"Hitler n'aurait pu prendre le pouvoir sans la complicité d'élites bourgeoises" | Le Nouvel Observateur

Pour l’historien britannique Ian Kershaw, c’est la complaisance d’élites bourgeoises convaincues, à tort, de pouvoir les manipuler qui a permis aux nazis de prendre le pouvoir en 1933. Un calcul fou. Extrait.

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Photos prises en 1927 juste après qu’Hitler a été proclamé « Fuhrer » du parti nazi. Devant l’objectif de son photographes personnel, Heinrich Hoffmann, il peaufine la gestuelle de ces discours… (Eventpress Hoensch-Maxppp)

Une question obsède l’Allemagne et l’Europe depuis quatre-vingts ans : comment un peintre raté, sans fortune ni éducation, un marginal désaxé, incapable d’entretenir une relation humaine stable, a-t-il pu prendre le pouvoir dans l’un des Etats les plus avancés du monde ? Sans la complaisance puis la complicité d’une partie de l’élite allemande, écrivez-vous dans votre monumentale biographie de Hitler, rien n’aurait été possible. Pourquoi ?

– A plusieurs étapes cruciales de son ascension, Hitler a bénéficié de protections en haut lieu. Cela n’explique pas tout, évidemment. L’humiliante défaite de 1918, l’hyper-inflation de 1923, la grande crise économique de 1930, le rejet de la République de Weimar, les talents d’orateur de Hitler et bien d’autres facteurs ont concouru à cette prise du pouvoir. Mais celle-ci nétait pas inéluctable. De 1919, quand tout a commencé, à 1933, nombre de responsables politiques, judiciaires ou militaires auraient pu stopper la carrière du futur dictateur. Mais la plupart n’ont même pas essayé. Pis, beaucoup l’ont favorisée pensant qu’ils pourraient en tirer profit.

La suite de l’interview : « Hitler n’aurait pu prendre le pouvoir sans la complicité d’élites bourgeoises » – Le Nouvel Observateur.

L'histoire contemporaine à l'ère numérique | Peter Lang

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Présentation : « Depuis plusieurs décennies, les usages du numérique en histoire se multiplient. Mais l’histoire contemporaine est parfois restée à la marge de ce mouvement. Ce livre, qui recouvre divers usages du numérique, ses outils, ses méthodes, sera à la fois une bonne introduction pour les historiens désirant se renseigner sur les usages informatiques en histoire contemporaine, et un outil utile aux chercheurs et aux enseignants plus rompus à cette utilisation. Cet ouvrage leur permettra de comparer leurs pratiques et de les approfondir dans le cadre des humanités numériques. »

Site de l’éditeur : Lhistoire contemporaine à lère numérique Contemporary History in the Digital Age – Accueil – Peter Lang Verlagsgruppe.

Revue de presse : En 1945, pour les GI, la France était «un gigantesque bordel» où l'on pouvait violer les femmes | Slate

Les révélations de l’historienne américaine Mary Louise Roberts ternissent une fois de plus la réputation des soldats de l’armée américaine, aujourd’hui au cœur d’un scandale depuis qu’un rapport du Pentagone a révélé que 26.000 militaires avaient été victimes d’un «contact sexuel non sollicité» en 2012. Car, comme le rappelle Atina Grossmann, auteure de Jews, Germans and Allies: Close Encounters in Occupied Germany, l’Histoire n’a retenu qu’une image très valeureuse des alliés américains:
«L’histoire standard, c’est que les Soviétiques étaient les violeurs, les Américains étaient les fraterniseurs et les Britanniques étaient les gentlemen.»
C’est notamment ce cliché qui est repris par la série tv Apocalypse.

En 1945, pour les GI, la France était «un gigantesque bordel» où l’on pouvait violer les femmes | Slate

Revue de presse : How Copyright Makes Books and Music Disappear (and How Secondary Liability Rules Help Resurrect Old Songs) by Paul J. Heald :: SSRN

Paul J. Heald travaille à l’Université de l’Illinois comme prof de droit. Il a décidé de passer au crible plusieurs milliers de bouquins vendus sur le site d’Amazon l’automne dernier. Résultat: les livres publiés initialement en 1910 et les années précédentes, ont une présence beaucoup plus forte sur les tablettes numériques du célèbre libraire que ceux publiés dans les années 2000 et 1990, constate-t-il dans un papier scientifique qu’il vient du publier dans les pages numériques et gratuites du Réseau de recherche en science sociale.

How Copyright Makes Books and Music Disappear (and How Secondary Liability Rules Help Resurrect Old Songs) by Paul J. Heald :: SSRN

Revue de presse : Shoah, entre impression de réel et récit réaliste | Cinémadoc

La recherche de Rémy Besson sur le film Shoah permet d’établir que le régime de vérité dont Shoah relève n’est pas celui de l’histoire orale, mais bien de celui d’un film de cinéma extrêmement construit, aussi bien lors du tournage que lors du montage. Seul un travail en archive permet d’établir que ce film relève d’une construction aussi bien au niveau de la bande image que de la piste son. Il s’avère alors que l’objectif poursuivi par l’équipe du film était moins de proposer une mise en contact la plus directe possible entre les spectateurs et les acteurs de l’histoire, que de proposer un récit. En cela, le terme – utilisé aussi bien par le réalisateur que par la monteuse – de fiction de réel semble le mieux adapté pour le qualifier. Le fait d’identifier et de caractériser une part de fiction dans ce film ne mène aucunement à prouver qu’il n’atteint pas quelque chose de la vérité de l’expérience vécue par les acteurs de l’histoire. Ce travail conduit plus justement à un déplacement d’un paradigme, celui de l’histoire orale, à un autre, celui d’un récit réaliste.

Shoah, entre impression de réel et récit réaliste | Cinémadoc

Revue de presse : Lecture d'été : Quand technopédagogie devient pédagogie | L'espace à Zecool

L’idée de rédiger ce billet est venue à Jacques Cool en interceptant un tableau de Bill Ferriter (voir le billet) qui écrivait en 2012 que ce qui emballe les jeunes à l’école, ce ne sont pas les joujous numériques autant que la possibilité d’avoir des conversations puissantes (avec ces joujous, évidemment) sur des enjeux qui les interpellent. Si la question est : que veut-on que les jeunes fassent avec la technologie à l’école, la réponse elle, nous éloigne des outils numériques comme tels…

Lecture d’été : Quand technopédagogie devient pédagogie | L’espace à Zecool

Lecture d'été : Didactique et enseignement de l’histoire-géographie au collège et au lycée

L’ouvrage de Yannick Mével et Nicole Tutiaux-Guillon se veut ni une somme de trucs, ni une théorie, mais bien une proposition entre les deux. Ce souci se retrouve dans la construction de chaque chapitre. Il intéressera à la fois les futurs enseignants en formation et les enseignants ayant déjà de l’expérieuce.

Pour les étudiants du MSHIS31, ils liront l’ouvrage avec profit, plus particulièrement concernant l’enseignement par problème en histoire :

« Comment un problème conçu par l’enseignant peut-il devenir le problème des élèves ? » C’est en tout cas une injonction depuis longtemps qui peut remonter au moins à 1938 ! Il est en tout cas nécessaire de problématiser pour éviter l’exhaustivité. Des exemples très précis sont évoqués page 112 et 113. Le souci de clarification de l’ouvrage aboutit à une utile définition des composantes de la problématique à toujours garder en tête. « La problématique est une question qui oriente l’organisation des faits historiques ou géographiques pour construire un discours qui fait sens. Elle se présente sous forme d’une question ouverte et ouvre sur un processus de recherche et de tri d’informations, puis sur leur interprétation… Le processus nécessite des connaissances en amont et permet la production de connaissances nouvelles (pour l’élève) ».

Yannick Mével est professeur d’histoire-géographie depuis 1985 ainsi que formateur d’enseignants depuis 20 ans. Il se livre également à des recherches-actions sur l’aide aux apprentissages. Nicole Tutiaux-Guillon est professeure des universités à l’IUFM et formatrice d’enseignants. Elle s’intéresse particulièrement à l’enseignement des questions vives.

Le compte-rendu des Clionautes : Didactique et enseignement de l’histoire-géographie au collège et au lycée – La Cliothèque.

I Used To Think … And Now I Think Part 2 | Larry Cuban on School Reform and Classroom Practice

Une prise de position très claire de Larry Cuban, que je partage, sur l’influence primordiale de l’enseignant sur le succès des élèves et de l’école :

«I used to think that the teacher was critical to student and school success. And now, I continue to think the same way. I have not changed my mind about the centrality of the teacher to student learning and school performance. The years I spent in classrooms as a teacher, the years I visited classrooms as a superintendent, and the years I studied classroom teaching have strengthened my belief in the powers teachers have in influencing their students’ minds and hearts. The tempered optimism I have today about schooling children and youth rests in this belief in teachers who have made and continue to make a difference in individual student’s lives.»

viaI Used To Think … And Now I Think Part 2 | Larry Cuban on School Reform and Classroom Practice.

Revue de presse : L'ère de la classe moyenne révolutionnaire | Slate.fr

Pour Francis Fukuyama, on assiste dans le monde à une révolution de la classe moyenne. Des révolutions arabes aux révoltes en Turquie, des manifestations au Brésil aux contestations en Chine: tout cela est le fait d’une classe moyenne qui grossit dans les pays où elle se faisait peu entendre auparavant, selon le politologue américain.

L’ère de la classe moyenne révolutionnaire | Slate.fr