Que fait le musée des artefacts dont l’histoire repose sur la violence coloniale ? Et que signifie leur retour pour les descendants des personnes à qui ils appartenaient autrefois ? C’est le sujet de la prochaine exposition: « Destination: Usakos. Retour au pays. L’avenir d’un héritage colonial namibien » du Musée historique de Berne (18.09.2026-04.07.2027)
Retour au pays – L’avenir d’un héritage colonial namibien.
Que doit faire un musée des objets liés à l’oppression coloniale ? Et que signifie leur restitution pour les descendant·e·s des propriétaires ? Ce sont les questions abordées dans l’exposition à venir « Destination Usakos : Retour au pays – L’avenir d’un héritage colonial namibien ».
De 1903 à 1905, un ingénieur suisse et sa femme se sont constitués une collection privée de trois cents objets de la vie quotidienne appartenant à des travailleur·euse·s namibien·ne·s engagé·e·s dans la construction du chemin de fer dans la colonie allemande qu’était alors la Namibie. Ces objets sont des témoins de l’exploitation d’un pays, de ses ressources et de ses hommes, et de la vie de gens dont l’histoire est restée dans l’ombre. L’enquête a mené à Usakos. Le dialogue s’instaure, les connaissances progressent. Une nouvelle idée commune se dessine : le retour des choses.
Source de l’image d’en-tête : Musée historique de Berne
Chaque mois dans les Entre-vues, Entre-Temps échange avec une ou un invité•e pour discuter et débattre d’un ouvrage, d’un travail en cours, d’une œuvre en général, de la façon dont on fait vivre l’histoire. Tournées dans les studios de la Fondation Hugot, les Entre-vues sont réalisées grâce à son soutien et à celui de la Fondation du Collège de France.
Dans cette nouvelle livrée, Entre-vues, reçoit Francesco Montorsi, spécialiste de littérature du bas Moyen Âge et de la Renaissance. Avec Élisabeth Schmit, il plonge dans l’imaginaire médiéval, pour s’arrêter face à la légende arthurienne, et à sa force d’inspiration persistante. Au XVe siècle, tournois, blasons, compilations de textes et d’images sont autant de pratiques et d’objets qui dessinent les contours d’un idéal politique.
Ce contenu ne devrait pas manque d’intéresser les enseignants d’histoire qui abordent le Moyen-Âge au travers la légende arthurienne.
Source de l’image d’en-tête : Femme Mystique Dans Un Décor Forestier. Photo de Ahmet Mert. Licence CC.
L’Académie des sciences et la Royal Society présentent, du 1er avril au 20 juin 2026, l’exposition « La figure de la Terre. Un débat scientifique franco-anglais (XVIIᵉ-XXIᵉ siècle) », dans les locaux de la bibliothèque Mazarine, au coeur de l’Institut de France. Conçue par l’Académie des sciences et la Royal Society, avec le concours des bibliothèques Mazarine et de l’Institut de France, l’exposition retrace plus de trois siècles de débats, d’expériences et de coopérations autour d’une question fondamentale : quelle est la forme exacte de la Terre ?
Cette exposition propose une traversée historique et scientifique de plus de trois siècles de recherches consacrées à la mesure, la modélisation et la compréhension de la forme de notre planète, depuis le XVIIe siècle jusqu’à l’ère spatiale. Depuis l’Antiquité, on sait que la Terre est, dans ses grandes lignes, une sphère. Reste une question essentielle : est-elle légèrement aplatie aux pôles, ou bien allongée ? Pour répondre à cette question, savants, astronomes, mathématiciens et géodésiens ont élaboré des modèles théoriques, conçu des instruments innovants et mené de vastes campagnes d’observation à travers le monde. L’exposition met en regard des sources exceptionnelles issues essentiellement des collections de l’Académie des sciences et de la Royal Society, témoignant de l’intensité des échanges scientifiques entre Paris et Londres et du rôle décisif de la coopération internationale dans la production des savoirs.
Les 21et 22 avril 2026, la sixième édition de LUDOVIA#CH revient à Yverdon-les-Bains.
Organisé conjointement par la Haute école pédagogique du canton de Vaud et de la Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud et le soutien du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle, l’événement proposera conférences, ateliers, colloque scientifique et dispositifs collaboratifs sur le thème « MutAtIons : quand le numérique transforme les métiers et la formation tout au long de la vie ».
L’affiche de l’édition 2026 de Ludovia#CH est le résultat d’un concours auquel ont participé les étudiants d’un module de la HEP Vaud et les élèves d’une classe de l’Eracom. Une exposition prensetera l’ensemble des travaux réalisé à Yverdon-les-Bains (21-22-04.2026)
Deux axes prioritaires ont guidé l’élaboration du programme. Le premier axe concerne les mutations liées à la place du numérique dans les différents corps de métiers. Doit-on se passer de certains gestes qui ont fait notre histoire ? Doit-on toujours savoir écrire ? Et quels nouveaux gestes doit-on créer ? Quelles conséquences pour nos formations ?
Le second axe s’intéresse à l’obsolescence rapide des savoirs et des outils. Celle-ci tend à imposer aux professionnels de tous secteurs une adaptation continue qui induit une évolution de nos dispositifs de formation.
Mardi et mercredi : un colloque scientifique et des ateliers pédagogiques
Le colloque scientifique réunira chercheurs et praticiens autour des usages de l’IA dans la formation. Plusieurs travaux y seront présentés, notamment sur l’accompagnement des futurs enseignants de sciences, l’évolution des formations universitaires ou encore les outils numériques d’évaluation des raisonnements.
Le mardi après-midi et le mercredi matin les traditionnels ExplorCamps et FabCamps, ateliers interactifs, exploreront différents dispositifs pédagogiques : jeu sérieux pour comprendre les enjeux de l’IA, conception d’activités d’apprentissage assistées par intelligence artificielle ou encore réflexion sur l’impact environnemental du numérique.
Mardi 21 : Apprendre et évaluer à l’ère de l’IA générative
La première journée sera consacrée aux enjeux pédagogiques posés par les intelligences artificielles génératives. La conférence introductive sera donnée parJeff van de Poël, de l’Université de Lausanne.
Son intervention invitera à repenser l’évaluation dans un contexte où les outils d’IA modifient profondément la production des connaissances. L’un des fils rouges de sa réflexion porte sur le passage d’une évaluation du produit vers une évaluation du processus d’apprentissage. Pour l’enseignant-chercheur, l’enjeu est également de construire des cadres d’usage clairs et partagés avec les étudiants, notamment à travers des chartes d’utilisation et une formation aux compétences critiques liées à l’IA.
Cette réflexion sera prolongée par des ateliers collaboratifs permettant aux participants d’imaginer de nouveaux scénarios pédagogiques intégrant l’IA dans les dispositifs d’enseignement et d’évaluation.
Un défi créatif pour les élèves : le Crunch Scholar Camp
Moment original de cette édition, la première journée accueillera également la première édition du Crunch Scholar Camp sur le territoire d’Yverdon. Inspiré d’un modèle développé à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard, ce dispositif mettra à l’épreuve la créativité de 61 élèves, répartis en douze équipes.
Encadrés par des apprentis et des gymnasiens, les participants devront relever un défi robotique en une journée avant de présenter leur solution lors d’un pitch de 90 secondes devant le public.
Visions futures du numérique : quels récits écrire ?
Après la partie officielle, la journée du mardi se conclura par une conférence prospective du chercheur Hervé Nicolas (Université de Toulouse) intitulée Visions futures du numérique : quels récits écrire ? La conférence interrogera la place croissante des technologies numériques dans nos systèmes cognitifs, abordera la question des visions du futur que les jeunes ont à propos du numérique, et s’attachera à proposer quelques pistes pour l’enseignement.
Mercredi 22 avril 2026 : Innovation, créativité et formation tout au long de la vie
La deuxième journée de LUDOVIA#CH élargira la réflexion aux questions d’innovation et de créativité dans la formation. Le programme mêlera présentations scientifiques, retours d’expériences pédagogiques et étude de cas issus du monde professionnel, notamment dans les domaines du marketing digital, de la communication ou du journalisme.
Les participants seront ensuite invités à un BarCamp, dispositif collaboratif fondé sur la co-construction des savoirs. L’objectif : imaginer de nouvelles pistes pédagogiques pour développer chez les apprenants la pensée prospective et leur capacité à analyser les futurs possibles.
Quel futur pour la formation ?
La manifestation s’achèvera par une table ronde consacrée au lifelong learning, réunissant enseignants, responsables de formation et étudiants. Les échanges porteront sur les transformations en cours dans les parcours éducatifs : mutation des métiers, nouvelles attentes des apprenants et évolution des dispositifs de formation initiale et continue.
À travers conférences, expérimentations et débats, LUDOVIA#CH 2026 entend ainsi offrir un espace de réflexion collective sur les mutations profondes de l’éducation, à l’heure où intelligence artificielle, innovation pédagogique et formation tout au long de la vie redéfinissent les contours de l’apprentissage.
Perspectives antiracistes sur la production de savoir
Le 27 mars 2026 de 9h00 à 19h00, l’Université de Berne accueillera en ses murs la conférence Racisme et haute école : continuités historiques et stratégies antiracistes, qui s’inscrit dans le cadre du projet Transformer les espaces de formation : faire face au racisme, ancrer l’intersectionnalité. Trilingue, cet événement propose d’explorer et d’étudier les liens historiques, institutionnels et épistémiques du racisme et d’aborder les stratégies antiracistes dans l’enseignement, la recherche et la pratique. Cinq intervenants se succéderont et aborderont ces sujets avec une perspective essentiellement historienne, avant qu’une table ronde et un apéritif ne clôturent l’événement.
La conférence constitue le point central du projet « Transformer les espaces de formation : faire face au racisme, ancrer l’intersectionnalité » et se consacre à la question de savoir comment le racisme influence la production, la transmission et la transformation des connaissances dans les hautes écoles.
Les liens historiques, institutionnels et épistémiques seront mis en lumière sous le thème de la perspectives antiracistes sur la production de savoir :
Quel rôle les hautes écoles ont-elles joué et jouent-elles encore dans la légitimation des structures de pensée racistes ?
Comment transformer les connaissances pour qu’elles deviennent inclusives, diversifiées et critiques envers le pouvoir ?
Quelles stratégies antiracistes peuvent changer durablement la recherche, l’enseignement et la culture académique ?
La conférence se veut un espace de dialogue entre les langues, les disciplines et les perspectives, dans le but d’interroger de manière critique et de transformer les hautes écoles en tant que lieux de production de savoirs.
Programme
Izabel Barros : Le rôle de l’Histoire dans l’analyse, la déconstruction et la lutte contre le racisme
Jovita dos Santos Pinto : Historische Verflechtungen von akademischem Wissen, Kolonialismus und Rassismus in der Schweiz
Faten Khazaei : Antimuslimischer Rassismus im Hochschulkontext: Widerstand und Strategien (titre provisoire)
Anne Lavanchy : Perspectives critiques sur le rôle des hautes écoles dans la construction d’un savoir national
Oxana Ivanova-Chessex : Rassismus und Hochschule: historische Kontinuitäten und antirassistische Strategien
Table ronde avec les cinq intervenantes
Apéritif
Organisé par l’Université de Berne, Centre interdisciplinaire en études genre I ZFG, Gender Campus, University of Lucerne, HES-SO Haute École Spécialisée de Suisse occidentale, FHNW School of Education, Haute école spécialisée bernoise BFH.
Lieu de l’événement : Université de Berne, F 021, Unitobler – Lerchenweg 32 – 3012 Bern3
L’exposition L’île de Sable au Laténium de Neuchâtel plonge au cœur de la période coloniale et présente de quelle manière l’archéologie permet d’étudier la thématique de la traite des esclaves et le vécu de ces derniers. Pour ce faire, l’exposition se focalise sur un groupe spécifique : les esclaves abandonnés sur un îlot suite à un naufrage en 1761, et les survivants qui seront retrouvés par une expédition quinze ans plus tard.
L’« île de Sable », c’est un minuscule îlot aride perdu dans l’océan Indien, battu par les vagues et balayé par des vents violents, où se joue en septembre 1761 une tragédie révélatrice de l’injustice raciale et de l’inhumanité du système esclavagiste. Suite au naufrage d’un navire, 80 personnes achetées en fraude y sont abandonnées à leur triste sort. Quinze ans plus tard, en 1776, une expédition conduite par le chevalier de Tromelin accoste enfin sur l’îlot, et retrouve sept survivantes et un nourrisson…
Si cet événement a mobilisé les abolitionnistes à l’époque, il reste que bien peu d’intérêt semble avoir été porté sur ce qui s’est passé avant le sauvetage, le vécu des victimes de cet événement n’étant alors guère abordé dans les textes historiques. L’archéologie offre à présent un éclairage très important sur les événements qui se sont produits sur l’île, les fouilles ayant par exemple révélé comment les personnes déportées se sont adaptées pour survivre en dépit des conditions (ressources infimes, tempêtes tropicales) qui compromettaient sérieusement leurs chances de survie.
La page de présentation de l’exposition vous indiquera les visites guidées ainsi que les ateliers proposés aux adultes ou aux enfants (dès 5 ans et jusqu’à 15 ans). On y trouve également un très utile dossier de presse ainsi que des ressources multimédias et des propositions de lectures. Le lien : https://latenium.ch/lile-de-sable/
L’appel à contributions pour le treizième numéro de la revue Didactica Historica est ouvert jusqu’au 16 mars 2026. Le dossier «histoire» de ce treizième numéro de la revue abordera le thème de la magie, de la manière dont elle a été perçue et de ses déclinaisons à travers l’histoire.
Image générée par perplexity.ai avec les termes histoire et magie et le texte de présentation de la thématique du numéro (lire ci-dessous).
La présentation de la thématique du numéro par la revue
À première vue, la magie paraît associée à l’illusionnisme, à la superstition ou à la néo-spiritualité et servir principalement à divertir ou à vivre des expériences personnelles. Terme polysémique, lié aux mondes occultes, la magie revêt quelque chose de sacré et de transcendant. Elle est aussi explication, apaisement, catégorisation en matière de ce qui est inexplicable, de ce qui suscite l’émerveillement ou la peur. Ces qualités archaïques et ces pratiques protéiformes sont aujourd’hui encore répandues dans le monde entier. Au cours de l’histoire, la magie a été à l’origine d’événements sinistres – songeons aux dizaines de milliers de personnes exécutées pour sorcellerie. Des philtres d’amour, potions de fertilités, incantations pour de bonnes récoltes, couramment utilisées dans le monde paysan, aux traités de magie savante rédigés pour des rois, en passant par la quête de la pierre philosophale, le spiritisme et les séances de désenvoûtement, la magie a touché l’ensemble du corps social.
La magie est l’art de produire, par des procédés mystérieux, des phénomènes qui échappent au cours ordinaire de la nature, qui sont inexplicables ou qui semblent l’être. La magie présuppose généralement la croyance en l’existence d’êtres, d’esprits ou de forces surnaturelles et la capacité de les invoquer par certains rituels afin d’influencer le monde matériel. Chaque culture possède ses propres définitions des catégories magiques, qui sont poreuses et mouvantes au fil du temps. Suscitant attrait, voire fascination, la magie est également teintée de connotations négatives, en particulier lorsqu’elle est liée aux pratiques religieuses d’autrui, perçues comme énigmatiques, menaçantes ou inférieures. À la fois science et technique, sa compréhension évolue au gré des doctrines et des normes en vigueur.
Omniprésente dans les civilisations anciennes et entourée de vertus médicinales, protectrices, cosmogoniques, mémorielles ou divinatoires, la magie renvoie à un savoir ésotérique. Alors qu’à la Renaissance, le concept de magie est développé comme une science occulte susceptible de mobiliser les forces secrètes de la nature, ses praticiens et praticiennes – mages, astrologues, devins et devineresses, sorciers et sorcières – sont progressivement mis au banc de la société.
L’avènement de la modernité en Occident, marqué par le développement des connaissances scientifiques sur les phénomènes naturels, a conduit au recul général des croyances dont la magie n’a pas été épargnée. À partir de la fin du XVIIe siècle, les pratiques magiques ont été de plus en plus souvent qualifiées de « charlatanisme », d’« imposture » ou de « vaine profession ». Bien que la magie ait été remise en question par l’institutionnalisation des savoirs, dépréciée comme relevant d’une « forme élémentaire de la vie religieuse » et d’une « mentalité prélogique », on lui reconnaît néanmoins un rôle structurant à même de donner du sens à l’existence de nombreuses communautés humaines. Ainsi, ce qui « fait magie » de notre point de vue peut tout aussi bien constituer le fondement de la culture d’autres sociétés et inversement – tensions qui se sont exprimées avec virulence en contexte colonial
Dès le XIXe siècle, le monde occidental semble partagé entre rejet, au nom du positivisme, et enchantement. Tandis que certain·es affirment que l’efficacité de la magie est invérifiable et donc caduque, d’autres, à l’instar des romantiques, la revendiquent comme l’autre nom de la poésie. Depuis l’Antiquité, la magie a par ailleurs permis de créer des phénomènes qui passent pour des prodiges – trucages, tours de passe-passe, illusions d’optique, « physique amusante des bateleurs », puis « prestidigitation ». Dans cette optique, le magicien ou la magicienne se mue en interprète de son propre rôle, recourant à des techniques rationnelles au service d’effets « miraculeux ». Cette dynamique a été renforcée par l’invention de la photographie, du cinématographe – dont les fantasmagories constituent autant de « tours de magie » et, plus avant, d’effets spéciaux –, puis par la révolution numérique. Dépassant souvent l’entendement, les nouvelles technologies donnent cours à la pensée magique, autant dans leurs secrets de fabrication que dans leurs applications. À l’heure du dérèglement climatique et des dystopies apocalyptiques, tout se passe comme si les avancées spectaculaires de la science couplées à leurs dérives prométhéennes avaient ravivé les forces incommensurables de la magie.
Il est à noter que, pour ce dossier, Didactica Historica renouvelle sa collaboration avec le Festival Histoire et Cité. Le texte de cet appel reprend majoritairement celui du festival. Le programme du Festival sera lui en ligne à partir du 254 février 2026 (https://histoire-cite.ch/fhc2026_inscription/)
Mise en place fin 2025, l’exposition itinérante Placés, internés, oubliés ? peut encore être découverte jusqu’au 15 mars 2026 au Musée historique de Lausanne, avant qu’elle ne soit déplacée au Museum Luzern, où elle sera alors ouverte au public de mai à octobre 2026. Cette exposition aborde le thème des enfants, adolescents et adultes victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance et de placements extra-familiaux en Suisse. Les histoires de vie des personnes concernées révèlent des cas de décisions arbitraires, d’exploitation ou encore de violences infligées aux victimes.
Cette page de l’histoire sociale suisse a fait l’objet d’une étude scientifique, et l’exposition informe les visiteurs quant aux conclusions de cette dernière. Elle s’inscrit en outre dans le cadre du programme de la Confédération Se souvenir pour l’avenir, et fait partie du travail de mémoire mené par les autorités suisses. L’exposition fait partie intégrante du travail de mémoire sur les mesures de coercition à des fins d’assistance et les placements extra-familiaux mené par les autorités suisses ; elle est organisée dans le cadre du programme de la Confédération « se souvenir pour l’avenir ».
Les premiers mots de l’exposition sont ceux des personnes concernées : un collage audiovisuel issu des archives télévisées retrace leur combat pour faire entendre leur voix et obtenir reconnaissance et réparation pour les injustices subies.
L’exposition soulève de nombreuses questions : quelles conséquences les mesures de coercition à des fins d’assistance ont-elles encore aujourd’hui sur la vie des personnes concernées ? Les injustices peuvent-elles être réparées ? Que pouvons-nous faire pour que l’histoire ne se répète pas ? Les questionnements fondamentaux soulevés par l’histoire des mesures de coercition à des fins d’assistance sont intemporels. Ils sont abordés dans un forum, au moyen d’une installation vidéo présentant plusieurs perspectives et impliquant le public. Cette partie de l’exposition met également l’accent sur les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution fédérale.
Le dernier mot est laissé aux personnes concernées: une réparation est-elle possible? Que souhaitent-elles pour l’avenir? Leurs réponses nuancées et leurs souhaits pour l’avenir accompagnent les visiteuses et visiteurs à la sortie de l’exposition.
A noter que cette exposition contient des contenus qui peuvent être perturbants pour les visiteurs. Il s’agit notamment de thèmes tels que la violence, la discrimination et la souffrance humaine. La visite est recommandée à partir de 12 ans.