L’exposition L’île de Sable au Laténium de Neuchâtel plonge au cœur de la période coloniale et présente de quelle manière l’archéologie permet d’étudier la thématique de la traite des esclaves et le vécu de ces derniers. Pour ce faire, l’exposition se focalise sur un groupe spécifique : les esclaves abandonnés sur un îlot suite à un naufrage en 1761, et les survivants qui seront retrouvés par une expédition quinze ans plus tard.
L’« île de Sable », c’est un minuscule îlot aride perdu dans l’océan Indien, battu par les vagues et balayé par des vents violents, où se joue en septembre 1761 une tragédie révélatrice de l’injustice raciale et de l’inhumanité du système esclavagiste. Suite au naufrage d’un navire, 80 personnes achetées en fraude y sont abandonnées à leur triste sort. Quinze ans plus tard, en 1776, une expédition conduite par le chevalier de Tromelin accoste enfin sur l’îlot, et retrouve sept survivantes et un nourrisson…
Si cet événement a mobilisé les abolitionnistes à l’époque, il reste que bien peu d’intérêt semble avoir été porté sur ce qui s’est passé avant le sauvetage, le vécu des victimes de cet événement n’étant alors guère abordé dans les textes historiques. L’archéologie offre à présent un éclairage très important sur les événements qui se sont produits sur l’île, les fouilles ayant par exemple révélé comment les personnes déportées se sont adaptées pour survivre en dépit des conditions (ressources infimes, tempêtes tropicales) qui compromettaient sérieusement leurs chances de survie.
La page de présentation de l’exposition vous indiquera les visites guidées ainsi que les ateliers proposés aux adultes ou aux enfants (dès 5 ans et jusqu’à 15 ans). On y trouve également un très utile dossier de presse ainsi que des ressources multimédias et des propositions de lectures. Le lien : https://latenium.ch/lile-de-sable/
L’appel à contributions pour le treizième numéro de la revue Didactica Historica est ouvert jusqu’au 16 mars 2026. Le dossier «histoire» de ce treizième numéro de la revue abordera le thème de la magie, de la manière dont elle a été perçue et de ses déclinaisons à travers l’histoire.
Image générée par perplexity.ai avec les termes histoire et magie et le texte de présentation de la thématique du numéro (lire ci-dessous).
La présentation de la thématique du numéro par la revue
À première vue, la magie paraît associée à l’illusionnisme, à la superstition ou à la néo-spiritualité et servir principalement à divertir ou à vivre des expériences personnelles. Terme polysémique, lié aux mondes occultes, la magie revêt quelque chose de sacré et de transcendant. Elle est aussi explication, apaisement, catégorisation en matière de ce qui est inexplicable, de ce qui suscite l’émerveillement ou la peur. Ces qualités archaïques et ces pratiques protéiformes sont aujourd’hui encore répandues dans le monde entier. Au cours de l’histoire, la magie a été à l’origine d’événements sinistres – songeons aux dizaines de milliers de personnes exécutées pour sorcellerie. Des philtres d’amour, potions de fertilités, incantations pour de bonnes récoltes, couramment utilisées dans le monde paysan, aux traités de magie savante rédigés pour des rois, en passant par la quête de la pierre philosophale, le spiritisme et les séances de désenvoûtement, la magie a touché l’ensemble du corps social.
La magie est l’art de produire, par des procédés mystérieux, des phénomènes qui échappent au cours ordinaire de la nature, qui sont inexplicables ou qui semblent l’être. La magie présuppose généralement la croyance en l’existence d’êtres, d’esprits ou de forces surnaturelles et la capacité de les invoquer par certains rituels afin d’influencer le monde matériel. Chaque culture possède ses propres définitions des catégories magiques, qui sont poreuses et mouvantes au fil du temps. Suscitant attrait, voire fascination, la magie est également teintée de connotations négatives, en particulier lorsqu’elle est liée aux pratiques religieuses d’autrui, perçues comme énigmatiques, menaçantes ou inférieures. À la fois science et technique, sa compréhension évolue au gré des doctrines et des normes en vigueur.
Omniprésente dans les civilisations anciennes et entourée de vertus médicinales, protectrices, cosmogoniques, mémorielles ou divinatoires, la magie renvoie à un savoir ésotérique. Alors qu’à la Renaissance, le concept de magie est développé comme une science occulte susceptible de mobiliser les forces secrètes de la nature, ses praticiens et praticiennes – mages, astrologues, devins et devineresses, sorciers et sorcières – sont progressivement mis au banc de la société.
L’avènement de la modernité en Occident, marqué par le développement des connaissances scientifiques sur les phénomènes naturels, a conduit au recul général des croyances dont la magie n’a pas été épargnée. À partir de la fin du XVIIe siècle, les pratiques magiques ont été de plus en plus souvent qualifiées de « charlatanisme », d’« imposture » ou de « vaine profession ». Bien que la magie ait été remise en question par l’institutionnalisation des savoirs, dépréciée comme relevant d’une « forme élémentaire de la vie religieuse » et d’une « mentalité prélogique », on lui reconnaît néanmoins un rôle structurant à même de donner du sens à l’existence de nombreuses communautés humaines. Ainsi, ce qui « fait magie » de notre point de vue peut tout aussi bien constituer le fondement de la culture d’autres sociétés et inversement – tensions qui se sont exprimées avec virulence en contexte colonial
Dès le XIXe siècle, le monde occidental semble partagé entre rejet, au nom du positivisme, et enchantement. Tandis que certain·es affirment que l’efficacité de la magie est invérifiable et donc caduque, d’autres, à l’instar des romantiques, la revendiquent comme l’autre nom de la poésie. Depuis l’Antiquité, la magie a par ailleurs permis de créer des phénomènes qui passent pour des prodiges – trucages, tours de passe-passe, illusions d’optique, « physique amusante des bateleurs », puis « prestidigitation ». Dans cette optique, le magicien ou la magicienne se mue en interprète de son propre rôle, recourant à des techniques rationnelles au service d’effets « miraculeux ». Cette dynamique a été renforcée par l’invention de la photographie, du cinématographe – dont les fantasmagories constituent autant de « tours de magie » et, plus avant, d’effets spéciaux –, puis par la révolution numérique. Dépassant souvent l’entendement, les nouvelles technologies donnent cours à la pensée magique, autant dans leurs secrets de fabrication que dans leurs applications. À l’heure du dérèglement climatique et des dystopies apocalyptiques, tout se passe comme si les avancées spectaculaires de la science couplées à leurs dérives prométhéennes avaient ravivé les forces incommensurables de la magie.
Il est à noter que, pour ce dossier, Didactica Historica renouvelle sa collaboration avec le Festival Histoire et Cité. Le texte de cet appel reprend majoritairement celui du festival. Le programme du Festival sera lui en ligne à partir du 254 février 2026 (https://histoire-cite.ch/fhc2026_inscription/)
Mise en place fin 2025, l’exposition itinérante Placés, internés, oubliés ? peut encore être découverte jusqu’au 15 mars 2026 au Musée historique de Lausanne, avant qu’elle ne soit déplacée au Museum Luzern, où elle sera alors ouverte au public de mai à octobre 2026. Cette exposition aborde le thème des enfants, adolescents et adultes victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance et de placements extra-familiaux en Suisse. Les histoires de vie des personnes concernées révèlent des cas de décisions arbitraires, d’exploitation ou encore de violences infligées aux victimes.
Cette page de l’histoire sociale suisse a fait l’objet d’une étude scientifique, et l’exposition informe les visiteurs quant aux conclusions de cette dernière. Elle s’inscrit en outre dans le cadre du programme de la Confédération Se souvenir pour l’avenir, et fait partie du travail de mémoire mené par les autorités suisses. L’exposition fait partie intégrante du travail de mémoire sur les mesures de coercition à des fins d’assistance et les placements extra-familiaux mené par les autorités suisses ; elle est organisée dans le cadre du programme de la Confédération « se souvenir pour l’avenir ».
Les premiers mots de l’exposition sont ceux des personnes concernées : un collage audiovisuel issu des archives télévisées retrace leur combat pour faire entendre leur voix et obtenir reconnaissance et réparation pour les injustices subies.
L’exposition soulève de nombreuses questions : quelles conséquences les mesures de coercition à des fins d’assistance ont-elles encore aujourd’hui sur la vie des personnes concernées ? Les injustices peuvent-elles être réparées ? Que pouvons-nous faire pour que l’histoire ne se répète pas ? Les questionnements fondamentaux soulevés par l’histoire des mesures de coercition à des fins d’assistance sont intemporels. Ils sont abordés dans un forum, au moyen d’une installation vidéo présentant plusieurs perspectives et impliquant le public. Cette partie de l’exposition met également l’accent sur les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution fédérale.
Le dernier mot est laissé aux personnes concernées: une réparation est-elle possible? Que souhaitent-elles pour l’avenir? Leurs réponses nuancées et leurs souhaits pour l’avenir accompagnent les visiteuses et visiteurs à la sortie de l’exposition.
A noter que cette exposition contient des contenus qui peuvent être perturbants pour les visiteurs. Il s’agit notamment de thèmes tels que la violence, la discrimination et la souffrance humaine. La visite est recommandée à partir de 12 ans.