Actes du Colloque « Apprendre l’histoire et la géographie à l’École »

Une à deux décennies après le colloque de Montpellier sur l’histoire (1984) et celui d’Amiens consacré à la géographie (1991), s’est tenu à Paris, du 12 au 14 décembre 2002 , un colloque intitulé « Apprendre l’histoire et la géographie à l’École ».
Ce colloque a dressé un état des lieux des deux disciplines résolument ancrées dans les sciences humaines. Il a aussi abordé des débats récents autour de la mémoire, de l’histoire du temps présent, de la mondialisation, de la question des territoires… Il a permis également de mener une réflexion sur la place des différents outils utilisés par les enseignants (cartes, documents, images, TICE, SIG…), de réfléchir à la formation des enseignants et de faire émerger les grands chantiers scientifiques, didactiques et pédagogiques qui s’ouvrent pour l’enseignement de l’histoire et de la géographie.

Le sommaire et les liens vers les articles publiés à la suite de ce colloque :

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Journal de tranchée : Le Ver Luisant. Noël 1915

Le Ver Luisant. Noël 1915 | Il y a cent ans

Provenant de la Collection Clerc, conservée à la Bibliothèque Municipale de Besançon et accessible en ligne.

Ce journal parut d’octobre 1915 à 1919. La Collection Clerc en détient 23 numéros et celui de Noël 1915 compte 6 pages. Sa bannière précise qu’il provient d’une section spécialisée du 6e Régiment du Génie, la Section de Projecteurs. D’où son titre et sous-titre humoristique : Gazette Poilue de la 68e Section reliée avec les Boches par Rayons Lumineux et Fils de fer Barbelés.
L’ensemble des numéros conservés à la Bibliothèque Municipale de Besançon : ver luisant

Noël 1915 : L’Image de la guerre : publication hebdomadaire illustrée

A l’origine, « L’image de la guerre » est une revue hebdomadaire publiée à Bellegarde dans l’Ain près de la Suisse.
Elle paraît pour la première fois en novembre 1914 et disparaît avec la fin de la guerre. Cette revue contient de nombreuses et bonnes photographies dont un grand nombre est dû au célèbre photographe de l’époque Henri Manuel. A partir de mars 1917, elle propose une édition populaire à quinze centimes et une édition de luxe à vingt cinq centimes.
Comme son titre l’indique, cette revue ambitionne de refléter le déroulement de la guerre. Pour cela elle propose de nombreuses photographies accompagnées de textes explicitant le contenu des clichés. Toutefois, cette revue raconte la guerre dans une version épurée et parfois décalée plus qu’elle ne la montre réellement.

Source de l’information : GUIDE DES SOURCES ILLUSTRÉES SUR LA GUERRE 1914-1918 AUX ARCHIVES MUNICIPALES DE TOULOUSE. (1913 – 2008)
L’ensemble des numéro de L’image de la guerre sur Gallica.

Compte-rendu : Visualiser le passé | La Vie des idées

Recensé : Adrien Genoudet, Dessiner l’Histoire. Pour une histoire visuelle, Paris, Le Manuscrit, coll. «  Graphein  », 2015, 206 p., 23,9 €.
Cet essai inaugure à la fois la collection «  Graphein  » aux éditions Le Manuscrit et conclut un cycle de séminaire sur les écritures visuelles de l’histoire de la bande dessinée. En pénétrant les ateliers de dessinateurs de bande dessinée qui se saisissent de l’histoire, attentif au geste, Adrien Genoudet ne propose pas ici simplement une réflexion sur l’histoire et sa représentation, mais sur l’écriture même de l’histoire. Questionnant le «  concept culturel d’histoire  » en interrogeant la notion de passé, il installe sa réflexion dans le giron d’une histoire culturelle renouvelée (Pascal Ory a signé la préface de l’ouvrage).

«Dans cet ouvrage, part belle a été donnée au geste du dessinateur, à ce trait chargé qui, déposé sur le papier, forme et libère les images du passé. La dernière partie offre un retour à la pratique de l’historien, à son geste d’écriture, à son risque d’imposture. Écrire l’histoire, c’est s’engager  ; se commettre avec ce qui a été, retracer ce qui fut avec ce qui nous fait aujourd’hui.

Si Dessiner l’Histoire semble répondre à l’idée d’«  écrire l’Histoire  », il est possible, peut-être même nécessaire, d’envisager une écriture visuelle de l’histoire. Ce livre en fait le pari. Regardeur, chercheur, auteur : écrire une histoire visuelle, c’est percevoir le temps passé en tant que visuel, se confronter au passé comme image composée et analyser «  comment la visualité des époques passées s’imposent dans nos mémoires et quelle est leur performance dans notre société contemporaine  » (p. 174).

Le débat est ouvert. Il est à espérer que les futurs essais de cette collection creuseront le sillon, en s’interrogeant par exemple sur la forme de la bande dessinée dans laquelle le dessin n’est pas produit par le scénariste. Ou encore : existe-t-il des trous noirs dans la représentation de l’histoire, des passés sans image  ?»

Le compte-rendu : Visualiser le passé – La Vie des idées

Entrer dans la guerre d’anéantissement : le Fils de Saul -exprimer des émotions, raconter, se poser des questions.

Mercredi 2 et vendredi 4 décembre 2015, les élèves de 3e du collège Jean Rostand de Sains-en-Gohelle se sont rendus au cinéma les Etoiles de Bruay-la-Buissière pour découvrir le Fils de Saul en compagnie de leurs professeur.e.s de Lettres et d’Histoire-Géographie.

Le Fils de Saul est un film hongrois coécrit et mis en scène par le jeune réalisateur László Nemes. Il a reçu le Grand Prix (la deuxième plus grande récompense) au festival de Cannes en 2015. Il a été acclamé par une grande partie de la critique pour son parti pris formel radical et la rigueur avec laquelle il décrit la vie quotidienne d’un sonderkommando. Quelques journalistes ont exprimé des réserves sur les choix esthétiques et moraux du metteur en scène.

Au terme de deux heures de séance, les élèves de 3e A sont sortis de la salle abasourdis, comme sonnés. Après quelques minutes de silence dans le bus, les questions ont commencé à fuser. Le temps de retrouver nos mots, nous avons tous décidé de prendre du recul par rapport à l’oeuvre. Certains films vivent longtemps dans la mémoire du spectateur et ont besoin d’être minutieusement analysés…Pour le lundi de la semaine suivante, les élèves ont accepté de réaliser sur copie un travail axé sur trois exercices.

Le compte-rendu de la séquence : Entrer dans la guerre d’anéantissement : le Fils de Saul -exprimer des émotions, raconter, se poser des questions.

Moyen-Âge, ce qu’il en reste | Thot Cursus

Thot Cursus nous présente un intéressant dossier sur le Moyen-Âge ce qu’il en reste. Le dossier présente un ensemble de ressources en ligne avec un axe particulier sur les pédagogies actives et les jeux (sérieux, vidéos, de rôle…). Parmi les différentes ressources nous signalons plus particulièrement :

  • Moyen-Age et jeux de rôle : une immersion :  Un de ces week-ends pluvieux où il n’y a rien à faire, je me suis laissé entraîner dans un projet de jeu de rôle par un jeune voisin. Une histoire d’enquête au Moyen-Age, avec une galerie de personnage. J’ai protesté en évoquant mon âge avancé. « Au contraire, il nous faut un vieil enchanteur, et tu seras le plus crédible ! » m’a-t-il répondu. J’ai monté les quelques étages, et j’ai appris ce qu’était le jeu de rôle…
  • Un scénario pédagogique à la sauce Game of Thrones : une présentation de mon travail réalisé sur ce blog ainsi que de ma chronique à ce sujet pour le Café pédagogique.
  • Déboulonner les idées reçues sur le Moyen Âge : Le Moyen Âge est une période qui a duré un millénaire. Pourtant, ces 1000 ans d’histoire sont plutôt méconnus. Les perceptions sont tenaces par rapport à cette période historique. Souvent perçue comme une époque de grande noirceur, les historiens et férus de médiéval tentent peu à peu de la réhabiliter et de remettre les pendules à l’heure.
  • Se transporter dans l’ère médiévale par le jeu vidéo : L’histoire est une source intarissable pour les créateurs de jeux vidéo. Que ce soit des uchronies ou des représentations réalistes, les périodes historiques inspirent. Le Moyen Âge est bien servi par des reproductions politiques et militaires réalistes ainsi que des visions fantasmées grâce à la littérature fantastique. Une vraie quête !
  • Mystère dans ma ville, un serious game sur l’épopée médiévale de Limoges : Pour découvrir Limoges, son histoire et son patrimoine, la ville de Limoges a mis en place un jeu de parcours sous forme de quête mystérieuse.
  • …

Un dossier qui ravira les enseignants à propos du Moyen-Âge.

Le dossier complet : Moyen-Âge, ce qu’il en reste | Thot Cursus.

Images de la Révolution française | Archives numériques de la Révolution française

Les Archives numériques de la Révolution française sont le résultat d’une collaboration entre les bibliothèques de l’Université de Stanford et la Bibliothèque nationale de France. Ces archives mettent notamment à disposition des internautes une banque d’images de la Révolution française. Une aubaine pour une utilisation en classe.

Le corpus des Images est constitué d’images numériques haute résolution correspondant à environ 14 000 documents, essentiellement des gravures, mais également des illustrations, des médailles, des monnaies et d’autres objets, représentant différents aspects de la Révolution. Ces matériaux proviennent en majorité des collections du département des Estampes et de la photographie mais ont également été sélectionnées dans d’autres départements de la BnF. Plusieurs milliers de ces images sont extraites des collections Hennin et De Vinck, sources majeures pour la période. Des métadonnées détaillées existent pour chaque image, permettant aux chercheurs de rechercher par artiste, par sujet, par genre et par lieu.

Les ANRF donnent accès à la base de données la plus complète en termes d’images de la Révolution française. Les Images de la Révolution française sont une base d’images de référence constituée par la Bibliothèque nationale de France à l’occasion du bicentenaire de la Révolution en 1989. Celle-ci avait pour but de « permettre au lecteur d’explorer les relations, les articulations, les confrontations entre les idées de la Révolution et leur représentation métaphorique, le brassage permanent d’idéologies et de faux-semblants… » Dans le cadre de ce projet, la BnF a créé plus de 38 000 vues distinctes reproduisant plus de 14 000 images, proposant des agrandissements et classant les documents dans les sections correspondantes. Les Images, initialement proposées en format analogique sur vidéodisque, étaient devenues difficilement accessibles depuis plus de dix ans, à cause de la rapidité de l’évolution technologique. Dans le cadre de ses programmes de numérisation, la Bibliothèque nationale de France a numérisé en haute résolution, à partir des originaux, près de la moitié des images du vidéodisque. Pour le reste du corpus, de nouveaux fichiers JPEG ont été créés directement à partie du vidéodisque original. Désormais, toutes ces images sont accessibles en ligne dans le cadre des ANRF.

Les images sélectionnées pour les Archives numériques couvrent uniquement la période de 1787 à 1799, des années précédant immédiatement le début de la Révolution jusqu’à l’apparition de Napoléon. Seule l’iconographie directement liée à la Révolution a été sélectionnée. Si les textes des APintéressent principalement les étudiants avancés et les chercheurs travaillant sur la période de la Révolution, ces images élargissent la portée des ANRFau grand public. Les auteurs de la première version des Images de la Révolution française avaient anticipé l’utilisation que les chercheurs en feraient à des fins d’étude et d’enseignement, mais aussi que le grand public y verrait un moyen essentiel d’en savoir plus sur cette période fondatrice pour la nation française.

Le site : Archives numériques de la Révolution française: Rechercher

Pédagogie de projet « A l’arrière du Front, Espérer pour survivre », spectacle de théâtre musical

À l’initiative du Département et de l’agence départementale du Pays de Brocéliande, 26 élèves du collège Évariste-Galois de Montauban-de-Bretagne ont travaillé pendant 18 mois avec la compagnie Art’Comedia de Bécherel pour présenter une pièce de théâtre musicale sur le thème de la Grande Guerre. Deux représentations ont eu lieu le vendredi 13 novembre 2015. La vidéo ci-dessous retrace le projet.

« À l’arrière du front, espérer pour survivre » fait revivre le quotidien de femmes, d’enfants, de réfugiés et de prisonniers de guerre allemands. Loin des fronts de l’Est, la vie ne s’est pas arrêtée entre 1914 et 1918. 

Au gré des 50 minutes de spectacle, les souvenirs récoltés auprès des anciens et travaillés en cours de français et d’histoire remontent. Des lettres, des poésies écrites par des femmes et des chansons d’époque ont été exhumées.

A consulter pour en savoir plus : l’édition spéciale « L’Ouest Eclair » réalisée dans le cadre du projet, qui présente la génèse du projet et toutes les personnes impliquées, la rencontre dans un ephad, les interventions de la compagnie de théâtre au sein de la classe.

Construire un roman national pluriel ?

«Destruction de l’idée républicaine», «éradication de la culture», «paroxysme d’un processus de déculturation»… L’enseignement de l’histoire fait régulièrement l’objet de débats houleux. L’édition 2015, autour de la réforme des programmes du collège, aura été particulièrement virulente. Les historiens Pierre Nora et Jean-Pierre Le Goff, les essayistes Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, l’ancien ministre de l’Education Luc Ferry ont attaqué frontalement le projet élaboré par le Conseil supérieur des programmes : pas assez chronologique, trop repentant. Libération a demandé à une historienne américaine, Carla Hesse, spécialiste de la Révolution française et professeure à Berkeley (Californie) de commenter la tempête historiographique de l’année. Sa position relative à la nécessité de construire un roman national pluriel ne manquera pas, à son tour, de faire polémique…

La première critique faite aux nouveaux programmes, c’est qu’ils signeraient la fin du «roman national». Un pays a-t-il besoin d’un tel récit ?

«Pour exister, une collectivité a besoin d’un roman national, qui réunit une idée de la temporalité mais aussi de l’espace. La conscience de la temporalité – le sentiment d’exister dans un trajet temporel – est, au niveau cognitif, essentielle à l’individu comme à toute collectivité. Pour agir, dans n’importe quel domaine, mais surtout pour agir en tant que collectivité politique, pour essayer de construire une société plus juste et plus prospère, il nous faut partager une narration collective avec un passé, un présent et un avenir. Il n’y a aucune raison de ne pas pouvoir écrire ce roman au pluriel, en incorporant des voix et des perspectives multiples».

Source : Carla Hesse : «Cette passion publique pour l’histoire est le signe d’une démocratie en pleine vigueur» – Libération

Revue de Presse : « Star Wars raconte comment une nation démocratique peut évoluer vers le côté obscur »

Capture d'écran du futur chancelier Palpatine face au Sénat galactique
“C’est un homme politique et Richard M. Nixon est son nom” (G. Lucas). Capture d’écran du futur chancelier Palpatine face au Sénat galactique.

Spécialiste des Etats-Unis et présentateur de l’émission « Histoires d’Info » sur France Info, l’historien Thomas Snégaroff vient de publier « Je suis ton père : La saga Star Wars, l’Amérique et ses démons », un essai dans lequel il montre à quel point l’oeuvre de George Lucas raconte l’histoire politique des Etats-Unis. Entretien.

J’ai essayé de redonner à La Guerre des étoiles cette dimension historique et la sortir de la science-fiction, qui à mon avis est un piège. Star Wars est bien une oeuvre de science-fiction, mais son propos est très politique et contemporain. Les deux trilogies correspondent à deux périodes différentes de l’Amérique. Les années 1970 pour la première, qui est une période de perte de repères, de la défaite au Vietnam, du déclin de l’autorité familiale. Le film propose de la retrouver, avec la quête d’un fils qui cherche son père et inversement. La prélogie, elle, correspond à une deuxième époque américaine avec la guerre en Irak, le Patriot Act, une nation qui bascule vers des mesures liberticides pour maintenir sa sécurité. C’est la sécurité contre la liberté. C’est en ça que cette saga raconte vraiment l’histoire des Etats-Unis et, plus largement, de nos démocraties.

Lire l’entretien : Les Inrocks – « Star Wars raconte comment une nation démocratique peut évoluer vers le côté obscur »