Documentaire – Paul Grüninger, traître à la patrie puis héros | RTS

Décédé il y a tout juste cinquante ans, Paul Grüninger aurait dû être un héros mais il est pourtant devenu un paria. « Coupable » d’avoir sauvé des milliers de Juifs durant la Seconde Guerre mondiale en les laissant rester en Suisse, il a tout perdu. C’est cette histoire que retrace le documentaire « L’affaire Grüninger » diffusé cette semaine sur la RTS.

>>Voir le documentaire « L’affaire Grüninger », de Richard Dindo (Suisse, 1997) (En ligne jusqu’au 25.04.22).

L'affaire Grüninger [RTS]
L’affaire Grüninger / Sur les Docs / 96 min. / mercredi à 23:12 

En 1938, alors que l’Allemagne nazie a déjà annexé l’Autriche, le Conseil fédéral décide de fermer les frontières suisses aux réfugiés juifs. A l’époque, Paul Grüninger est déjà chef de la police cantonale de Saint-Gall et pour lui, il est hors de question d’abandonner ces gens à leur sort.

Durant des mois, il va les laisser entrer, allant jusqu’à suggérer la falsification de leur date d’arrivée pour qu’elle soit antérieure à août 1938. Cet homme leur a sauvé la vie, mais il sera démis de son poste, chassé de son logement puis condamné. Il ne sera réhabilité, à titre posthume, qu’à la toute fin du siècle dernier.

>> Lire aussi: Paul Grüninger, traître à la patrie puis héros

Enquête sur une photographie

A l’été 2009 l’historienne américaine Wendy Lower travaillait aux archives du musée-mémorial de l’Holocauste à Washington DC (États-Unis) lorsqu’elle fit connaissance avec deux jeunes journalistes venus de Prague. Ils lui confièrent une photographie du front de l’Est pour l’expertiser.

Si la documentation photographique de la Shoah est particulièrement importante, peu nombreuses sont les images qui saisissent les tueurs dans l’instant même de leur acte. Une dizaine, tout au plus, ont refait surface. Celle-là pose de nombreuses questions : quelle est l’identité des Allemands et des Ukrainiens, celle du témoin, celle des victimes ? Dans quelles conditions et avec quelle intention la photographie a-t-elle été prise ? Surtout quand on sait qu’à partir de l’été 1941 l’armée allemande cherchait à interdire à ses combattants de photographier les violences contre les civils par crainte de l’usage que les propagandes alliées pourraient faire de ces images. Et, finalement, quelle est la responsabilité d’une historienne, lorsqu’elle tient en main l’évidence d’un crime où aucun des visages n’est dissimulé ?

Source : Enquête sur une photographie

Les leçons de Munich par Netflix

Nul doute que l’invasion de l’Ukraine par la Russie donnera lieu à un intérêt encore plus grand au nouveau film de Netflix The Edge of War consacré aux accords de Munich et à Neville Chamberlain, présenté sous un jour extrêmement favorable (c’est le moins qu’on puisse dire).

Mais, en analysant le film et en le déconstruisant son propos, cet article propose surtout que nous réfléchissions de plus près aux raisons pour lesquelles Hitler a été attrayant pour les élites d’autres pays et à ce qu’il pourrait dire en termes de fonctionnement de la politique étrangère loin des gros titres jusqu’à nos jours.

Neville Chamberlain (Jeremy Irons) brandit un document promettant la paix entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne nazie. Munich : The Edge of War.

Extrait traduit :

Lorsque les gens souhaitent une réponse plus belliqueuse à un conflit international, ils accusent souvent leurs adversaires de ne pas reconnaître les leçons de « Munich ». Nous entendons cela de la part de certains conservateurs canadiens en ce qui concerne la réponse du Canada à la menace d’une invasion russe de l’Ukraine. L’hypothèse dans leur utilisation de « Munich » est que les dirigeants britanniques et français ont « apaisé » Hitler en septembre 1938 en approuvant son plan de s’emparer de la région des Sudètes en Tchécoslovaquie et en ignorant sa saisie antérieure de l’Autriche. Mais cela suppose que les hommes qui négociaient avec Hitler à Munich méprisaient ses objectifs, mais cèdent pour préserver une paix impossible. En fait, il existe des preuves que le Premier ministre britannique Neville Chamberlain et son gouvernement ont soutenu l’objectif d’Hitler de conquérir l’Europe centrale et orientale, puis d’envahir l’Union soviétique, à condition qu’il laisse les nations d’Europe occidentale et leurs colonies seules. Le nouveau film Netflix Munich : The Edge of War, comme une grande partie du travail historique sur l’événement et sur Chamberlain, ignore cette possibilité.

L’article : http://activehistory.ca/2022/02/31576/

Données probantes à l’appui d’un enseignement centré sur l’enseignant (partie 2) | Larry Cuban

Dans ce billet Larry Cuban s’intéresse à l’enseignement magistro-centré  et constate que l’instruction directe a été et reste omniprésente dans les cours des enseignants. Pour beaucoup d’enseignants, mais pas tous, c’est le seul moyen d’enseigner. Cependant, cet historien de l’éducation souligne que l’observation dans les classes montre que c’est plus complexe et que les enseignants hybrident leur enseignement. Sa conclusion (traduction): 

Au cours de mon étude des méthodes d’enseignement depuis la fin du 19e siècle, de mes observations récentes dans des salles de classe et de nombreuses autres études sur l’enseignement, il m’est apparu clairement que la plupart des enseignants (et des formateurs d’enseignants) mélangent des techniques centrées sur l’enseignant et sur l’élève dans leur répertoire de cours. Ces mélanges diffèrent selon la discipline scolaire, l’âge des élèves, les croyances sur la façon dont les élèves apprennent et d’autres facteurs, mais les approches hybrides sont dominantes. Ainsi, les chercheurs ont beaucoup de mal à étudier les effets de stratégies d’enseignement particulières en raison du mélange des deux approches dans de nombreuses salles de classe.


Voilà une énigme à laquelle les chercheurs universitaires, dont beaucoup travaillent dans des départements universitaires et des écoles d’éducation, doivent trouver une solution. Même avec un penchant intellectuel décidé en faveur d’un enseignement centré sur l’étudiant, les chercheurs universitaires devront faire face à des preuves vieilles de plusieurs décennies selon lesquelles la parole de l’enseignant dépasse toujours celle de l’étudiant dans les cours. De telles preuves sur le terrain ne peuvent évidemment pas répondre à la question évidente : quel est le rapport idéal entre le pourcentage de parole de l’enseignant et celui de l’élève dans une leçon enseignée à l’aide d’un « enseignement direct » ou d’une discussion en classe entière, et une leçon enseignée à l’aide d’activités en petits groupes, d’un apprentissage coopératif ou d’un apprentissage par projet ?


Est-ce 80-20 ? 70-30 ? 60-40 ? 50-50 ?


D’autres questions se posent également : quels sont les types de discours de l’enseignant (par exemple, poser des questions, donner des cours sur le contenu, faire des expériences, revoir les devoirs) ? Quels sont les différents types de discours des élèves au cours d’une leçon (par exemple, répondre aux questions de l’enseignant, poser leurs propres questions, donner des rapports, travailler en binômes et en petits groupes) ? Quels sont les gestes verbaux des enseignants qui encouragent les élèves à parler davantage (par exemple, poser une question ouverte, éviter les réponses « bonnes » et « mauvaises » aux réponses des élèves) ?


Peu de chercheurs, de praticiens et de responsables politiques, voire aucun, connaissent les réponses à ces questions.

Source : Evidence To Support Teacher-Centered Instruction (Part 2)

Réussir sa classe virtuelle synchrone : références

Elle n’a pas été simple la transition du présentiel au virtuel en enseignement! Hormis les quelques habitués qui animaient déjà ce type de classe, les enseignants se sont retrouvés obligés d’utiliser des outils sur lesquels ils ne possédaient que peu d’expérience. Ils n’étaient pas les seuls à devoir se familiariser à ce nouveau dispositif. Les élèves aussi, habitués de se rendre quotidiennement à l’école, ont eu droit à des défis.

De plus, la situation pandémique n’a pas permis une préparation adéquate. Un article récent de cursus.edu revient sur les paramètres à prendre en compte pour réussis sa classe virtuelle en mode synchrone et propose quelques intéressantes lectures.

Réussir sa classe virtuelle

llustration : Giovanni Gagliardi sur Unsplash

Une des premières stratégies est d’établir un coin de chez soi et d’accepter qu’il soit cet endroit qui va passer du privé au « public » de la classe.

La réussite passe aussi par une bonne scénarisation des classes.

L’engagement est encore plus essentiel dans un contexte synchrone d’enseignement. Il est important d’assurer une part interactive dans chaque cours, des moments de discussion gérés par la levée de main (virtuelle), etc.

Les règles de fonctionnement sont primordiales à adopter dès la première séance.

Beaucoup de logiciels permettent également de faire travailler les élèves en sous-groupes.

Enfin, il n’est pas possible d’effectuer de longues séances en classe virtuelle sans créer de la lassitude. Permettez quelques pauses durant les quelques heures du cours et surtout comptez aussi sur l’asynchrone pour avancer dans le cursus.

Références:

Carignan, Isabelle, Steve Bissonnette, Charlette Ménard, Marie-Christine Beaudry, et Joanie Viau. « Les Défis De La Gestion De Classe Virtuelle Synchrone | Médiations Et Médiatisations. » Médiations Et Médiatisations. Dernière mise à jour : 9 novembre 2021. https://revue-mediations.teluq.ca/index.php/Distances/article/view/260.

« Classe Virtuelle : Comment La Scénariser Et L’animer Efficacement ? » Cree Ta Formation. Dernière mise à jour : 13 octobre 2021. https://creetaformation.com/classe-virtuelle-comment-la-scenariser-et-lanimer-efficacement/.

« Comment Ne Pas S’épuiser Avec Les Classes Virtuelles. » Vyfe. Dernière mise à jour : 14 mai 2020. https://vyfe.fr/video-training-classes-virtuelles/.

Miller, Audrey. « Des Idées Concrètes Pour Mieux Tirer Profit Des Sous-salles (breakout Rooms) En Classe Virtuelle. » École Branchée. Dernière mise à jour : 24 juin 2021. https://ecolebranchee.com/conseils-sous-salles-virtuelles/.

Savarieau, Béatrice, and Hervé Daguet. « La classe virtuelle synchrone une substitution médiatique de l’enseignant pour renforcer la présence en formation à distance ? » ResearchGate. Dernière mise à jour en décembre 2016. https://www.researchgate.net/publication/321906348_La_classe_virtuelle_synchrone_une_substitution_mediatique_de_l’enseignant_pour_renforcer_la_presence_en_formation_a_distance.

Lamontagne, Denys. « De quoi ont besoin les enseignants qui font l’école à distance ? ». Thot Cursus.
https://fr.cursus.edu/23436/de-quoi-ont-besoin-les-enseignants-qui-font-lecole-a-distance


Source : cursus.edu