Le Moyen Âge est une période historiquement déterminée. Et encadrée par des événements qui ne font sens que d’un point de vue occidental (476 à 1453 ou 1492). Un millénaire approximatif, longtemps vu comme une période obscure et violente assurant la transition entre l’âge d’or de l’Empire romain et le rayonnement de la Renaissance européenne.
La réalité, dans une perspective mondiale, est bien différente. Mais cette périodicité fait sens en portant un regard d’ensemble sur l’Eurasie. Les évolutions conjointes des sociétés et du fait guerrier offrent, au fil de ce long millénaire prémoderne, d’étonnantes similitudes, de l’Europe à la Chine en passant par le Nord de l’Afrique et le Moyen-Orient.
Une bel essai de synthèse de la part du blog «Histoire Globale».
Mois : octobre 2012
Wiki prof de raison | OWNI
Illustration par Loguy pour Owni.
Wikipédia effraie les enseignants. Qui l’accusent de se tromper et de ne pas stimuler l’esprit critique. Comme si Wikipédia était une encyclopédie ! C’est d’abord un réseau social dédié au doute, pas aussi ouvert qu’il le prétend. Ainsi que l’expérimente dans sa classe le chercheur Antonio Casilli, chroniqueur ès-cultures numériques d’OWNI.
J’aime particulièrement la phrase suivante : «Wikipédia n’a pas vocation à atteindre une exactitude universelle, mais de parvenir à un consensus.»
Lire l’article : Wiki prof de raison » OWNI, News, Augmented.
La mise en Monde de l’humanité : plaidoyer pour l’enseignement d’une histoire globale | aggiornamento hist-geo
A l’occasion de la parution d’un ouvrage qui recoupe quelques unes de nos préoccupations, Vincent Capdepuy, co-auteur, et les éditions Sciences humaines ont autorisé la reproduction sur aggiornamento d’une partie de l’article intitulé “L’histoire globale par les sources : plaidoyer pour l’enseignement d’une histoire globale”. Nous signalons également un article de Christian Grataloup sur “l’école en manque d’histoire du Monde”, et beaucoup d’autres…
See on aggiornamento.hypotheses.org
Revue de presse : Décès de Wilhelm Brasse, photographe qui fixa pour l'éternité les horreurs d'Auschwitz
Wilhelm Brasse, ancien prisonnier du camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau qui sur ordre des autorités, avait pris en photo des dizaines de milliers de ses compagnons, est décédé mardi à l’âge de 95 ans à Zywiec, dans le sud de la Pologne, a déclaré à l’AFP Pawel Sawicki, un porte-parole du musée d’Auschwitz. M. Brasse a également fourni des documents sur les expérimentations pseudo-médicales du docteur Josef Mengele et d’Eduard Wirths, médecin en chef SS d’Auschwitz-Birkenau.
Dèces de Wilhelm Brasse, photographe qui fixa pour l’éternité les horreurs d’Auschwitz
L'utilisation d'Internet par les jeunes devient de plus en plus mobile | rtsinfo.ch
Les jeunes Suisses sont de plus en plus nombreux à surfer sur Internet avec leur smartphone tout en regardant un autre écran. C’est l’une des conclusions de la deuxième étude JAMES sur les habitudes d’utilisation des médias par les 12-19 ans.
L’étude montre en outre que le thème de la protection des données personnelles sur les réseaux sociaux ne cesse de gagner en importance. Ainsi, 84% des utilisateurs (57% en 2012) de ces réseaux précisent qu’ils protègent activement leur profil en en limitant l’accès.
Mettre en lumière le Moyen Age, tout un problème | Fovéa

Dans le cadre de la première édition du festival du film médiéval qui débutera mercredi 24 octobre, Léa Hermenault, doctorante en archéologie médiévale et membre de l’équipe du festival, propose un article sur l’utilisation de la lumière dans les films traitant de la période médiévale. Cet article intéressera tous les enseignants utilisant des films de fiction en classe pour traiter du Moyen-Âge.
L’utilisation de la lumière dans les films dont l’action se déroule au Moyen Âge a connu de nombreuses variations. Dans son article, Lea Hermenault divise le XXème siècle en quatre grandes périodes : les débuts du cinéma, jusqu’aux années 1930 avec une lumière très expressive qui théâtralise l’intrigue et les personnages ; une période entre les années 1930 et 1950 durant laquelle l’utilisation du technicolor oblige à sur-éclairer les séquences et durant laquelle la lumière n’est pas ou très peu signifiante ; une période entre les années 1950 et les années 1980 durant laquelle la lumière est peu travaillée ; et enfin des années 1980 à nos jours, où l’on perçoit un regain d’intérêt pour le travail de la lumière et l’installation d’ambiances particulières qui participent, à son sens, de l’évolution de l’image qui est donnée du Moyen Âge.
L’article avec de nombreuses images en exemple : Mettre en lumière le Moyen Age, tout un problème | Fovéa.
Humanités digitales à l'école : être googliser ou être acteur? | Chronique no 136
Lorsque le cinématographe, puis la télévision ont fait irruption dans nos vies, ces technologies n’ont pas manqué de susciter le ravissement et l’effroi au sein de l’institution scolaire. Ravissement de certains s’imaginant qu’en diffusant un film ou une émission de télévision, le savoir allait passer directement dans le cerveau des élèves. Effroi d’autres devant la débauche de moyens face auxquels l’enseignant seul dans sa classe ne saurait durablement régater.
J’y ai repensé tout dernièrement en accédant à la page d’accueil du Google Cultural Institute ((http://www.google.com/culturalinstitute/)) qui met en ligne des archives numériques sur les grands faits de l’Histoire du XXe siècle. Une plate-forme qui permet aux internautes de consulter librement quelque 6 millions de photos, documents textes, films, provenant de dix-sept musées et instituts culturels de différents pays. Comment réagir et se positionner face à cette puissance de feu ? Assiste-t-on à la googlisation de la culture?
Plus près de nous et plus modestement, le site suisse d’information Swissinfo.ch a publié fin août sur Internet plus de 16.000 manuscrits de programmes diffusés par le Service des ondes courtes (SOC) entre 1939 et 1945. ((http://archives.swissinfo.ch/article.php)) Ces archives du SOC ont également fait l’objet d’un premier travail d’analyse au sein d’un séminaire de 2e année organisé par la section d’histoire de l’Université de Lausanne (UNIL), dont l’un des pôles de recherche est l’Histoire audiovisuelle du contemporain. Réalisés sous la conduite de François Vallotton, professeur, et de Raphaëlle Coutaz, assistante, ces travaux de séminaires permettent notamment de mieux appréhender la politique d’information et la manière dont la Suisse a voulu présenter son image à l’étranger pendant la Seconde Guerre mondiale. Disponible sur le site de Swissinfo.ch, un article présente le travail réalisé par les étudiants de l’UNIL. ((http://www.swissinfo.ch/fre/culture/Informer,_une_mission_delicate_en_temps_de_guerre.html?cid=33122990))
Bien sûr, les expériences technologiques passées en milieu scolaire ont montré qu’il y a loin de la coupe aux lèvres tant dans le ravissement que dans l’effroi. Néanmoins, nous n’avons probablement jamais été si proche d’un basculement du monde en la matière. Le monde de la recherche universitaire l’a déjà compris lorsque l’on recense les avancées relatives aux humanités digitales formalisant la rencontre entre les Sciences humaines et l’ère technologique. Elles préfigurent la façon dont demain le savoir sera transmis.
C’est ainsi que l’Université de Lausanne et l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) multiplient depuis une année les annonces et les initiatives dans le domaines des humanités digitales. En juillet, L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) confirmait la création d’un laboratoire d’Humanités digitales et annonçait la nomination, à sa tête, du professeur Frédéric Kaplan, spécialiste de l’intelligence artificielle.
A la rentrée universitaire, infoclio.ch ((http://www.infoclio.ch)), le portail professionnel des sciences historiques en Suisse, lançait en ligne à l’intention des étudiants son Guide de l’information numérique en histoire. ((http://compas.infoclio.ch)) Ce Guide en ligne est divisé en trois chapitres : « Créer sa propre infrastructure numérique », pour présenter les programmes qui contribuent à faciliter la planification de son travail pendant ses études ; « Recherche spécialisée », pour savoir où trouver des informations et comment s’en servir ; « Soigner ses contacts et être actif ou active sur Internet », pour s’informer sur les réseaux sociaux et les autres moyens d’entretenir des contacts et d’être actif ou active sur Internet. Chaque chapitre est introduit par un petit film.
Au niveau scolaire, un projet conduit par des enseignants et formateur de la HEP Vaud prévoit de concevoir et de développer de nouveaux outils numériques (enquête sur le terrain, par exemple à travers la réalité augmentée) adaptés aux besoins pédagogiques et aux contraintes de nos enseignements en histoire, géographie et éducation à la citoyenneté faiblement dotés à la grille-horaire.
Traversons l’Atlantique avec le numéro d’Octobre de Perspectives, le bulletin de l’American Historical Association. Ce dernier numéro comporte un dossier spécial sous la forme d’articles et d’un forum en ligne consacré à l’histoire à l’ère des images digitales. Le dossier comprend une série d’articles sur l’utilisation de la technologie pour la gestion de la recherche en histoire. C’est ainsi que Carl Abbott présente la manière qui a permis aux scanners de démocratiser l’histoire. À l’ère de la surcharge d’information et les progrès technologiques, nos méthodes de recherche sont en constante évolution et, dans un autre article, Rachel Leow nous présente sa gestion avec le logiciel DevonThink de ces différents fichiers numériques ((http://www.historians.org/perspectives/issues/2012/1210/index.cfm))
Face au déferlement du numérique jusque dans le cartable de nos élèves via leurs smartphones et tablettes, il nous reste maintenant à choisir notre posture : voulons nous être googliser ou voulons nous être acteurs à l’ère des Humanités digitales?
Cet article est l’adaptation de ma chronique mensuelle du Café pédagogique. (No 136, Octobre)
Revue de presse : La Grande Guerre | Actualites de l'histoire
Certains commencent à s’agiter dans la perspective de la commémoration en 2014 du centenaire de la Grande Guerre. Voici une sélection de liens à ce propos.
Vivement que l’on pense à commémorer le centenaire de la Grande Paix.
No More Industrial Revolutions? | NYTimes.com
L’économiste Robert J. Gordon a récemment publié “Est-ce que la croissance économique américaine est terminée ?” – http://faculty-web.at.northwestern.edu/economics/gordon/Is%20US%20Economic%20Growth%20Over.pdf. Selon l’auteur, les innovations sont derrière nous. Pour lui, les 3 révolutions industrielles (la vapeur, l’électricité et l’ordinateur) ont engendré des périodes de croissances économiques de plus en plus courtes. En fait, estime-t-il, les 250 dernières années pourraient bien avoir été uniques dans l’histoire de l’humanité. La montée des inégalités, la mondialisation, la perte des avantages concurrentiels des Etats-Unis (éducation…) pourraient bien avoir raison de l’innovation.
A lire (en anglai) : No More Industrial Revolutions? – NYTimes.com. (via InternetActu)
Les Indiens à la conquête de l’Ouest | La Vie des idées
Dépasser le récit national : ce défi occupe les historiens depuis plusieurs décennies. Appliquée à l’Amérique du Nord, il a bouleversé notre compréhension de phénomènes historiques comme la « Conquête de l’Ouest ». Un historien finlandais propose, à travers l’histoire des Comanches, de pousser jusqu’au bout ce renversement de perspectives pour mettre en avant la puissance des Indigènes face aux Européens.
Le livre de Pekka Hämäläinen est paru aux presses universitaires de Yale en 2008. Hämäläinen est professeur d’histoire à l’Université de Californie à Santa Barbara puis à Oxford, formé aux universités d’Helsinki et du Nebraska. Il a rédigé un ouvrage qui correspond bien aux normes actuelles des collections historiques des presses universitaires américaines, soucieuses d’étendre leur public au delà du monde universitaire en abordant des thèmes qui entrent en résonance avec des problèmes contemporains.
La démarche d’Hämäläinen relève de ce qu’on appelle en anglais un revisionism. Il hérite cette posture et ce projet d’une génération antérieure d’historiens américains spécialistes des rapports entre indigènes et colons. Ces auteurs ont repris, pour essayer de lui tordre le cou, le vieux thème de la Frontière qui avait fait la gloire de Frederick Jackson Turner, figure centrale de l’école historique américaine au tournant du vingtième siècle dont les idées ont dominé l’histoire de l’Ouest jusque dans les années 1960.
Recensé : Pekka Hämäläinen, L’Empire Comanche, traduit de l’anglais par Frédéric Cotton, préface de Richard White. Toulouse, éditions Anacharsis, 2012, 599 p., 28 €.
Lire le compte-rendu : Les Indiens à la conquête de l’Ouest – La Vie des idées.
