Journée d’étude « Récit et Roman national. Enjeux et perspectives de l’enseignement de l’histoire en France » 24 mars 2017

Patricia Legris et Sébastien Ledoux organisent le vendredi 24 mars prochain à Paris une journée d’étude consacrée à l’enseignement de l’histoire en France et la question du récit ou du roman national (« Récit et Roman national. Enjeux et perspectives de l’enseignement de l’histoire en France« ).

Le programme est alléchant et les intervenants de grande qualité. N’hésitez pas à en parler autour de vous et d’en faire la publicité.

La présentation de la journée :

Les débats publics et les enjeux politiques autour du récit national/roman national ont atteint un tel degré qu’ils ne sauraient échapper plus longtemps à une réflexion d’ordre historique sur cette question. Ce travail passe d’abord par la présentation de recherches récentes sur l’histoire scolaire permettant de déconstruire nombre d’idées reçues véhiculées aujourd’hui dans l’espace public. Aussi précieuse soit-elle, cette analyse apparaît pour autant insuffisante. A partir d’une réflexion épistémologique et d’acquis historiographiques, il s’agira aussi d’interroger ce que peut l’histoire dans les mises en forme de passés à transmettre dans le cadre scolaire.

Le programme et les intervenants :

13h00 : Accueil

13h30 : Introduction par Sébastien LEDOUX (Paris 1) et Patricia LEGRIS (Rennes 2)

Première partie : Analyse historique des pratiques enseignantes et de leurs réceptions par les élèves

Président de séance : Luc CÉDELLE (Le Monde)

Benoît FALAIZE (Cergy-Pontoise) : L’enseignement de l’histoire en primaire durant les Trente Glorieuses (14h-14h30)

Françoise LANTHEAUME (Lyon 2) : Ce que racontent les élèves de l’histoire nationale aujourd’hui (14h30-15h00)

Discustant : Olivier LOUBES (15h00-15h30)

Débat avec la salle (15h30-16h00) Pause 16h-16h30

Deuxième partie : Mise en récit polyphonique de l’histoire nationale

Président de séance : Etienne ANHEIM (EHESS)

Ivan JABLONKA (Paris 13) : L’enseignement en histoire se résume-t-il au récit national ? (16h30-17h00)

Patrick BOUCHERON (Collège de France) : Une histoire mondiale de la France (17h00-17h30)

Discustant : François HARTOG (EHESS) (17h30-18h00)

Débat avec la salle (18h-18h30)

Conclusion : Patricia LEGRIS et Sébastien LEDOUX (18h30-19h00)

Lieu : Amphithéâtre du Centre Malher, 9 rue Malher, 75004 PA

Contacts : patricia.legris@gmail.com ; ledoux.sebastien5@gmail.com

Source : http://chs.univ-paris1.fr/Recit.pdf

Le temps d’écran n’est pas la bonne clé éducative

Le temps que les enfants passent devant les écrans est une préoccupations pour les parents et une source fréquente de conflits. Cependant, selon la dernière recherche du psychologue Christopher FERGUSON publiée dans le Psychiatric Quarterly, ces inquiétudes et ces conflits sont le plus souvent vains. En effet l’association entre le temps d’écran et des problèmes psychologiques comme la dépression ou des troubles de comportement est négligeable. De ce point de vue les pratiques éducatives fondées sur la limitation du temps d’écran pour les enfants sont infondées et peuvent donner des résultats contre productifs.

Ces résultats vont dans le sens du changement d’attitude des professionnels de l’enfance vis à vis des écrans. L’année dernière, les pédiatres américains ont abandonné la recommandation de deux heures d’écran par jour pour les enfants au regard des nouvelles données issues de la recherche.

Les recommandations sur le temps d’écrans reposaient jusqu’à présent sur des intuitions et des observations anecdotiques. L’article de Ferguson répond à une question de recherche qui était jusque là encore inexplorée : plus de temps d’écran est il lié à plus de problèmes psychologiques ?

Lire la suite : Le temps d’écran n’est pas la bonne clé éducative

Les États-Unis sont-ils encore les États-Unis? par Henry Rousso

Dans un témoignage publié sur le site du Huffington Post, l’historien Henry Rousso, spécialiste de l’Holocauste et de l’Occupation nazie en France, revient sur les circonstances qui ont failli le voir expulsé des Etats-Unis alors qu’il se rendait pour une conférence à l’Université du Texas à Houston. Édifiant et inquiétant à plus d’un titre dans cette Amérique trumpienne.

Henri Rousso, historien mondialement reconnu notamment pour son ouvrage « Le syndrome de Vichy », a été à deux doigts d’être refoulé du territoire américain alors qu’il était invité pour une conférence à l’Université du Texas.

Le refoulement a pu être évité de justesse grâce à l’intervention des responsables de l’université texane et avec l’aide d’une professeure de droit spécialisée dans les questions d’immigration, Fatma Marouf.

FORUM DES IMAGES Henry Rousso, l'historien auteur du "syndrome Vichy"
FORUM DES IMAGES
Henry Rousso, l’historien auteur du « syndrome Vichy »

Agé de 62 ans, Français juif né en Egypte, Henry Rousso est professeur d’université et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Dans un premier temps, il a pu donner de ses nouvelles par l’intermédiaire de deux tweets (Henry Rousso, l’historien auteur du « syndrome Vichy », à deux doigts d’être refoulé du territoire américain).

Dans un deuxième temps, il en a fait le compte rendu. Il s’agit d’un édifiant récit sur les résultats de moins de deux mois de présidence de Donald Trump. Il n’y a pas de quoi se réjouir. Comme dans l’Allemagne de 1933. En voici quelques extraits.

La situation :

«Le 22 février dernier, j’ai atterri vers 14h30 à l’aéroport de Houston, aux États-Unis, en provenance de Paris. Je devais me rendre à un colloque de la Texas A&M University (College Station), où j’ai été invité à plusieurs reprises ces dernières années. Au guichet de l’immigration, une fonctionnaire me refuse l’entrée et m’emmène dans une salle attenante pour contrôle, sans explications. Une trentaine de personnes y attendent que l’on statue sur leur sort. J’observe machinalement une certaine fréquence dans les entrées et sorties. Au bout de trois quarts d’heure, alors que la plupart de ceux qui attendent repartent sans problèmes, un jeune officier de police me demande de le suivre dans un bureau particulier. Commence alors un interrogatoire informel. Je lui demande ce qui me vaut d’être là. Il me répond : « contrôle aléatoire » (random check). Il me demande ce que je viens faire aux États-Unis. Je lui présente alors la lettre d’invitation de l’université. Cette intervention doit-elle être rémunérée ? Je confirme – c’est la règle dans beaucoup universités Nord-américaines. Il m’objecte alors que je n’ai qu’un visa touristique et non un visa spécifique de travail.»

Il en découlera alors un interrogatoire étendu à l’issue duquel le fonctionnaire l’informe qu’il va être refoulé (deported). A 19h00, Henry Rousso comprend que rien ne se passera avant le lendemain.

«Je m’apprête donc à passer encore entre une dizaine ou une vingtaine d’heures installé sur une chaise, sans téléphone – l’usage en est interdit –, avant de pouvoir occuper un fauteuil un peu plus adapté à la situation de personnes ayant effectué un long voyage. Toutes les heures, un fonctionnaire vient nous proposer à boire ou à manger, et nous fait signer un registre comme quoi nous avons accepté ou refusé. Malgré la tension, j’observe ce qui se passe dans ce lieu insolite, à la fois salle d’attente anodine et zone de rétention. Si la plupart des policiers adoptent un ton réglementaire, non discourtois, quelques-uns ricanent discrètement en observant cette population hétéroclite sous leur contrôle. Une policière engueule une femme dont le garçon de trois ans court dans tous les sens. Un homme se lève pour demander ce qu’il en est de sa situation. Trois policiers lui hurlent de s’asseoir immédiatement.»

Vers 21h00, il assiste au renvoi d’un Mexicain, «bien mis de sa personne», menotté, enchaîné à la taille, et entravé aux chevilles. A 1h30 du matin, les choses évoluent enfin dans le bon sens pour Henry Rousso à la suite de l’intervention de l’Université du Texas. Un policier lui indique alors qu’il s’agirait d’une erreur. A aucun moment des excuses ne lui seront néanmoins adressées.

Vient alors le temps de l’analyse :

«Historien de métier, je me méfie des interprétations hâtives. Cet incident a occasionné pour moi un certain inconfort, difficile de le nier. Je ne peux, cependant, m’empêcher de penser à tous ceux qui subissent ces humiliations et cette violence légale sans les protections dont j’ai pu bénéficier.»

des questions :

«Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ».

Et enfin celui de sa conclusion qui n’a rien, mais alors rien, de rassurant :

«Telle est donc la situation aujourd’hui. Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis.»

Il faut remercier grandement Henry Rousso pour son témoignage et son analyse dans un temps aussi rapide. Il faut espérer que les moyens actuels d’information permettent mieux que dans les années 1930 de faire circuler les informations et de se mobiliser contre l’arbitraire et le dévoiement de nos démocraties au profit de régimes autoritaires.

L’article complet à lire : Les États-Unis sont-ils encore les États-Unis?

Source de l’image : Panoramic Images

La Suisse face à la Révolution russe, objet d’une exposition à Zurich – rts.ch

En 1917, la Suisse était une terre d’exil pour 8500 Russes, dont Lénine, et la Russie une terre d’émigration pour 20’000 Suisses. Les liens entre les deux pays sont exposés à Zurich, pour le centenaire de la Révolution russe.

Jusqu’au 25 juin 2017, le Musée national présente l’exposition « La Révolution de 1917. La Russie et la Suisse », en collaboration avec le Musée historique allemand (DHM) de Berlin. Photographies, documents, objets d’arts et tableaux évoquent l’histoire de la Russie au début du dernier siècle et ses répercussions en Suisse.

Jusqu’en 1917, plus de 20’000 Suisses ont commencé une nouvelle vie en tant qu’entrepreneurs, boulangers, fromagers, enseignantes ou gouvernantes en Russie. Ils vivent alors dans un pays multiethnique rural aux inégalités sociales marquées. Les paysans russes vivent dans la précarité alors que le pouvoir autocratique baigne dans le luxe, ont expliqué jeudi les responsables de l’exposition.

Suite de la présentation de l’exposition : La Suisse face à la Révolution russe, objet d’une exposition à Zurich – rts.ch

Référence de l’image d’en-tête : Des artistes renommés tels qu’Alexandre Rodtchenko collaborent à la propagande du pouvoir soviétique. Musée national suisse/ Bibliothèque d’État de Russie, Moscou – RTS

Un dossier pédagogique exemplaire : Le camp de concentration du Struthof – Archives départementales du Bas-Rhin

Proposé par les archives départementales du Bas Rhin, un important dossier sur le camp de concentration du Struthof donne accès à de nombreux documents. Le dossier est prévu pour des élèves de collèges ou de lycée (professionnel, général ou technologique). Présentation du dossier et de la démarche pédagogique.

Seul camp de concentration sur le territoire de la France actuelle, le camp du Struthof est implanté dans une Alsace annexée de fait par l’Allemagne hitlérienne, à la suite de la défaite de la France en mai-juin 1940. La région et ses habitants sont germanisés et nazifiés. L’administration nazie, et en particulier le Gauleiter Wagner, veillent à lutter contre les réticences de la population et à contrer toute velléité de résistance.

Le taux de mortalité qui y est atteint, supérieur à 40 % (75 % pour le camp de Mauthausen, en Autriche), en fait un camp de concentration particulièrement meurtrier dans le système concentrationnaire nazi. Plus de 22 000 des 55 000 détenus qui y transitent y trouvent la mort.

Doc no 7 - Fac-simlé d'une carte du Ministère des Anciens Combattants (1995)
Doc no 7 – Fac-simlé d’une carte du Ministère des Anciens Combattants (1995)

Au mois de novembre 2009, les Archives départementales du Bas-Rhin ont acquis une série de plans, accompagnés de notices, se rapportant aux différentes parties du camp : plans de situation, du crématorium, de blocks et du Revier des détenus, de l’aménagement de l’Ehnschlösschen par le kommando d’Obernai … Produits en 1942-1943 par la Bauleitung des Waffen SS – qui constituent le pouvoir du Struthof, ils ancrent le système dans l’espace.

Le dossier pédagogique est composé de dix fiches et de vingt-quatre documents conduits par les plans du KL Natzweiler -le dossier présente des sources primaires (documents d’archives) et des sources secondaires (témoignages), intéressantes à croiser. Il a pour but de permettre au professeur de collège et de lycées de constituer un menu pédagogique « à la carte » pour :

  • trouver un document d’accroche pour un cours sur l’Europe sous la domination nazie.
  • construire un exemple à partir du cas du Struthof. Il peut aussi être associé à un ensemble documentaire consacré à l’Alsace germanisée et nazifiée.
  • comparer le KL-Natzweiler et un camp d’extermination comme celui d’Auschwitz.
  • préparer une visite du camp du Struthof et du parcours pédagogique de son service éducatif.
  • élaborer d’une évaluation sommative ou formative sur la période de la Deuxième Guerre mondiale.
  • faire effectuer une recherche documentaire par les élèves au CDI ou à la maison.
  • préparer le concours de la Résistance et de la déportation.

Le dossier comprend également une précieuse introduction pédagogique ainsi que des repères chronologiques get une bibliographie sélective. Je compléterai cette dernière avec le reportage sur le Struthof réalisé en 1995 par France 2 et disponible sur le site de l’Ina : http://www.ina.fr/video/CAB95048214 et la conférence de Jean-Pierre Hudson «La déportation et le système concentrationnaire nazi» du site du CRDP-Reims.

Les fiches pédagogiques engagent les élèves dans des tâches complexes construite progressivement et respectant ainsi les principes de la taxonomie de Bloom. Ainsi la première fiche introductive se propose d’établir le parcours de vie de six déportés. Les élèves doivent rechercher des informations dans les fiches individuelles de déportés réalisées en 1986 par l’historienne Françoise Lange (document 1) pour les reporter dans un tableau synoptique (identité, camp(s) d’internement et de déportation, date, motif, a-t-il survécu à la déportation?), puis réaliser une synthèse des renseignements tirés des documents avant de rechercher des informations pour répondre à des question et finalement construire une problématique («formuler une ou deux problématiques qui pourraient être le fil conducteur du cours sur le Struthof»).

Dans la fiche 2 « La situation et le site du camp : pour le travail et le contrôle des hommes », les élèves recueillent des informations et doivent ensuite argumenter («montrez, sous la forme d’un texte rédigé ou d’un croquis cartographique avec légende, que le pouvoir nazi a choisi le site du Struthof pour faire travailler et contrôler les déportés»).

Dans la fiche 3 « Un plan au tournant de l’histoire du camp (fin 1942) : plus grand et plus international », la synthèse consiste pour les élèves à construire une frise chronologique de synthèse («à l’aide de toutes les informations recueillies, dessinez une frise chronologique et complétez-la d’une légende»).

Le tout représente un travail exemplaire tant de mise à disposition de sources et documents mis en ligne que de l’exploitation de ceux-ci dans un cadre pédagogique au service de la construction de la pensée historique des élèves.

Lien : Le camp de concentration du Struthof – Archives départementales du Bas-Rhin

La colonisation est-elle juridiquement un crime contre l’humanité ?

En qualifiant de « crime contre l’humanité » la colonisation française en Algérie, le candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron a suscité dernièrement la polémique.

Mais qu’en est-il de cette affirmation sur un plan juridique ? Le droit international appréhende-t-il la colonisation comme un crime contre l’humanité ?

La question est au cœur de l’actualité française ; elle est aussi au cœur de l’actualité internationale compte tenu de la colonisation d’Israël en territoires palestiniens. La Palestine étant désormais membre de la Cour pénale internationale (CPI), la question est actuellement sous examen préliminaire au sein de cette juridiction.

L’article de Catherine Le Bris se propose de répondre à la question sous l’angle des règles juridiques internationales.

Lire l’article : La colonisation est-elle un crime contre l’humanité ?

Source de la photo d’entête : Emmanuel Macron lors d’une visite d’un cimetière à Alger, le 14 février 2017. AFP

BP43MEP-9: Isidore et Ganesh, un carnet de recherche de mémoire professionnel en SHS

Lors de la première séance du Séminaire de préparation au mémoire professionnel en SHS «Comment penser le monde d’aujourd’hui et de demain, par l’intermédiaire des disciplines des sciences humaines et sociales ?», nous avons abordé la question du long processus de réalisation d'un Mémoire professionnel.

Dans son prolongement, il peut être intéressant de connaître ou de suivre le cheminement de personnes ayant vécu une situation comparable.

A ce titre, le blog «Isidore et Ganesh» présente le parcours suivi en 2014 par Johanna Daniel, alias Peccadille, lors de la réalisation de son mémoire professionnel et intitulé «les outils d’annotation et l’édition de corpus textuels pour la recherche en SHS», disponible en ligne.

Au moment du rendu de son mémoire, le carnet comptait seize billets répartis comme il suit :

  • sept billets à propos de son stage et/ou de son sujet de mémoire;
  • quatre billets concernant une rencontre professionnelle sans connexion avec son mémoire;
  • trois billets traitant de méthodologie, où Johanna Daniel analysait et exposait ses pratiques;
  • un compte-rendu sur une édition électronique réalisée durant l’année scolaire.

Il illustre notamment l'intérêt de disposer d'un carnet de recherche en ligne – comme dans le cas présent – comme d'un journal de bord.

Deux billets étaient consacrés à l'élaboration du plan :

L'article conclusif traite de la rédaction du mémoire : Ecriture 2.0/connectée : retour sur la rédaction d’un mémoire.

Bonne lecture.

Peut-on dire, comme Emmanuel Macron, que la colonisation est un « crime contre l’humanité » ?

Pour Le Monde, l’historienne Sylvie Thénault revient sur les propos récents d’Emmanuel Macron jugeant la colonisation comme crime conte l’Humanité. Extrait.

«Historiquement : la colonisation forme un tout inséparable. Elle est l’appropriation illégitime, par la force, d’un territoire et de ses habitants. Cette appropriation a signifié, à la fois, la violence et les souffrances de ceux qui la subissaient et la mise en place d’infrastructures administratives et économiques. A leur sujet, en outre, il ne faut pas exagérer la mise en valeur de l’Algérie : tous les gouvernements qui, après 1945, ont cherché à combattre le succès du nationalisme, ont fait le constat du sous-développement économique et social de l’Algérie. Ils ont alors conçu des plans de développement mais le seul à avoir eu un impact réel a été très tardif : le plan de Constantine, lancé en 1958, quatre ans avant l’indépendance.»

Sylvie Thénault est directrice de recherche au CNRS et historienne. Ses travaux portent sur la colonisation de l’Algérie et sur la guerre d’indépendance algérienne. Elle s’est particulièrement intéressée à la répression et au droit dans le contexte colonial.

Source : Peut-on dire, comme Emmanuel Macron, que la colonisation est un « crime contre l’humanité » ?

Faut-il enseigner l’innovation aux étudiants ?

Avec cet article intéressant concernant la question de l’innovation dans les organisations, il est également possible de réfléchir à la question de l’innovation dans l’enseignement. L’article donne ansi à réfléchir par rapport à la question du système scolaire et de la formation des enseignants :

«Finalement l’innovation n’est-elle pas juste une nouvelle manière de repenser certains outils ou certaines méthodes existants dans une logique accrue de différenciation et de compétitivité des organisations ?

Cette interrogation peut également être justifiée sur deux points. D’abord, les études des différents cabinets spécialisés et certains travaux académiques montrent que les organisations génèrent plus d’innovations de type incrémentale que radicale. On est donc davantage dans une logique de perfectionnement des produits et services existants que dans celle d’innovations de rupture permettant la création de nouveaux marchés et de nouveaux usages durables pouvant aller jusqu’à la création d’un écosystème.

Ensuite, l’innovation est très souvent une problématique de perception des acteurs et des consommateurs (Rogers, 2003). Il peut exister un décalage entre le niveau de R&D et les investissements des entreprises et le degré d’innovation perçu des consommateurs, et cela fonctionne aussi à double sens (par exemple certains produits sont perçus comme très innovants notamment par rapport à leur design et non leurs fonctionnalités techniques ou les inventions techniques qu’ils intègrent).»

L’innovation par le design indique ainsi qu’on peut s’attacher plus à la forme qu’au fond pour qu’on ait le sentiment de l’innovation. Un effet Canada Dry en quelque sorte. J’ai l’impression que c’est souvent le cas dans le domaine pédagogique avec certains de ces effets modes.

Cependant, dans les organisation, si les innovations sont de nature incrémentale et de perfectionnement plus que radicale et de rupture, ces démarches peuvent néanmoins amener à la création d’un (nouvel) écosystème.

Une telle conception se retrouve d’une certaine manière dans le modèle SAMR développé relativement aux questions des innovations pédagogiques numériques.

En effet, si les deux premiers niveaux de ce modèles de l’introduction de nouvelles technologies par les enseignants ne débouchent par sur une véritable innovation pédagogique, les deux derniers niveaux amènent à de véritables innovations. De plus, il faut envisager ce modèle comme des étapes successives. À ce sujet, vous pouvez lire ma chronique pour le Café pédagogique (A quelles conditions la Classe inversée en histoire est-elle innovante ?)

Source : Faut-il enseigner l’innovation aux étudiants ?

Source de l’image d’en-tête : Incubateur de l’ISC Paris. ISC Paris

Lausanne 1971-1972 : « des jeunes en révolte »

J’ai lu avec intérêt sur une période trépidante de la vie lausannoise :

  • Lausanne 1971-1972 : « des jeunes en révolte ». Travail de Maturité (2006). Présenté par Sybille Rouiller. Gymnase Auguste Piccard. Maitre responsable : Cédric Suillot.

Merci à Sybille Rouiller, aujourd’hui assistante au sein de notre UER des Sciences humaines et sociales de m’avoir fait découvrir son travail. Merci aussi à Cédric Suillot d’avoir ainsi valorisé un fond d’archives de la Librairie Basta! et permis à des gymnasiens de réaliser un authentique travail d’histoire locale.

Le travail consultable en ligne : http://www.auguste-piccard.ch/pages/TM-PDF/TM2006/TM2006Rouiller.pdf