Enseignement à distance : quel bagage numérique pour nos étudiants et étudiantes universitaires?

A l’automne 2020, L’Université de Québec publiait cette ressource alors que les étudiants et étudiantes universitaires n’avaient pas nécessairement choisi de suivre leur trimestre à distance. Possédant des expériences et des habiletés numériques inégales, ils intègraient un environnement d’apprentissage méconnu pour plusieurs d’entre eux.

Pour lever certains mythes au regard de l’apprentissage en contexte numérique et guider le personnel enseignant et toute personne impliquée dans le soutien aux étudiants et étudiantes, l’Université de Québec avait alors conçu cette infographie interactive et évolutive pour permettre de :

  • Démystifier la compétence numérique et les raisons de soutenir son développement chez la population étudiante universitaire;
  • Reconnaître les inégalités numériques pouvant influencer la réussite des études;
  • Découvrir et partager des initiatives mises en place par des universités pour soutenir la population étudiante dans toute sa diversité.

En ce printemps 2021, elle garde toute son actualité et son intérêt.

Source : https://pedagogie.uquebec.ca/outils/lautomne-2020-distance-quel-bagage-numerique-pour-nos-etudiants-et-etudiantes-universitaires

Pourquoi les pauvres votent-ils à droite ? Une étude de 50 démocraties (1948-2020)

Livre. Pourquoi les partis de gauche, qui prônent plus de redistribution, ne profitent-ils pas électoralement de la forte montée des inégalités que connaissent, depuis quarante ans, les pays démocratiques ? Du Royaume-Uni à l’Inde en passant par les Etats-Unis, la Turquie, la France, le Brésil, ce sont, au contraire, les partis nationalistes, les leaders populistes de droite et d’extrême droite, qui progressent d’élection en élection et parviennent même parfois au pouvoir.

C’est ce paradoxe qu’une vingtaine de chercheurs ont essayé d’expliquer [en examinant à la loupe les panels des sondages post-électoraux][1]dans cinquante pays de 1948 à 2020, concernant 500 élections au total. Les informations recueillies sur les personnes interrogées sur leur vote (âge, sexe, revenu, catégorie socioprofessionnelle, diplôme, origine, religion…) permettent, d’une part, de déterminer les corrélations respectives des facteurs socio-économiques (« classistes », disent les auteurs) et, d’autre part, les facteurs « identitaires » (origine, religion, âge, sexe) dans le choix politique.

Deux hypothèses transversales

Ces phénomènes et leurs variations sont analysés plus finement dans l’essentiel de l’ouvrage pays par pays, mais les chercheurs avancent deux hypothèses transversales.

Premièrement, dans le contexte d’une forte hausse du niveau scolaire, les enfants de ceux qui, par leur appartenance sociale, votaient à gauche, ont continué à le faire. En revanche, ceux qui ont été laissés en marge du système éducatif ont abandonné la gauche, car celle-ci a troqué la promesse d’une élévation de la situation sociale de tous pour une nouvelle forme de méritocratie, pendant idéologique de la promesse de droite d’une récompense de « l’effort » au travail : l’élévation par l’effort scolaire.

Deuxièmement se sont ajoutés, à partir des années 1980, les effets de la mondialisation. Alors que la gauche « éduquée » acceptait, au nom de valeurs d’ouverture, la perte de contrôle des Etats sur les flux marchands, ­financiers et humains, les ouvriers et les employés, subissant crises financières, chômage et délocalisations, ont perçu les frontières de l’Etat national ou le repli sur sa communauté (nationale, ethnique, religieuse, culturelle) comme un dernier rempart.

« Clivages politiques et Inégalités sociales. Une étude de 50 démocraties (1948-2020) », d’Amory Gethin, Clara Martinez-Toledano et Thomas Piketty, EHESS-Gallimard-Seuil, 608 p., 25 €.

Source : www.lemonde.fr

Colette:A 90 ans, une ancienne Résistante française raconte le combat contre le fascisme – Oscars 2021

Colette Marin-Catherine, 90 ans, confronte son passé en se rendant au camp de concentration allemand Mittelbau-Dora où son frère a été assassiné. Jeune fille, elle combattait les Nazis aux côtés de la Résistance française. Cela faisait 74 ans qu’elle refusait de mettre les pieds en Allemagne. Mais cette revendication est bouleversée lorsque Lucie, une jeune étudiante en histoire, entre dans sa vie. Préparée à rouvrir de vieilles blessures et à revisiter les terreurs de son passé, Colette nous offre à tous des leçons de vie essentielles.

Affiche du documentaire «Colette». PHOTO : The Guardian

« Je suis tout à fait consciente que combattre le nazisme valait tous les risques. […] Parce qu’on a pas le choix. La résistance s’était comme ça. Quand on met le petit doigt dedans tout le reste y passe. Evidemment.»

Colette

« J’ai dépassé la colère. Je suis un peu dépassée par l’horreur. Est-ce que tu te rends compte que Jean-Pierre a fini la dedans ? »

Colette, submergée par l’émotion. au Crématorium du camp de Dora (Nordhausen)

Colette, récompensé d’un Oscar en 2021 dans la catégorie « court-métrage documentaire », est un film d’une vingtaine de minutes, diffusé par le quotidien britannique The Guardian, réalisé par l’Américain Anthony Giacchino et co-produit par la Française Alice Doyard. Le film est disponible sur YouTube où il atteint déjà les 300.000 vues. Il s’agit du premier film produit par une société de jeux vidéo -Respawn Entertainment- à concourir aux Oscar. Le court métrage fait partie de la série de modules vidéo réalisés autour du jeu en réalité virtuelle Medal of Honor : Above & Beyond, dont l’action se déroule durant la Seconde Guerre mondiale.

En dehors de son contexte historique, cette histoire vraie et émouvante n’a cependant aucun rapport avec l’intrigue de Medal of Honor: Above and Beyond. Sorti le 11 décembre 2020, ce jeu de guerre en réalité virtuelle propose de s’immerger dans des combats de la seconde guerre mondiale et d’affronter les troupes de l’Allemagne nazie.

« Ce film qui symbolise la transmission, m’a permis de rencontrer une ancienne résistante, mais ça ne s’est pas arrêté là. Nous avons un lien sentimental, comme une petite-fille et sa grand-mère. »

Lucie Fouble

Il est impossible de ne pas être soi-même submergé par l’émotion en regardant ce documentaire et l’émotion saisissant Colette et Lucie à certains moments de la visite du camp sur les traces de Jean-Pierre.

Sources et références :