Après deux mois de travaux de conservation et de restauration, l’œuvre monumentale de Louis Braun, créée en 1893 sur quelque 1000 m2 de toile, est sur le point d’être numérisée. Le processus générera la plus grande image numérique jamais créée et permettra des expériences de visionnage immersives et interactives sans précédent.
Le film de l’Allemand Matti Geschonneck, qui sort ce 19 avril en France, imagine ce à quoi a dû ressembler la conférence de Wannsee, en 1942, quand une poignée de dignitaires nazis se sont réunis pour organiser l’extermination des Juifs d’Europe. Le Courrier international a synthétisé dans un article ce qu’en ont pensé les médias germanophones.
LA CONFÉRENCE – bande annonce VOST
Le long-métrage dure aussi longtemps qu’a duré la conférence de Wannsee en 1942 : quatre-vingt-dix minutes à peine. Les préparatifs de la “solution finale” ont été rondement menés. “Il n’y a absolument aucun espoir, ni de moment de répit”, constate Der Standard devant le film.
Le metteur en scène a invité ses acteurs, impeccables, à ne surtout pas jouer des nazis. Pour la Süddeutsche Zeitung, cela rend leurs échanges d’autant plus glaçants.
Renard. M- (2023). Aux Origines du Roman National. La construction d’un mythe par les images, de Vercingétorix aux Sans-Culottes (1814-1848). Paris: Mare et Martin, 302 pages
L’ouvrage examine la manière dont s’est construit le roman national français et le rôle que les images y ont joué dans la première moitié du XIXe siècle. La nécessité d’unifier la nation en réconciliant les Français s’impose après les troubles révolutionnaires. L’histoire nationale fournit aux peintres et aux illustrateurs un répertoire de nouveaux sujets se substituant à l’histoire antique, à l’histoire sainte ou à la mythologie. De Saint Louis rendant la justice sous son chêne au ralliement au panache blanc d’Henri IV, en passant par le Serment du Jeu de Paume, tout un catalogue d’épisodes héroïques sert à construire un imaginaire national. Ce livre entend donc revenir sur les origines de cette construction imagée qui au XIXe siècle contribue à forger une mémoire partagée, dont les représentations, les enjeux comme les stéréotypes sont encore vivaces aujourd’hui.
A partir d’un corpus constitué d’éditions illustrées de différents ouvrages historiques, Margot Renard montre comment, par l’image, s’est fabriqué un récit national postrévolutionnaire, dans le contexte de la monarchie constitutionnelle (1814-1848). La période est celle du questionnement sur les origines, dans une lecture progressiste de la part d’historiens qui construisent un référentiel commun. Le texte et l’image jouent alors de l’imaginaire identitaire, autour d’une nouvelle historiographie marquée par des auteurs comme Augustin Thierry, Prosper de Barante ou Adolphe Thiers.
L’autrice montre comment le récit et les illustrations se répondent, exposant une « vision spectaculaire » des événements, mise en scène par l’iconographie : « Les illustrateurs de ces histoires de la Révolution Française ont tenté d’en offrir une vision satisfaisant à la fois au désir de divertissement et à l’exigence d’exactitude que les historiens mettent en place dans les années 1820-1830 ».
A côté de la Révolution Française, la quête des origines donne lieu à des publications majeures, à l’image des Récits des temps mérovingiensd’Augustin Thierry (version illustrée en 1866), succès d’édition, où les méconnaissances historiques sont comblées par un imaginaire fantasmé, fait de rites sanglants et de progrès vers la civilisation. Les Francs deviennent les « figures majeures du récit national » et l’auteur « fait des Gaulois et des Francs les ancêtres du Tiers-Etat et de la noblesse ».
Margot Renard analyse également le rôle des images dans la pédagogie et dans la création d’une culture visuelle commune. Le choix de l’apprentissage par l’image, dès avant les manuels scolaires illustrés célèbres de la Troisième République, est très fort au cœur du XIXe siècle.
Le Canada va finalement verser plus de 23 milliards de dollars canadiens (15,5 milliards de francs) d’indemnités à des enfants autochtones et leurs familles, victimes de discrimination par le système de protection de l’enfance. L’accord met fin à une bataille juridique qui dure depuis plus de 15 ans.
— À lire sur www.rts.ch/
Réalisée par le cinéaste Marco Bellocchio, « Esterno Notte » revient sur un épisode marquant des années de plomb en Italie: l’enlèvement et l’assassinat de l’ancien chef du gouvernement italien Aldo Moro par les Brigades rouges. Un chef d’oeuvre à découvrir sur arte.tv.
Ecrans – « Esterno notte » / Six heures – Neuf heures, le samedi / 7 min. / le 25 mars 2023
Le 16 mars 1978, Aldo Moro, alors président de la Démocratie chrétienne, est enlevé par les Brigades rouges. En état de choc, le gouvernement italien se retrouve face à un dilemme: faut-il accepter la négociation avec le groupe terroriste, au risque de mettre en péril la démocratie, ou ne rien céder et prendre le risque d’une mise à mort de l’homme politique?
Avec la série « Esterno Notte », le cinéaste italien Marco Bellocchio revisite un traumatisme national situé à la fin des années de plomb. Une période qui prend place de la fin des années 1960 au début des années 1980, marquée par une tension politique extrême, le développement de la lutte armée, les violences de rue et une succession d’actes terroristes dramatiques.
On peut citer par exemple l’attentat néo-fasciste de la Piazza Fontana à Milan en 1969, l’attentat contre le train Naples-Milan en 1984, sans oublier celui de la gare de Bologne en 1980, également perpétré par les néo-fascistes.
Les six épisodes d’ »Esterno Notte » sont en diffusion libre en version française et italienne sous-titrée sur arte.tv, jusqu’au 12 juillet 2023. Regarder : Esterno Notte sur Arte.tv.
En juillet 2022, le pape François a effectué une visite au Canada. En préparation de cette visite, une quarantaine de représentants autochtones et d’évêques catholiques canadiens s’étaient rendus au Vatican du 28 mars au 1er avril 2022 pour tenter de poser les jalons d’une nouvelle relation.
A l’occasion de la visite du Pape au Canada en 2022, deux personnes autochtones tiennent une banderole appelant à mettre fin à la doctrine de la découverte. Cette doctrine émane d’un édit de l’Église catholique publié au XVe siècle qui justifiait la colonisation. PHOTO : RADIO-CANADA / OLIVIA LAPERRIÈRE-ROY
Les chefs de plusieurs nations du Québec souhaitaient alors entendre, à l’occasion de cette visite, des excuses officielles du pape lors de la visite de la délégation autochtone au Vatican. Ils souhaitent surtout des actions concrètes : ouverture des archives, reconnaissance par l’Église catholique de la violence faite aux Autochtones dans les pensionnats, indemnisations, mais aussi révocation des bulles papales qui ont consacré la doctrine de la découverte.
« Il est juste de reconnaître ces erreurs, de reconnaître les terribles effets des politiques d’assimilation et la douleur vécue par les peuples autochtones, et de demander pardon. »
— Une citation de Note publiée par les dicastères (ministères) pour la Culture et l’Éducation et le Service du développement humain intégral du Vatican
C’est désormais chose faite concernant la « doctrine de la découverte ». Cette doctrine du 15e siècle décrétée un an après l’arrivée de Colomb dans le Nouveau Monde était consacrée par les bulles papales. Les Européens s’en sont servis, notamment avec le concept de terra nullius (terres vacantes), pour justifier la saisie de territoires qui appartenaient à des peuples autochtones. Ils partaient du postulat que les terres de ce qu’on allait appeler plus tard l’Amérique n’appartenaient à personne. Ces prises de position du Vatican ont permis le pillage des terres autochtones et des richesses du nord au sud du continent américain, justifiant le tout par des préceptes dits religieux.