C’est l’été est donc l’occasion de se détendre. Cinématographiquement parlant, The Lost City of Z de James Gray pourrait répondre à ce besoin. Et l’histoire n’est pas très loin. A vous de voir.
Crédit photo : Charlie Hunnam (Percival Fawcett), Tom Holland (Jack Fawcett) dans « The Lost City of Z » (2016), de James Gray. StudioCanal
Adapté d’un ouvrage de David Grann, lui-même inspiré des exploits de l’explorateur Percival Harrison Fawcett, The Lost City of Z procède d’un discret mais implacable travail critique de ce qui fut peut-être, longtemps, un des rêves de l’homme blanc occidental.
Officier déclassé en raison d’une généalogie imparfaite (son père était joueur et alcoolique), Percy Fawcett est envoyé en Bolivie, aux sources de l’Amazonie, par la Société royale géographique londonienne pour y pratiquer un relevé de frontières. L’expédition prend, au terme d’un voyage périlleux, une autre dimension.
Convaincu d’avoir trouvé les vestiges d’une civilisation perdue, se heurtant à l’incrédulité des autorités, Fawcett va tenter d’en apporter la preuve au cours d’une seconde expédition qui, là encore, ne comblera pas ses attentes.
The Lost City of Z, de James Gray. Avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson (EU, 2016, 140 min).
La Revue internationale de l’éthique de l’information (IRIE) (The International Review of Information Ethics (IRIE)) vient de publier le volume 28 qui rassemble des articles sur l’intelligence artificielle, l’éthique et la société. Ce numéro est issu de la conférence AI, Ethics and Society conference que le Kule Institute for Advanced Study (KIAS) a organisée.
Ce numéro de l’IRIE marque également le premier numéro publié sur la plateforme PKP gérée par la bibliothèque de l’Université d’Alberta.
Plus particulièrement en lien avec les questions d’enseignement ou éducative, je signalerai deux articles.
Résumé (traduit): Cet article examine comment l’accent mis sur l’étudiant peut conduire à l’innovation et comment l’innovation peut améliorer l’orientation de l’étudiant. Mettre les étudiants au centre de toutes les considérations peut libérer leur potentiel de créativité et d’innovation. Et les innovations récentes ont permis de faire plus facilement des étudiants le point central de la prestation de services. Après une description de ce que nous comprenons sous ces deux concepts directeurs, nous présentons une étude de cas dans laquelle un assistant virtuel d’étudiant alimenté par l’IA a été développé à l’Université de York à Toronto, au Canada. Toutes les étapes de la création du produit, y compris la conception, le design, le prototypage et l’évaluation sont décrites, ainsi que les étapes suivantes impliquant la maintenance et l’expansion
Résumé (traduit) : L’enseignement à tous les niveaux est de plus en plus complété et amélioré par l’exploration et l’analyse des données, catalysées par la prévalence croissante de l’enseignement à distance automatisé. Avec une capacité sans précédent d’échelle à la fois horizontale (personnes atteintes) et verticale (niveau d’analyse), l’exploration et l’analyse des données sont appelées à transformer l’avenir de l’éducation. Nous réfléchissons aux hypothèses qui sous-tendent l’exploration des données et aux conséquences potentielles de l’analyse de l’apprentissage, en nous référant à un dossier préparé pour le ministère américain de l’éducation intitulé Enhancing Teaching and Learning Through Educational Data Mining and Learning Analytics. Nous soutenons que les gains associés dissimulent des risques subtils mais importants. Le data-isme, un paradigme sous-jacent, attribue une véracité injustifiée à la science basée sur les données et l’application d’analyses personnalisées peut compromettre la vie privée, l’agence et l’inventivité des individus. Cela a de graves implications éthiques, en particulier si l’on considère l’impact sur les mineurs, ce qui rend l’adoption en masse prématurée.
Cependant, l’ensemble de ce numéro mérite une attention particulière et se lit avec intérêt.
Reconstitution en 3D du Vésuve dans le cadre de l’exposition « Pompéi », au Grand Palais, à Paris, le 26 juin. DIDIER PLOWY
Pompéi en a vu d’autres. La ville romaine a été détruite par l’éruption du Vésuve en l’an 79 ; ses habitants ont succombé à d’horribles nuées ardentes qui ont fondu sur eux comme un tsunami gazeux ; elle a été ensevelie sous plusieurs mètres de pierres ponces et de cendres ; enfin, elle a hiberné dix-sept siècles dans le sol avant de commencer à revoir le jour. Pompéi sait ce qu’est une catastrophe brutale et connaît la patience. Alors, que dire du Covid-19 qui a stoppé net la préparation de l’exposition sur Pompéi, laquelle devait ouvrir au Grand Palais mercredi 25 mars ? Pas grave, il suffisait d’attendre. Un peu plus de trois mois après, la voici offerte au public, dans une version réadaptée aux exigences sanitaires qu’impose l’épidémie : une capacité d’accueil réduite qui va de pair avec la réservation obligatoire des billets sur Internet, le port du masque, la désactivation de deux petits ateliers avec écrans tactiles. L’essentiel, cependant, est préservé : l’idée d’une balade immersive dans le passé. Le temps de la visite, le salon d’honneur du Grand Palais se transforme en une rue de la ville antique. Sur les murs sont projetées, grandeur nature, les façades des maisons romaines. A un bout du quartier, les ombres des Pompéiens s’y promènent dans leur vie quotidienne. A l’autre, elles laissent place aux ombres des archéologues.
Bande-annonce de l’exposition au Grand Palais
L’exposition a réservé une part importante aux dernières fouilles archéologiques, effectuées entre 2017 et 2019 sous la supervision de Massimo Osanna dans le cadre du Grand Projet Pompéi, doté d’un budget de 105 millions d’euros fourni par l’Union européenne et l’Etat italien. Même si l’objectif principal de ce projet était de consolider le front de fouilles, c’est-à-dire la frontière entre la zone dégagée et celle qui ne l’est pas (un tiers de la ville antique dort encore dans le sol), plusieurs maisons situées sur des zones sensibles ont été mises au jour, comme la maison d’Orion, celle de Léda et le Cygne, ou encore la maison au Jardin.
« Pompéi ». Grand Palais, 3, avenue du Général-Eisenhower, Paris 8e. Jusqu’au 27 septembre, de 10 heures à 20 heures du jeudi au lundi, de 10 heures à 22 heures le mercredi. De 10 € à 14 €, réservation obligatoire.