Mais où est donc passé l’esprit du festival de Woodstock?

Du 15 au 18 août 1969, un demi-million de personnes sont venues écouter des concerts de rock à Bethel, près de Woodstock. Janis Joplin ou encore Jimi Hendrix se sont succédés sur la scène d’un festival qui voulait célébrer la musique et la paix. Reportage sur place, 50 ans après.

50 ans après, la boue a disparu pour laisser place à un gazon soigneusement entretenu. Pour tenter de cerner l’atmosphère de ce lieu mythique, il faut se rendre en contrebas. Quelques tables, une plaque commémorative en signe de monument et Lennie, un habitant du coin. Arrivé du quartier de Queens à New York, il découvre par hasard le festival de Woodstock. Aujourd’hui, il habite juste à côté des champs qui ont accueilli l’évènement. 

Lire l’article : Mais où est donc passé l’esprit du festival de Woodstock? – rts.ch – Musiques

Crédit image :  Markus Spiske

 

Les archives de la Société des Nations accessibles via une bibliothèque numérique



Les archives de la Société des Nations sont en cours de numérisation et mises progressivement en ligne sur une bibliothèque numérique.

15 millions de pages. Soit près de trois kilomètres linéaires. Les archives de la Société des Nations (SDN) sont progressivement accessibles sur une bibliothèque numérique dédiée. A ce jour, environ un tiers de ce patrimoine documentaire est consultable en ligne.

Lancé en 2017 grâce à un don d’une fondation privée genevoise, ce projet de numérisation est en cours de réalisation dans les locaux des Nations Unies à Genève. 

Source :Les archives de la Société des Nations accessibles via une bibliothèque numérique | Archimag

Crédit image : Atelier de numérisation des archives de la Société des Nations à Genève (https://lontad-project.unog.ch/)

Quelles sont les attitudes des futur.e.s enseignant.e.s face aux fausses nouvelles ou théories du complot ?

Chercheur en éducation de l’Université de Montréal, Florent Michelot a voulu savoir dans quelle mesure les futurs enseignants québécois, belges et français arrivent à distinguer le vrai du faux, à remettre en question les informations qui leur sont présentées.

Dans ses conclusions, il arrive au constat que les futurs enseignants québécois sont très peu formés à débusquer des éléments comme les fausses nouvelles et les théories du complot, ce qui ne les empêche pas d’avoir une pensée critique plutôt développée par rapport à leurs collègues belges et français.

Le chercheur leur a posé des questions telles que l’eau a-t-elle une mémoire moléculaire ? Un sondage mené sur le web par une chaîne télévisée est-il fiable ? L’homéopathie, ça fonctionne ?

Il a découvert que

« Le sentiment d’efficacité personnel est très bon au Québec, tout comme le niveau de pensée critique. En France, c’est l’extrême inverse. En Belgique, c’est médian. On est loin d’être mauvais. »

Il serait intéressant de mener une étude comparable auprès de futur.e.s enseignant.e.s en Suisse.

Source : Les aspirants enseignants critiques mais peu… – La Presse+

Crédit photo : Photo de l’Agence Olloweb sur Unsplash

Lecture de l’été : L’éducation n’est pas un domaine où les espoirs et les rêves sont médiocres.

Histoire de profiter de ce temps pour réfléchir avant l’action, l’été est un temps permettant de prendre le temps de lire.

Voici la lecture stimulante d’un billet de blogue de Sean Michael Morris, enseignant et pédagogue, qui base ses travaux sur ceux de Paulo Freire.

Extrait :
« The web has grown education, and in response, we’ve found ways to automate it more and more, to replicate it more effectively, to distribute it more efficiently. But the challenges of education have never been meant to be how to do it faster, bigger, better. Because while institutions may be large, learning is always small.

And so, along with my colleague Jesse Stommel, I work now to proliferatea critical digital pedagogy. This is less a response to the exacting expansion of learning out from schools and into corporations, but more a return to revolutionary ideas found in educational philosophers like John Dewey, Paulo Freire, bell hooks, Maxine Greene, and Henry Giroux. Ideas that center not just the individual, but the project of humanization. And out of critical digital pedagogy has grown a critical instructional design, which aims at realizing the possibility for learning in digital spaces that supports student agency through a practice of inquiry, empathy, and emergence.»

Traduction :

« Le Web a développé l’éducation, et en réponse, nous avons trouvé des moyens de l’automatiser de plus en plus, de la reproduire plus efficacement, de la distribuer plus efficacement. Mais les défis de l’éducation n’ont jamais été censés être comment le faire plus vite, plus grand, mieux. Parce que même si les institutions sont grandes, l’apprentissage est toujours petit.

C’est pourquoi, avec mon collègue Jesse Stommel, je travaille maintenant à la prolifération d’une pédagogie numérique critique. Il s’agit moins d’une réponse à l’expansion exigeante de l’apprentissage dans les écoles et les entreprises, mais plutôt d’un retour aux idées révolutionnaires que l’on retrouve chez les philosophes de l’éducation comme John Dewey, Paulo Freire, Bell Hooks, Maxine Greene, et Henry Giroux. Des idées qui ne centrent pas seulement l’individu, mais le projet d’humanisation. De la pédagogie numérique critique est née une conception pédagogique critique, qui vise à réaliser la possibilité d’apprendre dans des espaces numériques qui soutiennent l’action étudiante par une pratique d’enquête, d’empathie et d’émergence. »

A retenir et prolonger : il est question ici d’émancipation et d’empowerment des élèves/étudiant.e.s dans le cadre d’une pédagogie numérique critique qui réactualise/adapte la pensée de philosophes de l’éducation telle que John Dewey ou Paolo Freire. La pratique de l’enquête (Dewey) y occupe une place importante.

L’article à lire : Education is not a field for mediocre hopes and mediocre dreams

Crédit photo : Pixabay License. Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

Connaissez-vous les algorithmes du web ? – Le carnet du master « Sciences-société »

La thèse de Dominique Cardon y est que les algorithmes, loin d’être de simples procédés purement objectifs, projettent sur nos sociétés les système de valeurs mis en avant par leurs concepteurs. Ainsi les algorithmes utilisés par les grandes plateformes d’Internet ont tendance à concentrer l’attention autour de quelques individus considérés comme étant les plus méritants auxquels on accorde une visibilité disproportionnée. La société dont « rêvent » les algorithmes, pour reprendre l’expression de Dominique Cardon est donc une société méritocratique où les algorithmes, en s’adaptant au comportement de chaque internaute, reproduit les inégalités en permettant aux plus populaires, aux plus cultivés, d’augmenter encore leurs réseaux relationnels, les ressources auxquelles ils ont accès et les opportunités.

Face à ces constats, l’auteur insiste sur l’importance capitale de se pencher sur le fonctionnement des algorithmes afin de comprendre les transformations qu’ils provoquent dans nos sociétés et d’être capable de tenir un débat sur ce que nous voulons que les algorithmes fassent ou ne fassent pas, sans que cela ne soit dicté par un nombre restreint de multinationales très puissantes. C’est précisément dans cet objectif que Dominique Cardon a écrit cet essai dont l’intérêt pour le lecteur ne se limite pas aux seuls spécialistes des technologies numériques et de leurs enjeux politiques et sociaux.

Référence
Cardon, Dominique, À quoi rêvent les algorithmes: nos vies à l’heure des big data (Paris, France: Seuil : la République des idées, 2015)
— À lire sur mastersts.hypotheses.org/74

Le renard apprivoisé par les chasseurs-cueilleurs ?

 

Le renard est une espèce sauvage classée parmi les nuisibles, et pourtant…
Andamanec et Ksenia Raykova/Shutterstock , CC BY-NC-ND

Colline Brassard, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

[…]

Apprivoisés ou domestiqués ?

Rappelons-nous les paroles du Petit Prince de Saint-Exupéry : apprivoiser, c’est « créer des liens ». Il y a environ 15 000 ans, des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur se sont rapprochés de loups peu farouches, les apprivoisant sans doute pour en tirer une protection face aux prédateurs, tandis que les loups bénéficiaient, eux, d’un accès facilité à la nourriture.

Opérant progressivement une sélection artificielle sur ces animaux plus dociles que leurs congénères, les humains ont alors initié un processus de domestication, certainement en plusieurs points du globe. Ainsi, à partir du loup sauvage, l’humain a créé son ami le plus fidèle, selon l’image qu’il s’en faisait.

S’il te plaît… apprivoise-moi !
Ivan Protsiuk/Shutterstock, CC BY-NC-ND

Le renard n’a pas eu le même destin. Il est resté sauvage, peut-être parce qu’une cohabitation aurait été moins bénéfique pour nous, étant donné qu’il ne vit pas en meute et a une carrure moins imposante. Pour autant, l’humain ne peut s’empêcher de tenter de « créer un lien » avec le petit rusé, et cela ne date pas d’aujourd’hui. Bien avant que Le Petit Prince n’en fasse l’expérience, il semblerait que les hommes préhistoriques tentaient déjà d’en faire leur compagnon.

En effet, de rares trouvailles archéologiques suggèrent que nos ancêtres ont pu développer une relation privilégiée avec le renard, lui attribuant un statut particulier. Ainsi, si l’on en croit les chercheurs Lisa Maher et Edward Banning des universités de Cambridge et de Toronto, la première association homme-renard en contexte funéraire daterait d’il y a 16 500 ans.

À Uyun al-Hammam, en Jordanie, un renard et un homme ont été retrouvés dans deux tombes adjacentes avec des offrandes. Selon les auteurs de l’étude, il pourrait s’agir d’un renard tué pour être enterré avec son « propriétaire » – les deux corps ayant été par la suite partiellement déplacés ensemble pour maintenir le lien qui les unissait de leur vivant –, et ce, avant même que le chien domestique ne soit présent dans la région.

D’autres cas plus récents sont rapportés, datant notamment de l’âge du Bronze, soit il y a environ 4 000 ans. Ainsi, en Alsace un renard aurait été mis en terre avec des offrandes, tandis que plusieurs renards auraient été enterrés aux côtés d’humains et de chiens dans différents sites ibériques.

Ces cas exceptionnels évoquent selon les spécialistes une tentative de rapprochement, voire de domestication, même si l’hypothèse de pratiques rituelles n’est pas à exclure. En effet, notre conception actuelle de l’animal familier peut fausser le débat. Il est possible qu’elle ne soit pas transposable à l’éventail des relations entretenues par les chasseurs-cueilleurs avec la faune sauvage qui les entourait.

[…]

Colline Brassard, Docteur vétérinaire, doctorante en anatomie fonctionnelle et en archéozoologie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

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