Pologne: Hommage aux héros du ghetto de 1943 sur fond de tensions actuelles

Le président polonais Andrzej Duda a rendu hommage jeudi aux héros du soulèvement du ghetto de Varsovie de 1943, tout en rappelant le rejet par son pays des accusations concernant l’attitude des Polonais à l’égard des Juifs sous l’occupation allemande.

Parallèlement aux commémorations officielles, quelques centaines de personnes ont participé à une manifestation au son de chansons en yiddish, pour montrer qu’elles s’opposent à « la récupération des cérémonies anniversaires par les politiciens« .

On y a lu une déclaration d’il y a quarante ans de l’un des chefs de l’insurrection, Marek Edelman. Il y expliquait pourquoi il refusait de participer aux commémorations officielles, qui, selon lui, faussaient l’histoire.

Des personnes rassemblées devant le monument aux Héros du Ghetto, des jonquilles à la main, le 19 avril 2016 à Varsovie © WOJTEK RADWANSKI AFP/Archives

Dans l’après-midi, sur une place du quartier, la fondation Shalom devait inaugurer « l’arbre des larmes« , un saule pleureur dont les feuilles sont censées symboliser les larmes des mères juives qui avaient dû se séparer de leurs enfants pour les sauver à l’heure de la Shoah.

Mais le symbole le plus visible pour les habitants de Varsovie sera les jonquilles épinglées sur leurs vêtements, une tradition récente, mais qui se renforce d’année en année.

C’est Marek Edelman, décédé en 2009, qui a créé cette tradition, allant chaque année déposer un bouquet de jonquilles au monument aux Héros du ghetto.

Par la couleur et la forme, les jonquilles font également penser à l’étoile jaune obligatoire imposée aux Juifs par les Allemands pendant la guerre.

Source : Pologne: Hommage aux héros du ghetto de 1943 sur fond de tensions actuelles

La guerre d’Algérie, une histoire de femmes | Le Progrès

Auteur de bandes dessinées humoristiques destinées au jeune public, le Lyonnais Swann Meralli s’associe à l’illustrateur stéphanois Zac Deloupy pour s’attaquer à un nouveau genre. Avec « Algériennes 1954-1962 », le binôme livre un récit imagé de la guerre d’Algérie, version féminine.

Il aura fallu près d’un an de recherches – lectures d’ouvrages historiques, lettres de soldats, visionnage de films et documentaires – avant que Swann Meralli ne se lance dans l’écriture du scénario de sa bande dessinée «Algériennes 1954-1962». Un récit imagé de la guerre d’Algérie, dont il livre une version féminine.
«Les dates, les noms des grands hommes politiques et militaires qui ont joué un rôle clé… ce n’est pas ce qui m’intéresse dans cette guerre. Ce qu’ont vécu les gens au jour le jour, beaucoup plus. Et quitte à parler d’un tabou, autant lui associer un deuxième sujet sensible à l’époque : la parole des femmes.»

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« Puisque les hommes ne parlent pas, j’irai voir les femmes »

«J’ai eu envie d’en savoir plus, de crever l’abcès pour faire exploser ce silence. Un silence qui s’est mis à résonner étrangement, comme un vacarme, la tête trop pleine d’absence». Béatrice, 50 ans passés, apprend qu’elle est enfant d’appelé. Comme près d’un million et demi de Français approchant la vingtaine, son père a été envoyé en Algérie pour effectuer son service militaire, alors que le pays était en plein conflit. De cette guerre « sans nom », il ne veut plus entendre parler. «Pourquoi une guerre qui a été plus longue que la Seconde Guerre mondiale est si peu présente dans nos mémoires ?», s’interroge sa fille. Elle veut savoir, comprendre ce qui se cache derrière le mutisme de son père.
« Puisque les hommes ne parlent pas, j’irai voir les femmes ». Pour se faire une idée de cette guerre, Béatrice en rencontre tous les acteurs. Telle une détective, carte/téléphone/carnet de notes/nourriture étalés sur le siège passager, Béatrice sillonne l’Algérie au volant de son auto.

« Algériennes 1954 -1962 », de Swann Meralli (scénariste) et Zac Deloupy (illustrateur), aux éditions Marabulles, 17,95 €.

Lire la suite de l’article : La guerre d’Algérie, une histoire de femmes | Le Progrès

« Il n’y a pas d’innovation numérique sans innovation pédagogique » | France culture

Serge Tisseron s’entretient avec Pascal Plantard, anthropologue des usages éducatifs des technologies numériques.

« Ma crainte vis-à-vis des neurosciences serait qu’elles se transforment en ultra-comportementalisme ou en un behaviorisme de base à la Skinner où elles serviraient à décliner des méthodes à appliquer qui feront énormément de dégâts puisque que les situations éducatives sont plurielles. » 

Source : « Il n’y a pas d’innovation numérique sans innovation pédagogique »

Crédit image : Pixabay. CC0 Creative Commons. Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

Le négationniste Robert Faurisson débouté de son procès contre « Le Monde »

Il est permis de dire que l’ancien professeur de lettres de 89 ans est un « menteur professionnel » et un « faussaire de l’histoire », a confirmé, jeudi, la cour d’appel de Paris.

Le négationniste Robert Faurisson est bien un « menteur professionnel », un « falsificateur » et un « faussaire de l’histoire » : la cour d’appel de Paris a confirmé sans ambiguïté, jeudi 12 avril, le jugement qui avait débouté le 6 juin 2017 l’ancien professeur de lettres de sa plainte en diffamation contre Le Monde. La cour estime que, si ces qualificatifs sont certes diffamatoires, la journaliste du quotidien Ariane Chemin a rapporté la preuve « parfaite, complète et corrélative aux imputations diffamatoires, dans leur matérialité et leur portée ». Cette « exception de vérité », extrêmement rare en droit de la presse, grave dans le marbre une décision « d’une grande portée », avait déjà déclaré l’historien Henry Rousso.

— À lire sur www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/04/13/le-negationniste-robert-faurisson-deboute-de-son-proces-contre-le-monde_5285249_1653578.html

Apprendre grâce à la réalité augmentée | ICI.Radio-Canada.ca

Osmo est une entreprise californienne de la Silicon Valley qui développe des jeux éducatifs pour enfants en utilisant la réalité augmentée.

Fondée par deux anciens de Google, l’entreprise a conçu son modèle d’affaires autour de la technologie de lecture numérique d’un livre développé par Google Books. En installant un miroir au-dessus de la caméra d’un iPad, celle-ci est redirigée vers la table devant elle et permet une interaction entre ce qui s’y trouve et l’application.

À partir de là, avec l’apport de l’intelligence artificielle, on peut comprendre ce qui se passe autour.

Osmo s’est consacré aux jeux pour enfants pour des raisons d’abord techniques, mais aussi pour ouvrir le monde numérique au monde réel : celui des sens. Les enfants peuvent ainsi interagir avec un ordinateur, tout en développant leurs capacités motrices et leur perception spatiale.

Dans les jeux développés par Osmo on apprend à dessiner, à converser ou encore à coder avec des mises en situation ludiques et éducatives.

— Lire l’article sur ici.radio-canada.ca/nouvelle/1094555/osmo-jeux-educatifs-en-realite-augmentee

Légende et crédit image : Une fillette apprend les rudiments du codage grâce à un jeu Osmo. Photo : Gracieuseté

Révolte au Collège de Montréal : prélude à la rébellion des Patriotes | Radio Canada

Une très intéressante chronique relativement à l’histoire de l’éducation, de la question démocratique au sein de l’institution scolaire et également en lien avec une histoire genrée éducative. De plus, elle entre en écho avec les commémorations de Mai 68.

En 1830, alors que le Parti patriote cause tout un remue-ménage au Parlement du Bas-Canada, le vent révolutionnaire souffle aussi dans les classes du Collège de Montréal et y attise le feu de la rébellion, raconte l’historien Jean-François Nadeau.

« C’est intéressant, je trouve, de voir à quel point, dans l’histoire de l’éducation, on a parfois des reflets très forts de ce qui se passe dans nos sociétés », affirme-t-il.

À l’automne 1830, les élèves du Collège de Montréal décident qu’ils en ont assez de l’oppression de leurs supérieurs, les Sulpiciens, et demandent la fin des punitions corporelles. « Il y a, semble-t-il, un régime discrétionnaire qui ne doit pas être très loin du régime pénitencier pour ces étudiants-là », souligne Jean-François Nadeau.

Partisans de l’autodétermination et détracteurs de la monarchie, les étudiants installent sur l’édifice le drapeau républicain, symbole de la Révolution française, et pendent en effigie l’un de leurs supérieurs à sa façade.

Lire la suite, mais surtout à écouter  Révolte au Collège de Montréal : prélude à la rébellion des Patriotes | Le 15-18

Crédit image : L’ancien Collège de Montréal, situé rue Saint-Paul, où a eu lieu la révolte des étudiants de 1830. Photo : Les Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal

41% des Américains ne savent pas ce qui s’est passé à Auschwitz

Un sondage réalisé aux Etats-Unis révèle la méconnaissance de la population américaine sur l’horreur de la Shoah.

Malgré le travail de commémoration des musées et des associations, 41% des Américains ne connaîtraient pas le nom d’Auschwitz, selon un sondage dont les résultats ont été publiés par le New-York Times jeudi 12 avril. Un constat qui touche essentiellement les Millénials : Ils sont 66% parmi les plus jeunes sondés à ignorer l’existence du tristement célèbre camp d’extermination.

La mémoire s’efface

« Le problème n’est pas que les gens nient l’Holocauste; le problème est qu’il s’efface de la mémoire « , explique Greg Schneider, vice-président exécutif de Claims Conference, une organisation d’associations juives à l’origine de l’étude.

L’enquête menée sur 1 350 adultes Américains révèle des lacunes alarmantes sur l’enseignement de la Seconde Guerre Mondiale dans les établissements scolaires. Ils seraient, en effet, 31% à évaluer le nombre de victimes juives à deux millions quand le génocide s’élève en réalité à six millions de morts. Et seulement 39% à savoir que Hitler a été élu démocratiquement.

Commentaire :

S’il s’agirait également de prendre en compte la place de l’histoire générale dans les cursus scolaires américains, nous pouvons légitimement nous interroger sur les résultats d’un tel sondage qui serait organisé auprès de nos élèves.

A noter que, dans le contexte actuel, ce n’est pas seulement la question du niveau connaissances factuelles qui est susceptible de nous inquiéter, mais aussi de la connaissance des mécanismes ayant conduit à une telle horreur.

Dans ce cadre-là, il convient de souligner que le Plan d’étude romand prévoit que le thème de la Shoah soit enseigné tant au cycle 2 (primaire) qu’au cycle 3 (secondaire). Un effort spécifique mérite d’être entrepris pour proposer des séquences d’enseignement et une diversité de matériel permettant aux enseignants d’aborder cette thématique. Cette thématique reste une question sociale vive en Suisse en raison de l’attitude de la Suisse officielle à l’égard des Juifs cherchant refuge dans notre pays.

Concernant la situation de la Suisse relativement à la Shoah, il faut saluer le fait qu’en 2004 la Suisse a rejoint l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), qui compte aujourd’hui 31 États membres et qui a pour but de promouvoir la mémoire, la recherche et l’éducation à propos de la Shoah. Assumant en 2017 la présidence, la Suisse a notamment organisé par l’entremise de à la Haute école pédagogique du canton de Vaud1 les journées d’étude internationales « Enseignement et apprentissage de la Shoah: pratiques et expériences dans le monde scolaire » du 22 au 23 janvier 2018. Nous en avons largement rendu compte ici2.

La question de l’enseignement et de l’apprentissage relatifs à la Shoah se pose ainsi dans de nombreux contextes nationaux, chaque pays y apportant des réponses différentes en fonction de sa propre histoire et de son rapport au passé. Néanmoins, de cette diversité des approches, il en ressort qu’au cœur généralement des démarches présentées en janvier, le recours, sous divers formes, aux témoignages tend à offrir aux élèves une multiplicité de point de vue (multiperspectivité) à partir desquels ces derniers peuvent accéder à une intelligibilité de la Shoah.

Source du sondage : LesInrocks – 41% des Américains ne savent pas ce qui s’est passé à Auschwitz

  1. En collaboration avec la Haute école pédagogique de Lucerne. ↩
  2. Vous pouvez également consulter le compte-rendu que j’en ai fait dans ma chronique mensuelle du mois de février 2018 dans le Café pédagogique : http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/schumaines/histoire/Pages/2018/180_lachronique.aspx. ↩

Pour une écriture vidéoludique de l’Histoire (14-18)

La Première Guerre Mondiale peut-elle être représentée par le jeu vidéo ? C’est l’une des questions qui seront posées lors d’une journée d’étude interdisciplinaire à l’Université Bordeaux-Montaigne le 12 avril 2018.

Argumentaire scientifique

Objet d’étude transdisciplinaire à partir duquel les différentes disciplines qui constituent les sciences humaines et sociales peuvent être observées sous un nouvel angle, le jeu vidéo suscite aujourd’hui de plus en plus l’intérêt du monde académique. Ce mouvement d’intérêt actuel envers un média jadis méprisé s’inscrit à la fois dans l’affirmation du poids économique du secteur, mais aussi dans ses formes de légitimation culturelle. De fait, il apparaît évident que les sujets traités à partir d’autres industries culturelles comme le cinéma peuvent aussi bien l’être à partir du jeu vidéo.

Dans le cadre de la commémoration du Centenaire de la Grande Guerre, l’École Doctorale Montaigne-Humanités (Université Bordeaux-Montaigne) encadre le 12 avril 2018 une journée d’étude interdisciplinaire centrée sur la représentation vidéoludique de l’Histoire et plus particulièrement sur celle de la Première Guerre mondiale. En autorisant le joueur à devenir acteur de l’Histoire (agentivité), dans des représentations virtuelles photo-réalistes mettant en scène les différents théâtres d’opérations qui ont façonné le visage du monde au début du XXe siècle, le jeu vidéo questionne l’Histoire. En utilisant des images d’archives dans ces récits interactifs, comme ce fut le cas dans Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre ; en faisant appel à des historiens pour conseiller et apporter leur expertise ; en essayant d’être le plus fidèle possible aux faits qui ont eu lieu il y a de ça 100 ans, le jeu vidéo n’est-il pas aujourd’hui un moyen, tout comme le cinéma de fiction et documentaire, de représenter l’Histoire, d’en apporter une nouvelle écriture, une nouvelle dimension ?

Pour paraphraser Marc Ferro, le problème ici est « de se demander si le [jeu vidéo modifie] ou non notre vision de l’Histoire, étant entendu que l’objet de l’Histoire n’est pas seulement la connaissance des phénomènes passés, mais également l’analyse des liens qui unissent le passé au présent, la recherche des continuités, des ruptures » (Ferro, 1993 ; 217). L’objectif premier de cette journée consiste à penser l’Histoire autrement ; à soulever l’hypothèse selon laquelle le jeu vidéo peut se penser comme un outil de l’Histoire. Dans quelle mesure, avec des jeux comme Soldats Inconnus et plus récemment, Battlefield 1, le jeu vidéo se dote-t-il également doté d’une dimension pédagogique ?

Se côtoieront des spécialistes, chercheuses et chercheurs venus tout droit d’horizons différents et dont la complémentarité permettra d’envisager l’Histoire par le biais de l’interdisciplinarité.

Source et programme détaillé : Pour une écriture vidéoludique de l’Histoire (14-18) | Ecole doctorale Université Bordeaux Montaigne

“Comment les Polonais ont tué les Juifs”

Un filet de sang sur une étoile de David et cette phrase : “Comment les Polonais ont tué les Juifs”. C’est la une choc de l’hebdomadaire polonais libéral Newsweek paru ce lundi 9 avril et consacré au “sort des Juifs dans certaines régions de la Pologne occupée [par l’Allemagne, durant la Seconde Guerre mondiale]”.

C’est aussi le titre d’une somme fraîchement publiée par le Centre d’études sur l’extermination des Juifs, sous la coordination des chercheurs Barbara Engelking et Jan Grabowski.

Cette recherche et ce dossier paraissent alors qu’est entrée en vigueur en Pologne le 1er mars la “loi sur la Shoah”. Cette loi prévoit une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison contre “toute personne attribuant à la nation ou à l’État polonais, de façon publique et en dépit des faits, la responsabilité ou la coresponsabilité pour les crimes nazis […] ou d’autres crimes contre l’humanité”.

Lire la suite : “Comment les Polonais ont tué les Juifs” | Courrier international

Politique étrangère suisse 1973-1975 – le nouveau volume des Documents Diplomatiques suisses est là! | dodis.ch

La question palestinienne et la crise au Proche-Orient confluent au cœur de la politique extérieure de la Suisse des années 1970. La guerre du Kippour (doc. 47, dodis.ch/39249) et l’embargo sur le pétrole des pays arabes enraient dès 1973 l’ensemble du système économique occidental. La crise énergétique et économique rompt ainsi la haute conjoncture qui caractérise les trente années de l’après-guerre et donne le ton du volume 26 des Documents Diplomatiques Suisses (DDS), nouvellement paru, sur les relations internationales de la Suisse de 1973 à 1975. Cette édition comprend des télégrammes, des circulaires, de la correspondance entre les représentations diplomatiques suisses et la centrale à Berne, des procès-verbaux des réunions du Conseil fédéral ainsi que des notices et des documents de travail de différents départements. Ces sources mettent en lumière les multiples facettes des activités politiques et économiques extérieures.

La présentation du volume : Politique étrangère suisse 1973-1975 – le nouveau volume est là! | dodis.ch

Crédit image : dodis.ch