La nuit des moocs-vivants | Thot Cursus

Souvenez-vous. Les moocs annonçaient la fin des universités et des grandes écoles. Le savoir serait gratuit partout et abordable à chaque instant. Les meilleurs enseignants et leurs dizaines d’assistants nous produiraient des catalogues de connaissances et d’évaluations Aux autres les corrections et l’accompagnement pédagogique.

Ces attentes disproportionnées ont passionné les médias. Pourtant, depuis cinq ans, les classements des universités et des grandes écoles et leurs tarifs sont restés les mêmes. Et ceux qui annonçaient une révolution du savoir digne de Gutenberg insistent maintenant sur les limites des moocs. Un taux d’abandon important, des évaluations qui ne démontrent pas de compétences, une pédagogie très classique.

Pourtant des dizaines de moocs continuent d’être proposés et trouvent un public moins fébrile qu’à l’origine mais toujours aussi nombreux à s’inscrire. Le Mooc conçu par Rémi Bachelet et son équipe consacré à la gestion de projet termine sa douzième édition. Un mooc sur les « herbes folles » développé par Tela-botanica démarre ce mois-ci et compte plus de 20 000 inscrits. Les moocs proposés par la Réunion des musées nationaux en collaboration avec Orange et Mooc et Cie connaissent un succès régulier depuis plusieurs années.

Dans cet article, Thot Cursus cherche à préciser comment les moocs se sont adaptés aux évolutions de leurs publics dix ans après leur naissance.

Lire la suite : La nuit des moocs-vivants | Thot Cursus

Crédit image d’en-tête : freddie marriage

L’Art Institute of Chicago dévoile 52 000 œuvres téléchargeables gratuitement en haute définition

Le célèbre Art Institute of Chicago a dévoilé son nouveau site permettant aux passionnés d’art de télécharger gratuitement et en haute définition plus de 52 000 oeuvres pour les admirer dans les moindres détails. 

S’il est une ville américaine qui rend honneur au monde de l’art, c’est sans aucun doute Chicago. Cette dernière est réputée pour abriter une forte activité culturelle et artistique, mais aussi l’un des musées les plus célèbres des USA : l’Art Institute of Chicago.

Tous les amateurs d’œuvres d’art doivent se rendre un jour dans cette institution historique ; l’un des musées les plus anciens et les plus grands des États-Unis (et du monde). Mais si malheureusement on n’a pas cette opportunité dans la vie… alors l’équipe du Art Institute of Chicago a pensé à tout.

Sur son site web, le célèbre musée offre désormais la possibilité aux internautes de télécharger gratuitement, et en haute définition s’il vous plaît, plus de 52 000 œuvres d’art. L’occasion de découvrir dans les moindres détails les œuvres de ses artistes préférés.

La collection : https://www.artic.edu/collection

Source de l’information : Creapills

Crédit image d’en-tête : “Rue de Paris, temps de pluie” par Gustave Caillebotte. Crédits : Art Institute of Chicago

Percer le secret de Napoléon Ier grâce à Assassin’s Creed ?

Du 19 octobre au 4 novembre 2018, le Musée de l’Armée (Paris) accueille un jeu immersif inédit, développé en partenariat avec l’agence Cultival et Ubisoft. Le public est invité à percer le secret de Napoléon Ier tout en découvrant l’Hôtel national des Invalides « comme il ne l’a jamais vu » !

« En 1798, Napoléon revient vainqueur d’Egypte après la célèbre « bataille des Pyramides » avec en sa possession, un mystérieux objet. À son retour en France, l’Europe des têtes couronnées tombe à ses genoux. La fidélité et l’admiration sans limites que lui vouent ses soldats donnent naissance à une légende : Napoléon exercerait sur eux un charisme extraordinaire, presque surnaturel… Napoléon aurait découvert une relique inestimable capable d’accorder à son propriétaire le pouvoir de contrôler l’esprit des hommes. Nous sommes au début du XXe siècle, et l’affrontement pour la retrouver n’a pas cessé. Plusieurs sources affirment que la relique serait encore auprès du tombeau de l’Empereur, aux Invalides ».

Tel est le contexte historique de cette nouvelle expérience proposée au Musée de l’Armée.

A chacun d’apprécier la démarche.

Lire la suite : www.club-innovation-culture.fr/experience-assassins-creed-invalides-napoleon-ier/amp/

En Pologne, le champ de bataille de l’histoire

Depuis trois ans, le parti au pouvoir a entrepris de réécrire le passé national afin de façonner un électorat qui lui serait favorable. La tribune de Paweł Machcewicz , professeur à l’Académie polonaise des sciences, dans le journal Libération nous éclaire sur la situation polonaise.

Tribune. Dans de nombreux pays, l’histoire suscite l’intérêt des populistes de droite : elle présente des opportunités de propagandequi leur permettent de peser sur les esprits des électeurs, de les unir autour de slogans de restauration de la fierté du passé national et de les mobiliser à l’encontre d’«étrangers» qui mettraient en péril la communauté ethnique et religieuse. Ces «étrangers» désignent souvent une part intégrante de cette société – des élites «cosmopolites» et «européanisées» qui auraient perdu tout contact avec leur nation et son «homme simple». Ces slogans, tout comme cette ingénierie sociale, font partie du répertoire invariable des adversaires de la démocratie libérale et de l’Union européenne, mais le cas polonais demeure exceptionnel. Depuis trois ans, la Pologne est gouvernée par un parti pour lequel l’histoire est devenue une obsession, l’un de ses principaux moyens de communication avec ses partisans et de stigmatisation de ceux qu’il considère ses ennemis.

Lire la suite : En Pologne, le champ de bataille de l’histoire – Libération

Crédit photo : Polin, le musée d’Histoire des juifs de Pologne, à Varsovie, conçu par l’architecte finlandais. Rainer Mahlamaki. Photo Kacper Pempel. Reuters

Chroniques de prof, une websérie historique : Entre-Temps

Nouvelle revue d’histoire Entre-Temps, nous propose une intéressante analyse comparative entre deux démarche de youtubeurs à nature historique soit NotaBene et Chroniques de prof. Quelques éléments pour vous mettre l’eau à la bouche.

Nombreux sont aujourd’hui les internautes qui proposent de nouvelles façons d’aborder la discipline historique sur internet. Parmi les différentes possibilités offertes par l’outil numérique, on assiste au développement de chaînes Youtube spécialisées dans la vulgarisation de l’histoire. Diffusant des contenus assez inégaux, certaines de ces propositions s’appuient toutefois sur un riche travail documentaire. Entre-Temps s’est intéressé au travail que réalise, depuis trois ans, l’enseignante Justine Defrance : Chroniques de prof, des courtes vidéos dans lesquelles elle traite de thématiques historiques diverses et qui vont donner naissance, fin 2018, à une nouvelle websérie : Time Warp dont elle vient de lancer la promotion sur les réseaux sociaux.

Ces Chroniques de prof sont à inscrire dans le développement foisonnant, depuis quelques années, de chaines Youtube en tout genre. Autour de la discipline historique, ce sont des dizaines, voire des centaines d’internautes qui se sont lancés dans des projets de vulgarisation de la discipline en produisant des vidéos aux contenus plus ou moins sérieux. Parmi eux, celle qui rencontre le public le plus large s’appelle Nota Bene, elle a été créée en 2014 et compte aujourd’hui près de 800 000 abonnés. Le succès de Nota Bene a déjà fait couler beaucoup d’encre et nous nous proposons de comparer ici les deux propositions.

— À lire la suite sur entre-temps.net/chroniques-de-prof-une-webserie-historique/

« Assassin’s Creed Odyssey » : une carte postale de la Grèce, pas un cours d’histoire

Pour Laury-Nuria André, docteure en histoire de l’art et auteure de Game of Rome : ou L’Antiquité vidéoludique, le dernier volet d’Assassin’s Creed ne peut pas prétendre au statut de support éducatif :

« L’Antiquité est un mythe. Comme pour L’Odyssée, il n’y a pas de version officielle. Assassin’s Creed Odyssey nous montre comment elle est perçue au XXIe siècle. Il n’est ni vrai ni faux. Il est les deux en même temps. »

La scène d’ouverture, hommage appuyé aux péplums des années 2000, et notamment au film à très grand spectacle 300, l’annonce d’emblée : la superproduction d’Ubisoft est avant tout une œuvre de fiction et de divertissement.

Source et suite de la lecture : « Assassin’s Creed Odyssey » : une carte postale de la Grèce, pas un cours d’histoire

Qwant Calcule et Plan Calcul | binaire

On peut passer son temps à se plaindre de l’impérialisme de grandes entreprises du Web ou, comme Qwant, on peut essayer de changer cela. Binaire a parlé de cette start-up l’an dernier : Qwant, aux armes citoyens ! Depuis, l’entreprise a fait un bout de chemin. En juin 2018, elle était créditée de 8% du marché français des recherches Web, contre près de 90% pour Google. Il s’agit bien d’une concurrence féroce et de souveraineté. Un historien, Pierre Mounier-Kuhn confronte la situation de Qwant à celle du Plan Calcul, un plan gouvernemental français lancé en 1966 par Charles De Gaulle  en favorisant le développement d’une industrie mais aussi d’une recherche françaises de haut niveau. Il est de bon ton de considérer que ce plan fut un échec, mais il ne l’a sans doute pas été pour la recherche et pour ceux qui ont découvert l’informatique grâce à lui. Pour Qwant, on espère que le succès de son appropriation par les citoyens sera au rendez-vous de l’histoire.

Lire la suite : Qwant Calcule et Plan Calcul | binaire

Crédit image : Pixabay. CC0 Creative Commons. Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

Avec la classe inversée, Simone Deparis a révolutionné son cours

Maître d’enseignement et de recherche en section mathématiques, Simone Deparis est le lauréat du Credit Suisse Award for best teaching 2018. Il a mis en place un enseignement d’algèbre linéaire en classe inversée qui séduit les étudiants de première année.

Le modèle de la classe inversée essaime dans plusieurs Universités, y compris à l’EPFL. Mais le challenge pour Simone Deparis était de l’appliquer à un cours d’algèbre linéaire destiné à des futurs ingénieurs de première année pas forcément emballés par les mathématiques (étudiants de toutes les sections sauf architecture, maths et physique).

Le maître de recherche a testé la classe inversée avec cent étudiant.e.s volontaires sur cinq semaines au milieu de son cours classique d’algèbre linéaire. Selon les premiers retours de ces étudiant.e.s, effectuer les exercices en classe leur a permis de mieux évaluer leur niveau, de discuter les problèmes et de s’entraider. A tel point qu’à la fin des semaines de classe inversée, personne ne voulait revenir au format classique. Cet automne, Simone Deparis a réitéré l’expérience avec cette fois la majeure partie du cours en classe inversée.

Source : Avec la classe inversée, Simone Deparis a révolutionné son cours

Les images ont-elles un pouvoir?

Une très intéressante réflexion d’André Gunther, maître de conférences à l’EHESS, historien des cultures visuelles, relativement à la question et l’utilisation des images. Au travers de plusieurs photographies du 20e siècle ou iconiques de notre imaginaire collectif comme des images de la guerre du Vietnam, cette intervention interroge autant l’enseignant d’histoire que tout en chacun. A lire sans modération. Je vous livre l’introduction de l’article.

(Article publié par André Gunthert dans L’Eléphant, #24) Invité au festival des Rencontres d’Arles 2018, à l’occasion du cinquantenaire de mai 68, l’icône du mouvement étudiant Daniel Cohn-Bendit y évoque le «pouvoir des images», comme celles de la guerre du Vietnam, qui ont contribué à mobiliser l’opinion publique américaine et «ont fait perdre la guerre de l’intérieur ». «La photo du petit Aylan Kurdi sur la plage de Bodrum, explique-t-il, a bouleversé le monde et a sans doute joué aussi dans la décision d’Angela Merkel d’ouvrir les frontières de l’Allemagne aux migrants en septembre 2015.»

Une image peut-elle arrêter une guerre, changer le cours de l’actualité? Que la vision d’un événement malheureux puisse nous faire horreur, et ainsi affecter notre opinion, est une idée largement répandue, qui ne semble pas extravagante. Mais cette conviction repose sur une théorie implicite de l’image. Alors que le langage s’adresse à la raison, les images exciteraient nos émotions. Plus séduisantes que l’écrit, elles seraient l’instrument d’une influence occulte, de l’ordre de la suggestion.


Pourtant, les choses ne sont pas si simples. En décembre 2016, le New York Times s’alarme: malgré la diffusion des images terribles de la destruction d’Alep en Syrie, l’opinion publique occidentale semble rester inerte. «S’il vous plaît, sauvez-nous, merci!», dit la vidéo de la petite Bana Alabed, 7 ans, qui s’adresse à nous les yeux dans les yeux. On ne peut donc pas évoquer un déficit émotionnel. Est-ce parce que les victimes sont musulmanes, s’interroge le quotidien? Est-ce à cause des réseaux sociaux, qui enchevêtrent les informations et émoussent notre capacité de réaction? Quoiqu’il en soit, l’image seule ne suffit pas.

Lire la suite:  L’image sociale

Photo d’en-tête : Malcolm Browne, auto-immolation d’un moine bouddhiste, 1963.

Podcast : Histoire populaire de la France, avec Gérard Noiriel – Paroles d’histoire

Les intervenants : Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS ; Philippe Olivera, historien, enseignant, éditeur (Agone)

Le Podcast: A jouer dans une nouvelle fenêtre | Téléchargement

Le livre : Une histoire populaire de la France, de Jeanne d’Arc à nos jours, Marseille, Agone, 2018

La discussion : Les origines du livre, au regard du genre « histoire de France » et de l’ouvrage d’Howard Zinn, Histoire populaire des États-Unis (1’00) ; le « populaire » comme catégorie prise dans les relations entre dominés et dominants (5’20) ; l’idée d’écrire pour un public plus large que celui de la profession historienne (7’00) ; l’importance de s’approprier des objets comme l’histoire de France parfois monopolisés par des auteurs réactionnaires (11’20) ; le point de départ de cette histoire et le choix de démarrer à la fin du Moyen âge, en lien avec la construction d’un État monarchique (12’45) ; les singularités de la construction nationale française au regard des exemples britannique et allemand (15’50) ; le choix d’écrire une histoire sociale, et de faire de la question sociale la clef de lecture fondamentale des évolutions, par rapport aux questions identitaires (19’30) ; l’application de cet angle d’approche pour le XVIe siècle : les guerres de religion comme expression d’enjeux sociaux (26’25) ; les césures mises en lumière dans cette histoire de France (30’20) : les années 1750 (32’30), les années 1880 avec la Grande Dépression et les débuts de la IIIe République (34’25), l’attention portée dans le livre aux regards portés sur l’autre (colonisé, domestique, ouvrier, paysan…) et la question de la reconnaissance de l’autre, qui permet de « se rendre étranger à soi-même » (39’50), la capacité à toucher d’autres publics en sortant de ses habitudes historiennes, en travaillant avec des artistes (43’50).

Une évocation plus large du travail de Gérard Noiriel, par Nicolas Offenstadt, est à écouter dans l’épisode 11 du podcast.

via Paroles d’histoire : https://parolesdhistoire.fr/index.php/2018/10/03/22-histoire-populaire-de-la-france-avec-gerard-noiriel-et-philippe-olivera/