch/category/intervenants-moderateurs

L’inscription, c’est ici => www.conftool.com/hepvd-ludovia

Cartographie numérique: The Green Book, un guide touristique qui donne à voir la géographie des lieux « fréquentables » par des Noirs dans l’Amérique de l’après guerre.

The Green Book est un guide de voyage touristique publié entre 1936 et 1966 dont le but était de répertorier les hôtels, restaurants, bars, stations-service, où les voyageurs noirs étaient acceptés. La New York Public Library a développé une interface cartographique en ligne pour vous inviter à en explorer le contenu :

http://publicdomain.nypl.org/greenbook-map/index.html

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Le site peut être consulté en mode de navigation libre ou en choisissant son itinéraire. Il permet de nous plonger dans l’Amérique de l’après guerre et sa politique de ségrégation. L’occasion de comprendre comment on pouvait « voir le monde en fonction de la couleur de sa peau ».

via Cartographie numérique: The Green Book, un guide touristique qui donne à voir la géographie des lieux « fréquentables » par des Noirs dans l’Amérique de l’après guerre.

Que commémorent les bots? | L’histoire contemporaine à l’ère numérique

Frédéric Clavert revient dans son dernier billet sur les commémorations de la Première Guerre mondiale et son projet de recherche sur le Centenaire de la Grande Guerre. Il indique notamment qu’il est probable qu’il aille désormais jusqu’au 11 novembre 2019 – pour avoir un 11 novembre hors du Centenaire. Mais d’autres questions de recherches se posent à lui maintenant et notamment sur le rôle des comptes automatisés dans les commémorations :

« Mais d’autres questions de recherche se posent, maintenant que la collecte touche à sa fin. Ainsi, en travaillant sur la commémoration du centenaire de la bataille de Verdun de mai 2016 et les controverses alors suscitées, je ne me suis pas penché sur le rôle des comptes automatisés mais y avais pensé très fortement. Je me suis pour le moment contenté d’une analyse de la circulation de l’information et son rôle dans ces controverses – je ne me pensais pas capable de pouvoir repérer les bots, tout simplement. »

Il y présente notamment le cas du compte Twitter @realtimeww1 :

« Le compte Twitter @realtimeww1, projet initié par mon collègue Benoît Majerus et les étudiants du Master académique en histoire européenne contemporaine de l’Université du Luxembourg. Ce compte Twitter est automatisé, ce qui en fait un «bot». »

Passionnant !

Source : Que commémorent les bots? | L’histoire contemporaine à l’ère numérique