Humanités digitales : Une étude multidisciplinaire apporte de nouvelles perspectives sur la Révolution Française

Les humanités digitales (Histoire, sciences du langage, informatique) au service de la recherche historique ouvrent de nouvelles perspectives à l’étude de la Révolution française.

Des chercheurs, comprenant un professeur de l’Université d’Indiana, un doctorant et un étudiant de premier cycle, ont utilisé des techniques d’exploration de données pour passer en revue les transcriptions de 40 000 discours du mandat de deux ans de l’Assemblée Nationale Constituante, première assemblée constituante française.

Une étude multidisciplinaire apporte de nouvelles perspectives sur la Révolution française
Adoptant des outils analytiques pour suivre les schémas d’utilisation des mots, ils ont découvert les principes de la Révolution Française. Les idéaux et les objectifs ont ainsi émergé et évolué dans les discours et les débats de l’assemblée.

Ils ont aussi remarqué que certains des travaux les plus influents ont eu lieu dans les coulisses des commissions. « Au début de la révolution, il y a beaucoup de nouvelles idées » rapporte Rebecca Spang, co-auteure de l’article et professeur d’histoire au College of Arts and Sciences de l’Université Bloomington de l’Indiana, « finalement, certaines d’entre elles ont collé, et les gens ont gravité autour et continué à travaillé dessus. Et c’est ce que nous appelons la révolution« .
L’étude, « Individuals, Institutions and Innovation in the Debates of the French Revolution, » (Les individus, les institutions et l’innovation dans les débats de la Révolution française) a été publiée le 17 avril 2018 dans la revue évaluée par les pairs Proceedings of the National Academies of Science, ou PNAS.
En analysant des schémas verbaux provenant des Archives numériques de la Révolution française pour déterminer à quel point ils étaient nouveaux et s’ils persistaient ou disparaissaient, les chercheurs ont fourni des preuves en faveur de l’argument selon lequel les débats dans l’assemblée ont produit les idéaux et les principes de la révolution.
Les auteurs ont analysé des textes des Archives numériques de la Révolution française en utilisant une méthode combinant théorie de l’information et une approche statistique appelée allocation de Dirichlet latente.
Ils vont publier le logiciel développé pour le projet afin que d’autres chercheurs puissent l’utiliser pour des études similaires

Source: Science Daily: « Multidisciplinary study provides new insights about French Revolution »

Lire l’article complet avec toutes les références et les liens : Une étude multidisciplinaire apporte de nouvelles perspectives sur la Révolution Française | Les Découvertes archéologiques

Créer et évaluer un jeu destiné aux élèves : des conseils pour les enseignants

Dans son numéro d’avril 2018, Ecole branchée propose deux articles consacrés aux jeux numériques dans une perspective d’apprentissage. Le but de ce dossier est de proposer des pistes de réflexion et des conseils aux enseignants qui souhaiteraient les intégrer efficacement à leur enseignement.

Dans un premier article, Mikaël Roberge présente les possibilités d’exploitation des jeux numériques pour favoriser l’apprentissage. 

Exploiter les jeux numériques pour favoriser l’apprentissage : mission possible!

L’article s’attache notamment à démêler les termes de jeux vidéos, jeux sérieux et de ludification (ou gamification).

Concernant la distinction jeux sérieux et jeux vidéo : 

«La véritable distinction entre les jeux sérieux et le jeu vidéo repose dans l’intention derrière les objectifs du jeu. Dans le cas des jeux sérieux, il y a une intention pédagogique. […]  Dans le cas des jeux vidéo commerciaux, on se centre beaucoup plus sur l’expérience vécue par le joueur. Évidemment, il y aura tout de même des apprentissages réalisés, mais ceux-ci ne seront pas nécessairement compatibles avec ceux de l’école.»

Pour la ludification (gamification) :

«Pour ce qui est du domaine de l’éducation, nous pourrions dire que la ludification est l’ajout de mécaniques ludiques à un cadre éducatif afin de le rendre plus attrayant. Bien que la ludification s’apparente au système d’émulation (système de points, récompenses, conséquences, etc.), il est à ne pas confondre avec le simple système d’émulation qui est beaucoup plus près de son homonyme du monde du marketing. La ludification se veut l’intégration à l’enseignement de différentes postures (règles, rôles, actions, etc.) et d’artéfacts (système de points, objets servant au jeu, jeux vidéo, etc.) visant à ajouter une touche ludique à une situation qui ne l’est pas forcément au départ.»

La suite de l’article s’organise de la manière suivante (avant la présentation de jeux) : 

Pourquoi utiliser le jeu numérique en classe?

  • Les bienfaits de l’apprentissage par le jeu
  • Les jeux numériques et leurs avantages

Comment intégrer les jeux sérieux en classe?

  • Par quoi commencer : détermination des objectifs d’apprentissage
  • Quoi anticiper : organiser la classe, étayer la tâche
  • Quoi évaluer : les traces du jeu

L’article est consultable intégralement en ligne : https://ecolebranchee.com/2017/05/25/exploiter-les-jeux-numeriques-pour-favoriser-lapprentissage-mission-possible/

Créer et évaluer un jeu destiné aux élèves : des conseils pour les enseignants

Dans le deuxième article, Julie Chamberland s’intéresser plus particulièrement à la création et l’évaluation de jeux destinés aux élèves, voire créer par des enseignants. L’article est destiné aux abonnés (Chamberland, J. (2018). Créer et évaluer un jeu destiné aux élèves : des conseils pour les enseignants. Ecole branchée, avril, vol 20, no 3, p. 27-29)

Je vous propose quelques éléments intéressants de l’article comprenant des références consultables en ligne.

Proposition d’un modèle générique :

Djaouti, Damien (2011). Serions Game Design Considérations théoriques et techniques sur la création de jeux vidéos à vocation utilitaire (thèse de doctorat Université de Toulouse, France). Repéré à http://thesesups.ups-tlse.fr/1458/1/2011TOU30229.pdf

Les outils d’évaluation «agiles»

L’évaluation s’inscrit directement dans les étapes de conception. Ils proposent une démarchent cyclique inspirée des méthodes du génie logiciel (dites agiles). Essentiellement, ils insistent sur l’importance du feedback qui couvrira quatre dimensions :

  1. Ludique : Le jeu est-il perçu comme tel ou plutôt comme un simple exercice ? Est-il apprécié ?
  2. Epistémique : Est-ce que les apprenants entrent réellement en interaction avec le jeu pour apprendre ? Le jeu offre-t-il un véritable défi?
  3. Ergonomique : Le jeu est-il facile à utiliser ?
  4. Contextuelle : Comment le jeu peut-il bien s’intégrer dans un scénario d’apprentissage plus vaste ?

La classe, un petit incubateur accessible

Là où Djaouti parle d’évaluation de prototype par un public cible, Stills et Sutter parlent de feedback d’utilisateurs. 

Smilax, Nicolas & Sutter Widmer, Denise (2013). L’évaluation rapide de jeux d’apprentissage : la clef de voûte de l’ingénierie ludo-pédagogique (Instructionnal Game Design). p. 24-28. Repéré à http://eductice.ens-lyon.fr/EducTice/ressources/journees-scientifiques/atelierSG-EIAH2013/ActesatelierSG-EIAH2013

On peut aussi s’inspirer de l’expérience de jeux «sérieux» reconnus tel Classcraft ou Scolab.

Crédit image : Pixabay. CC0 Creative CommonsLibre pour usage commercial. Pas d’attribution requise.

Quand Aarau était la capitale de la République helvétique

Il y a 220 ans, Aarau eut l’honneur d’être le centre politique de la Suisse, ce qui suscita une grande euphorie dans la ville. Elle ne garda ce statut de capitale que pendant cinq mois environ. Le blog du Musée national suisse revient sur cette période.

En 1798, Aarau se trouve prise dans un extraordinaire tourbillon d’événements. En janvier, les émissaires confédérés se réunissent dans la cité des bords de l’Aar pour leur dernière Diète fédérale. Ils entendent renouveler une nouvelle fois les anciennes alliances en prévision de l’imminence de l’invasion française. Mais à peine ont-ils quitté la ville fin janvier que cette localité sujette de Berne, jusqu’ici si tranquille, se soulève: les bourgeois se libèrent de la tutelle bernoise et, dès le 1er février, dansent autour d’un arbre de la liberté planté à la hâte. La levée de troupes bernoises suffit à endiguer la poussée libertaire des Argoviens – mais seulement jusqu’à la victoire française du 5 mars au Grauholz, qui marque la disparition de l’ancienne Confédération.

Les délégués des cantons favorables à la révolution conviennent de se réunir de nouveau à Aarau début avril pour fonder une République helvétique à l’image du modèle français. La petite ville, qui compte à peine 2500 habitants à l’époque, se retrouve ainsi propulsée au cœur des activités révolutionnaires. Dès le 4 avril, Aarau est nommée capitale provisoire de la nouvelle République. Quelles sont les raisons de cet honneur inattendu? L’atmosphère insurectionnelle! La grande majorité de la bourgeoisie attendait en effet depuis longtemps cet instant libérateur: jouissant d’une bonne formation et d’une situation relativement aisée, les Argoviens sentent que le moment de se débarrasser enfin de la tutelle bienveillante de « Leurs Excellences bernoises » et de jouer un rôle conforme à leur statut dans la politique fédérale est enfin venu. Car jusqu’alors, la carrière politique et économique des Argoviens s’arrêtait aux portes de la ville. Arborant désormais la cocarde de couleur à leur chapeau, ils se jettent à corps perdu dans l’aventure démocratique.

Lire l’article complet : Quand Aarau était la capitale de la République helvétique

Le P’tit Libé – mai 68

Cette semaine LE P’RIT LIBÉ, l’actu des grands expliquée aux enfants, consacre son numéro à Mai68.

Il y a 50 ans, en mai 1968, des millions de personnes ont arrêté de travailler et ont manifesté dans toute la France. Cet événement s’appelle Mai 68. Il a été lancé par des étudiants puis a touché toutes les professions. Ces personnes voulaient une vie meilleure et rejetaient le monde dans lequel elles vivaient : elles le trouvaient injuste. Que s’est-il passé exactement ? Pourquoi en parle-t-on encore aujourd’hui et est-ce que ce grand mouvement de révolte a changé des choses ? Cette semaine, je te fais revivre ce grand événement qui a secoué le pays.

Ce numéro plaira également aux grands.

Lien : Le P’tit Libé – mai 68

Documents diplomatiques suisses (DoDis) : «La révolte des jeunes»

« 1968» a eu lieu non seulement à Paris et à Prague, mais également à Louvain, Lund, Londonderry ainsi qu’à Goiânia, Mansourah et Rawalpindi. De leurs postes dans le monde entier, les diplomates suisses perçoivent les protestations des jeunes dans plusieurs pays comme un mouvement global. Ils font rapport à la centrale à Berne sur les contextes nationaux spécifiques et les conditions parfois très différentes qui ont conduit aux révoltes, mais aussi sur les influences et projections réciproques, les motivations communes, les stratégies, les craintes et les espoirs partagés.

Le volume 9 de la série Quaderni di Dodis présente les rapports des ambassadeurs suisses de 22 pays d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Nord et du Sud, ainsi qu’une étude réalisée par des stagiaires du Département politique fédéral sur la «révolte des jeunes». Les sources écrites sont complétées par une documentation photographique sur l’invasion de Prague par les troupes soviétiques en août 1968. L’appareil critique relie les documents aux ressources de la base de données en ligne Dodis. Le recueil se veut une contribution à la discussion sur l’analyse historique du mouvement global des protestations de 1968.

Pour le livre: www.dodis.ch/q9

Source : «La révolte des jeunes» | dodis.ch

Le Canada accusé d’avoir mené des expériences sur les populations autochtones

Entre les années 1930 et 1970, les Autochtones placés dans des réserves ou des pensionnats auraient été utilisés pour tester de nouveaux vaccins ou traitements. L’affaire est aujourd’hui portée devant la justice.

Depuis la reconnaissance en 2015 par la Commission de vérité et réconciliation du Canada d’un génocide culturel mené par le gouvernement à l’encontre des populations autochtones à travers sa politique d’assimilation forcée, la situation des Autochtones ne s’est guère améliorée, et leurs luttes pour la reconnaissance et l’égalité continuent.

Une action collective devant une cour de la province de la Saskatchewan met en cause le gouvernement canadien pour des expériences médicales qui auraient été conduites sur des indigènes dans les réserves, les pensionnats, les hôpitaux indiens et les sanatoriums, sans leur consentement, entre les années 1930 et 1970.

Selon le recours, déposé par le Merchant Law Group (MLG) qui réclame une compensation financière pour les personnes affectées, le gouvernement aurait maintenu une politique de soin discriminatoire envers les Autochtones, soumis à des traitements et des procédures inadéquates et de qualité inférieure, dans le cadre d’un système de santé ségrégé mis en place entre 1945 et le début des années 1980.

Source : Le Canada accusé d’avoir mené des expériences sur les populations autochtones | Slate

Image : Des enfants au pensionnat indien de Fort Simpson, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada, en 1922 | Wikimedia Commons License by

Paroles d’histoire

« Paroles d’histoire » est un podcast lancé en avril 2018, ouvert à toutes les périodes et toutes les approches qui permettent de réfléchir au passé, et à ses liens avec le présent. En invitant des historiennes et des historiens, Paroles d’histoire discutera de livres récents ou classiques, d’historiographie et de méthodologie, de débats et de controverses, et de tous les usages possibles de l’histoire, des plus savants aux plus courants, à l’école, au musée, à la télévision, sur internet.

Via l’oral, l’écrit reste au cœur de « paroles d’histoire »: lire, faire lire, donner des idées de lecture, partager et discuter autour des livres en sont des buts essentiels. Pour cela, chaque épisode se termine par un conseil de lecture, en histoire ou au-delà, que l’on retrouve sur le site, comme toutes les références mentionnées.

Tous les épisodes sont disponibles en téléchargement et en écoute directe, et il est possible de s’abonner (iTunes, Stitcher, Google play, etc.). Nouveaux épisodes tous les mercredis.

Paroles d’histoire est un podcast animé et bricolé par André Loez.

Le site : Paroles d’histoire

Visualiser notre consentement au CGU

François Jourde nous propose un très intéressant article sur les CGU que nous approuvons lorsque nous nous inscrivons sur une plateforme en ligne. La fin de son article propose des initiatives concrètes à l’utilisateur que nous sommes pour éviter de signer les yeux (trop) fermés.

Nous avons tous été confrontés à la tâche fastidieuse d’examiner les conditions générales d’utilisation (CGU) des différents services et applications que nous utilisons. De fait, cocher la case « J’ai lu et j’accepte les conditions » devient un geste largement formel, automatique et aveugle. Les utilisateurs acceptent des pages de jargon juridique, sans comprendre (ou sans pouvoir comprendre) les obligations contractuelles auxquelles ils s’engagent, sans pouvoir non plus les négocier (situation du type « take it or leave it » ou encore de « chantage au service »). […]

On peut voir en cela une « fabrique du consentement » (pour reprendre le titre Noalm Chomsky et Edward S. Herman : Manufacturing Consent). Bien loin d’une promotion d’un consentement libre et éclairé (comme y engage le RGPD), on peut voir ici la promotion d’un « consentement assisté » (voir à ce sujet les analyses de Lionel Maurel).

[…]

Des initiatives pour éduquer et donner du pouvoir aux personnes

Des organisations proposent aussi des guides permettant de clarifier les conditions d’utilisation, telles que net-aware.org.uk.

On peut aussi imaginer et promouvoir un système de labels permettant d’identifier rapidement le degré de protection des données personnelles garantit par chaque grand service. C’est ce qu’entreprend notamment tosdr.org, avec une échelle allant de très bon (Classe A) à très mauvais (Classe E). Leur slogan :

“I have read and agree to the Terms” is the biggest lie on the web. We aim to fix that »

Ces initiatives permettront d’accompagner le travail des éducateurs, parents et enseignants.

Source et article complet : Visualiser notre soumission aux CGU | Site de François Jourde

Photo : Dima Yarovinsky

Les « victimes » de l’évaluation Jean-Marc Monteil – YouTube

Cette intervention de Jean-Marc Monteil devrait être visionnée par tout (futur) enseignant et être regardée au moins une fois par année.

Jean-Marc Monteil a une longue expérience de l’enseignement et de ses problèmes : dans l’enseignement secondaire d’abord, comme professeur d’université ensuite (il a également enseigné à l’étranger), enfin, en tant que responsable institutionnel (Président d’université, puis Recteur d’académies). Il a aussi une grande pratique de la recherche. Spécialiste des sciences du comportement, il a publié une centaine d’articles scientifiques et une vingtaine d’ouvrages. Membre de nombreux comités scientifiques, il a fondé et dirigé un laboratoire CNRS.
Evaluations et catégorisations initiales : effets sur l’attention et les performances cognitives. L’évaluation des élèves constitue le quotidien de l’enseignement. Que savons-nous de ses effets sur les apprentissages? Sur la motivation scolaire? Quelles modalités privilégier?
— À lire sur m.youtube.com/watch

De l’esclave à la négritude : une histoire du mot « Noir »

Vidéo | En cette journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, voici un retour en vidéo sur l’histoire de la désignation de « Noir » et ses usages depuis l’Antiquité ; un vocale qui forme avec le mot « Blanc » le revers d’une même médaille coloniale.

L’histoire de la désignation de « Noir » et de ses usages depuis l’Antiquité révèle des aléas dont le nœud se situe au paroxysme de la traite négrière, au XVIIe siècle.

Source et lire la suite : De l’esclave à la négritude : une histoire du mot « Noir » | France Culture

Source de l’image : Pantins, couple de Noirs, 1er quart du 20e siècle• Crédits : © Conservation des musées et expositions de sites du Parc naturel régional des Vosges