Culture populaire et pouvoir : enseigner l’éducation aux médias dans une perspective de justice sociale

L’éducation aux médias considère traditionnellement les médias de masse comme étant manipulateurs envers les jeunes qui, par conséquent, ont besoin de « compétences » en matière de lecture attentive. En revanche, l’ouvrage Pop Culture and Power: Teaching Media Literacy for Social Justice l’envisage comme une pratique dynamique, façonnée par son contexte social et culturel. Les auteurs développent un cadre pour analyser le pouvoir dans ses diverses manifestations, en soutenant que le pouvoir fonctionne à travers la culture populaire. Pop Culture and Power explore ainsi l’engagement médiatique comme une opportunité de promouvoir le changement social.

Voyant la culture populaire comme une opportunité d’enseignement plutôt que comme une menace, Dawn H. Currie et Deirdre M. Kelly ont travaillé avec des éducateurs de la maternelle à la 12e année pour étudier comment la culture populaire peut soutenir l’enseignement de la justice sociale. Currie et Kelly ont commencé la recherche pour ce projet par un séminaire de formation des enseignants sur l’analyse des médias où les participants ont conçu des activités en classe en utilisant des jeux de société, des films populaires, des clips musicaux et des publicités. Ces activités ont ensuite été testées dans les classes des participants, ce qui a permis aux auteurs d’identifier et de traiter les problèmes pratiques rencontrés par les étudiants apprenants. Des études de cas décrivent la conception, la mise en œuvre et l’évaluation rétrospective d’activités engageant les apprenants dans l’analyse et la production de médias. Après les études de cas, les auteurs examinent comment leur approche peut favoriser les pratiques éthiques lors de l’engagement dans l’environnement numérique.

Pop Culture and Power offre des outils théoriques et pratiques qui peuvent aider les éducateurs à préparer les jeunes à s’engager dans notre monde de plus en plus complexe de création de sens par les médias.

La Table des matières :

1. Teaching for Social Justice: Pop Culture in the Classroom
2. Agency and Power as Media Engagement
3. Pop Culture and Power: Teaching as Research
4. The Monopoly Project: Meaning Making through Board Game Production
5. The Hunger Games: Using Popular Film to Learn about Power
6. Celebrity Marketing: Gender Performances in Popular Music
7. Are You Being Hailed? Advertising as a Venue for Critical Media Literacy
8. Agency Revisited: Pop Culture in a Participatory Classroom
9. Power Revisited: Harnessing Media Engagement to Social Change

Référence : Currie, D. H. & Kelly, D. M. (2022). Pop Culture and Power: Teaching Media Literacy for Social Justice. Toronto : University of Toronto Press.

Géographie et impérialisme. De la Suisse au Congo entre exploration géographique et conquête coloniale

Géographie coloniale et impérialisme suisse : une histoire transnationale.

Au XIXe siècle, les sociétés de géographie représentaient, à côté d’autres milieux, des cénacles où se produisait un discours raciste accompagné d’actions expansionnistes. Les fréquentaient des représentants de l’économie capitaliste, de la politique fédérale ou encore du monde scientifique et culturel, tous fascinés par les perspectives que la pénétration occidentale outre-mer semblait leur offrir.

Dans ce livre, Fabio Rossinelli (Section d’histoire) propose une analyse historique du rôle que la Suisse a joué dans l’expansion impérialiste européenne du XIXe siècle par le biais de ses sociétés de géographie. Il se concentre en particulier sur les relations suisses avec Léopold II, roi des Belges, dans son dessein d’exploration et de colonisation du Congo : un événement qui se concrétise par la création d’un régime brutal d’extraction du caoutchouc (1876-1908). Dans ce contexte, plusieurs figures des sociétés de géographie soutenues par la Confédération, comme le cofondateur du CICR Gustave Moynier, ont prêté main-forte au monarque belge.

Disponible en libre accès sur le site web de l’éditeur, cet ouvrage est issu d’une thèse de doctorat en histoire contemporaine, récompensée par le Prix Whitehouse 2021 qui honore un travail portant sur la Suisse et ses rapports avec un autre pays.

Fabio Rossinelli, Géographie et impérialisme. De la Suisse au Congo entre exploration géographique et conquête coloniale, Neuchâtel, Alphil, 2022.

Ludovia#CH22 : L’enseignement de l’histoire est-il soluble dans les Humanités numériques ? Et inversement ? (Mardi 12 avril 2022 9h00 à 12h00)

Dans le cadre de la 4e édition de Ludovia#CH à Yverdon-les-Bains (11 au 13 avril 2022), le mardi matin 12 avril de 9h00 à 12h00 sera notamment consacré à l’enseignement de l’histoire dans le contexte de l’éducation numérique à l’heure du Plan d’étude romand (PER).

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Photo de Jessica Lewis Creative sur Pexels.com

Mise en contexte 

En 2021, la CIIP a révisé le PER pour intégrer les nouveaux apprentissages relevant de l’éducation numérique pour la scolarité obligatoire. Adoptée par l’Assemblée plénière le 18 mars 2021, elle s’appuie sur trois piliers : l’usage approprié des outils, l’initiation à la science informatique et l’éducation aux nouveaux médias.

Concernant le cycle 3 et plus particulièrement le pilier initiation à la science informatique (EN 32 — Poser et résoudre des problèmes en science informatique…), le champs Informatique et société propose des liens avec le SHS 32 – Relation Homme-Temps et le SHS 33 – Outils et méthodes de recherche pour travailler les questions informatique et société. 

Un dialogue, un échange est ainsi proposé avec l’enseignement de l’histoire, mais comment, avec quelles conceptions, du côté de la science informatique envisage-t-on cette relation informatique et société ? Quels rapports envisage-t-on avec les SHS et ici plus particulièrement l’histoire ? plus largement quelle est la conception relative aux Humanités à l’ère du numérique. Inversement, de quelle manière les enseignant•es d’histoire peuvent-ils contribuer à travailler au cycle 3 ces rapports de la société avec la technique, comment interroger le rapport homme-machine ou avec la technologie au cycle 3? quels dispositifs numériques ou numérisés permettent-ils d’augmenter nos enseignements en histoire ?

Ces questions seront abordées en deux parties. Dans une première partie, un dialogue sera engagé entre la Science informatique et l’enseignement de l’histoire à l’ère du numérique. Dans un deuxième volet, les participant•es auront l’occasion de découvrir et d’expérimenter des dispositifs d’enseignements en histoire ou en lien avec l’histoire recourant au numérique.

Première partie : Quel dialogue au cycle 3 entre la Science informatique et l’enseignement de l’histoire ? (9h00 à 10h15)

9h00-9h30 : Gabriel Parriaux/Jean-Philippe Pellet : le volet Informatique et société dans l’enseignement de la Science informatique

9h30-10h00 Lyonel Kaufmann : L’enseignement de l’histoire est-il soluble dans les Humanités numériques ?

10h00-10h15 : Discussion

Deuxième partie : Recourir à des dispositifs numériques pour enseigner l’histoire au cycle 3

10h45 – 11h30 : Ateliers

Quatre ateliers à choix de 40 minutes

  • Nathalie Masungi (HEP Vaud): Utilisation en classe de l’application numérique « Fuir la Shoah. Ma rencontre avec des témoins »
  • Rémi Schaffter (HEP Vaud): Présentation du serious game « Stalinizm » et de sa conception : questionner la pertinence du média vidéoludique comme outil pour l’enseignement de l’histoire 
  • Julien Bachmann & Stéphanie Dubosson: « Mise en carte d’un récit historique : construire un itinéraire à l’aide du Livre des Merveilles »
  • Krichane Selim & Rochat Yannick (UNIL/EPFL Gamelab):  « « Lausanne 1830 » : un jeu vidéo pour enseigner l’histoire locale»

11h30 à 12h00 : Retour et discussion sur les ateliers.

Pour s’inscrire à cet événement et à d’autres activités de Ludovia#CH22 : https://www.conftool.com/hepvd-ludovia/index.php?page=index

Pour consulter l’ensemble du programme : Programme général