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Nos ancêtres les Celtes à l’honneur dans une grande exposition sur La Tène

Le Laténium, le musée d’archéologie de Neuchâtel, consacre une exposition à La Tène, ce site archéologique romand devenu une référence mondiale pour la richesse de ses objets issus de la civilisation celtique. A voir jusqu’au 8 janvier 2023.

Nos ancêtres les Celtes à l’honneur dans une grande exposition sur La Tène

En 1857, sur les rives du lac de Neuchâtel, un pêcheur aperçoit quelque chose au fond de l’eau. En une heure, il trouve plus de quarante objets issus de la préhistoire celtique. L’homme vient de découvrir un gisement archéologique majeur qui va donner lieu à de nombreuses campagnes de fouilles qui rythmeront les décennies et, aujourd’hui, à une exposition intitulée « Entre deux eaux. La Tène, lieu de mémoire », qui se tient jusqu’au 8 janvier 2023 au Laténium, parc et musée d’archéologie de Neuchâtel.

Pour la première fois, la quasi-totalité des trouvailles abritées dans les dépôts du Laténium sont dévoilées, dans une mise en scène qui présente l’envers du décor de la recherche archéologique et du soin apporté aux collections.

« Entre deux eaux. La Tène, lieu de mémoire », Laténium, parc et musée d’archéologie de Neuchâtel, jusqu’au 8 janvier 2023.

Source de l’info : Nos ancêtres les Celtes à l’honneur dans une grande exposition sur La Tène | RTS

À l’ombre de l’histoire des autres de Camille Lefebvre

Dans cet ouvrage, Camille Lefebvre, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de l’histoire du Sahel et du Sahara central depuis le XVIIIe siècle, écrit dans cet ouvrage l’histoire de ses quatre grands-parents.

À l’ombre de l’histoire des autres

Présentation de l’ouvrage par l’éditeur

Quel regard une historienne porte-t-elle sur un passé qui lui est proche, si proche qu’il est le sien ou celui des siens ? De quelle manière la mémoire familiale et la profession historique peuvent-elles se nouer l’une à l’autre, sans se confondre ?

Entre archives publiques et privées, entretiens et travaux scientifiques récents, Camille Lefebvre reconstitue les trajectoires de ses quatre grands-parents, hommes et femmes ordinaires trébuchant sur des événements extraordinaires. Se dessinent des parcours de chair et d’os, qui relient Oran aux confins de la Bessarabie, les campagnes de la Seine-Inférieure aux prisons franquistes.

Le récit de ces vies marquées, parfois brisées, par les pogroms, la colonisation, les guerres, la Shoah, l’engagement communiste et la Résistance, illustre ce que peut nous faire l’histoire, mais aussi ce que nous pouvons faire d’elle.

Commentaires de Blaise Truong-Loï dans Lectures

Reposant sur des dépouillements archivistiques, des témoignages autobiographiques, des entretiens oraux et des récits familiaux ainsi que sur d’abondantes références bibliographiques, ce livre est avant tout une riche et dense enquête de sciences sociales.
[…]
Un autre intérêt majeur de cet ouvrage réside dans ses choix et ses réflexions méthodologiques. […] À l’ombre de l’histoire des autres se signale par la manière dont il utilise les mémoires familiales. Il ne se contente pas de mobiliser ces dernières comme une source mais en fait plutôt l’objet même de son enquête. La convocation d’archives, de ressources numériques ou d’ouvrages scientifiques permet d’étudier la genèse et le sens de ces mémoires qui composent l’histoire familiale de l’autrice, y compris (et même surtout) dans leurs silences.

Le compte-rendu : https://journals.openedition.org/lectures/55019#ftn4

Paroles d’histoire : Passé familial, enquête historienne, avec Camille Lefebvre

Pour André Loetz, dans l’épisode 248 de son podcast Paroles d’histoire, cet ouvrage pourrait être donné aux étudiant•es comme initiation à l’histoire contemporaine en raison de quatre terrains très différents d’archives comportant des dynamiques politiques, sociales qui sont intéressantes. Il s’agit de quatre familles confrontées à des logiques brutales de modernisation dans le dernier tiers du XIXe siècle.
Ce podcast est l’occasion d’entendre Camille Lefebvre parler de son ouvrage.
Le déroulement de cet épisode :

  • Introduction (00 :00)
  • À l’ombre de l’histoire familiale (1:00)
  • Un livre faisant suite à des enquêtes historiennes et familiales de plus en plus nombreuses (2:30)
  • Une démarche qui teste les limites du travail historique (6:00)
  • Les différentes strates de documentation et leurs ambiguïtés (8:00)
  • Les paradoxes du vrai et du faux des archives officielles et familiales (12:00)
  • Extrait : portrait de Mariano Peña Hernando, lu par Anna Kubišta (17:00)
  • Les surprises documentaires et biographiques en cours d’enquête (18:30)
  • Un rapport au passé intense à la génération des parents (26:30)
  • La question des langues, transmises ou non transmises, au cœur de l’enquête (28:00)
  • Une enquête nourrie par l’entraide et l’apprentissage d’autres historiographies (31:00)
  • Quatre familles confrontées à des logiques brutales de modernisation dans le dernier tiers du XIXe siècle (33:00)
  • Les rapports familiaux à la judéité et au communisme, longtemps très structurants (36:15)
  • Peut-on avoir peur de ce qu’on va trouver aux archives ? (41:00)

Vers le podcast : https://parolesdhistoire.fr/index.php/2022/05/16/248-passe-familial-enquete-historienne-avec-camille-lefebvre/

Vers l’ouvrage

Lefebvre, C. (2022). À l’ombre de l’histoire des autres, Paris, EHESS, coll. « Apartés », 180 p. EAN : 9782713228902.

Pour commander l’ouvrage auprès de l’éditeur : http://editions.ehess.fr/fr/ouvrages/ouvrage/a-lombre-de-lhistoire-des-autres/

Camille Levebvre

© Silvia Pourquié

L’histoire du Sahel et du Sahara central du XVIIIe au XXe siècle constitue le principal champ d’investigation de Camille Lefebvre. Titulaire en 2008 d’une thèse d’histoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, elle intègre en 2010 comme chargée de recherche l’Institut des mondes africains (Imaf). Spécialiste de l’Afrique de l’Ouest, elle a mené de nombreuses missions au Niger. Ses travaux, traitant des frontières, des pratiques de l’espaces et de la construction des savoirs géographiques, contribuent à la fois au développement des connaissances sur ces régions du monde et au renouvellement de l’histoire de la colonisation. Issu de son travail de thèse, l’ouvrage Frontières de sable, frontières de papier. Histoire de territoires et de frontières, du Jihad de Sokoto à la colonisation française du Niger, XIXe-XXe siècles, qu’elle publie en 2015 est unanimement salué par ses pairs. Camille Lefebvre poursuit des recherches ancrées dans les terrains saharo-sahéliens, marquées par une attention aux manières locales de dire et de penser le monde et s’intéressant dans un même mouvement à l’histoire des XVIIIe et XIXe siècles et à celle de la colonisation au XXe siècle. Elle est par ailleurs membre du comité de rédaction des Annales et rédactrice en chef adjointe de la revue Afriques. Débats, méthodes et terrains d’histoire.

Source : https://www.cnrs.fr/fr/personne/camille-lefebvre

Culture populaire et pouvoir : enseigner l’éducation aux médias dans une perspective de justice sociale

L’éducation aux médias considère traditionnellement les médias de masse comme étant manipulateurs envers les jeunes qui, par conséquent, ont besoin de « compétences » en matière de lecture attentive. En revanche, l’ouvrage Pop Culture and Power: Teaching Media Literacy for Social Justice l’envisage comme une pratique dynamique, façonnée par son contexte social et culturel. Les auteurs développent un cadre pour analyser le pouvoir dans ses diverses manifestations, en soutenant que le pouvoir fonctionne à travers la culture populaire. Pop Culture and Power explore ainsi l’engagement médiatique comme une opportunité de promouvoir le changement social.

Voyant la culture populaire comme une opportunité d’enseignement plutôt que comme une menace, Dawn H. Currie et Deirdre M. Kelly ont travaillé avec des éducateurs de la maternelle à la 12e année pour étudier comment la culture populaire peut soutenir l’enseignement de la justice sociale. Currie et Kelly ont commencé la recherche pour ce projet par un séminaire de formation des enseignants sur l’analyse des médias où les participants ont conçu des activités en classe en utilisant des jeux de société, des films populaires, des clips musicaux et des publicités. Ces activités ont ensuite été testées dans les classes des participants, ce qui a permis aux auteurs d’identifier et de traiter les problèmes pratiques rencontrés par les étudiants apprenants. Des études de cas décrivent la conception, la mise en œuvre et l’évaluation rétrospective d’activités engageant les apprenants dans l’analyse et la production de médias. Après les études de cas, les auteurs examinent comment leur approche peut favoriser les pratiques éthiques lors de l’engagement dans l’environnement numérique.

Pop Culture and Power offre des outils théoriques et pratiques qui peuvent aider les éducateurs à préparer les jeunes à s’engager dans notre monde de plus en plus complexe de création de sens par les médias.

La Table des matières :

1. Teaching for Social Justice: Pop Culture in the Classroom
2. Agency and Power as Media Engagement
3. Pop Culture and Power: Teaching as Research
4. The Monopoly Project: Meaning Making through Board Game Production
5. The Hunger Games: Using Popular Film to Learn about Power
6. Celebrity Marketing: Gender Performances in Popular Music
7. Are You Being Hailed? Advertising as a Venue for Critical Media Literacy
8. Agency Revisited: Pop Culture in a Participatory Classroom
9. Power Revisited: Harnessing Media Engagement to Social Change

Référence : Currie, D. H. & Kelly, D. M. (2022). Pop Culture and Power: Teaching Media Literacy for Social Justice. Toronto : University of Toronto Press.

Géographie et impérialisme. De la Suisse au Congo entre exploration géographique et conquête coloniale

Géographie coloniale et impérialisme suisse : une histoire transnationale.

Au XIXe siècle, les sociétés de géographie représentaient, à côté d’autres milieux, des cénacles où se produisait un discours raciste accompagné d’actions expansionnistes. Les fréquentaient des représentants de l’économie capitaliste, de la politique fédérale ou encore du monde scientifique et culturel, tous fascinés par les perspectives que la pénétration occidentale outre-mer semblait leur offrir.

Dans ce livre, Fabio Rossinelli (Section d’histoire) propose une analyse historique du rôle que la Suisse a joué dans l’expansion impérialiste européenne du XIXe siècle par le biais de ses sociétés de géographie. Il se concentre en particulier sur les relations suisses avec Léopold II, roi des Belges, dans son dessein d’exploration et de colonisation du Congo : un événement qui se concrétise par la création d’un régime brutal d’extraction du caoutchouc (1876-1908). Dans ce contexte, plusieurs figures des sociétés de géographie soutenues par la Confédération, comme le cofondateur du CICR Gustave Moynier, ont prêté main-forte au monarque belge.

Disponible en libre accès sur le site web de l’éditeur, cet ouvrage est issu d’une thèse de doctorat en histoire contemporaine, récompensée par le Prix Whitehouse 2021 qui honore un travail portant sur la Suisse et ses rapports avec un autre pays.

Fabio Rossinelli, Géographie et impérialisme. De la Suisse au Congo entre exploration géographique et conquête coloniale, Neuchâtel, Alphil, 2022.

Ludovia#CH22 : L’enseignement de l’histoire est-il soluble dans les Humanités numériques ? Et inversement ? (Mardi 12 avril 2022 9h00 à 12h00)

Dans le cadre de la 4e édition de Ludovia#CH à Yverdon-les-Bains (11 au 13 avril 2022), le mardi matin 12 avril de 9h00 à 12h00 sera notamment consacré à l’enseignement de l’histoire dans le contexte de l’éducation numérique à l’heure du Plan d’étude romand (PER).

woman in a virtual reality headset
Photo de Jessica Lewis Creative sur Pexels.com

Mise en contexte 

En 2021, la CIIP a révisé le PER pour intégrer les nouveaux apprentissages relevant de l’éducation numérique pour la scolarité obligatoire. Adoptée par l’Assemblée plénière le 18 mars 2021, elle s’appuie sur trois piliers : l’usage approprié des outils, l’initiation à la science informatique et l’éducation aux nouveaux médias.

Concernant le cycle 3 et plus particulièrement le pilier initiation à la science informatique (EN 32 — Poser et résoudre des problèmes en science informatique…), le champs Informatique et société propose des liens avec le SHS 32 – Relation Homme-Temps et le SHS 33 – Outils et méthodes de recherche pour travailler les questions informatique et société. 

Un dialogue, un échange est ainsi proposé avec l’enseignement de l’histoire, mais comment, avec quelles conceptions, du côté de la science informatique envisage-t-on cette relation informatique et société ? Quels rapports envisage-t-on avec les SHS et ici plus particulièrement l’histoire ? plus largement quelle est la conception relative aux Humanités à l’ère du numérique. Inversement, de quelle manière les enseignant•es d’histoire peuvent-ils contribuer à travailler au cycle 3 ces rapports de la société avec la technique, comment interroger le rapport homme-machine ou avec la technologie au cycle 3? quels dispositifs numériques ou numérisés permettent-ils d’augmenter nos enseignements en histoire ?

Ces questions seront abordées en deux parties. Dans une première partie, un dialogue sera engagé entre la Science informatique et l’enseignement de l’histoire à l’ère du numérique. Dans un deuxième volet, les participant•es auront l’occasion de découvrir et d’expérimenter des dispositifs d’enseignements en histoire ou en lien avec l’histoire recourant au numérique.

Première partie : Quel dialogue au cycle 3 entre la Science informatique et l’enseignement de l’histoire ? (9h00 à 10h15)

9h00-9h30 : Gabriel Parriaux/Jean-Philippe Pellet : le volet Informatique et société dans l’enseignement de la Science informatique

9h30-10h00 Lyonel Kaufmann : L’enseignement de l’histoire est-il soluble dans les Humanités numériques ?

10h00-10h15 : Discussion

Deuxième partie : Recourir à des dispositifs numériques pour enseigner l’histoire au cycle 3

10h45 – 11h30 : Ateliers

Quatre ateliers à choix de 40 minutes

  • Nathalie Masungi (HEP Vaud): Utilisation en classe de l’application numérique « Fuir la Shoah. Ma rencontre avec des témoins »
  • Rémi Schaffter (HEP Vaud): Présentation du serious game « Stalinizm » et de sa conception : questionner la pertinence du média vidéoludique comme outil pour l’enseignement de l’histoire 
  • Julien Bachmann & Stéphanie Dubosson: « Mise en carte d’un récit historique : construire un itinéraire à l’aide du Livre des Merveilles »
  • Krichane Selim & Rochat Yannick (UNIL/EPFL Gamelab):  « « Lausanne 1830 » : un jeu vidéo pour enseigner l’histoire locale»

11h30 à 12h00 : Retour et discussion sur les ateliers.

Pour s’inscrire à cet événement et à d’autres activités de Ludovia#CH22 : https://www.conftool.com/hepvd-ludovia/index.php?page=index

Pour consulter l’ensemble du programme : Programme général

Pas encore 20 ans mais déjà deux crises mondiales: comment s’informent les jeunes? Heidi.news

«Lire le journal? Même s’il traîne sur la table au milieu du salon, je ne vais pas le faire», confie Nora du haut de ses 19 ans. Pour autant, n’allez pas croire que la lycéenne genevoise ne s’intéresse pas à l’actualité. Comme une majorité de jeunes Suisses, Nora préfère simplement aller chercher l’information du côté d’internet. Une pratique plus complexe qu’il n’y paraît, relèvent deux experts des médias et de la communication.

Ancrés dans le digital. L’étude JAMES, menée par le département de psychologie de l’Université de Zurich, dresse un tableau des façons qu’ont les jeunes Suisses entre 12 et 19 ans d’utiliser les médias. La dernière enquête se penche sur l’année 2020. Elle révèle qu’à l’image de Nora, les jeunes délaissent bel et bien le format papier pour se tourner vers le numérique.

Photo de Lisa Fotios provenant de Pexels

Selon Florence Van Hove, il est trop tôt pour tirer des constats clairs quant au rôle des médias dans l’information des jeunes sur la guerre en Ukraine. Néanmoins, des tendances — similaires à celles observées lors de la pandémie — semblent émerger:

«Lorsque la situation est jugée grave, les jeunes sont à la recherche d’informations plus détaillées. Surtout, ils ont envie qu’elles soient crédibles et dignes de confiance.

Comme le reste de la population, ils ont besoin de mettre en perspective ce qui se passe. Pour ce faire, il vont se tourner vers des sources et des plateformes plus traditionnelles.»

Source : https://www.heidi.news/apprendre-travailler/pas-encore-20-ans-mais-deja-deux-crises-mondiales-comment-s-informent-les-jeunes

Source : https://www.heidi.news/apprendre-travailler/pas-encore-20-ans-mais-deja-deux-crises-mondiales-comment-s-informent-les-jeunes

Photo en-tête : Photo de Negative Space provenant de Pexels

Comme un Romain en Helvétie | Musée national suisse

Comment les Romains approvisionnaient-ils les grands centres de leur époque tels que Vitudurum (Oberwinterthur), Aquae Helveticae (Baden) ou Vindonissa (Windisch)? En grande partie grâce aux villae implantées dans la région, nous explique le blog du Musée national suisse.

Maquette d’une villa romaine à Winkel, près de Bülach. Musée national suisse

Les villae romaines étaient le plus souvent construites le long des axes routiers essentiels à la survie des provinces. Lorsqu’il y avait des ressources naturelles à proximité, comme du calcaire, de l’argile ou du minerai de fer, on y produisait aussi, outre des denrées alimentaires, des objets usuels comme des tuiles ou des outils. À la fois habitation et salle d’apparat, la villa rustica, pièce maîtresse du domaine, était d’une opulence délibérée. La pars rustica qui lui était rattachée, en revanche, était principalement constituée de bâtiments agricoles et d’étables. D’après les estimations des archéologues, le canton de Zurich comptait à lui seul près de 120 villae romaines, dont beaucoup dorment encore dans le sol. Pour une raison toute simple: c’est dans la terre que ces trésors archéologiques sont le mieux conservés. Lorsque les terrains ont été fouillés, c’est là encore, la plupart du temps, pour une raison toute simple: la sauvegarde avant l’exécution de projets de construction. On sait malgré tout beaucoup de choses sur le rôle et le fonctionnement de ces villae.

Lire la suite : Comme un Romain en Helvétie | Musée national suisse

Pour d’autres articles du Musée national suisse relativement à l’Antiquité classique en Suisse : https://blog.nationalmuseum.ch/fr/category/antiquite-classique/

Légende image d’en-tête : Reproduction d’une villa rustica à l’aide de figurines d’étain. Limesmuseum Aalen

Les musées suisses font face au passé, parfois trouble, de leurs collections – rts.ch

Le thème de l’art spolié par les nazis a fait les gros titres à maintes reprises en Suisse. Par exemple, la collection d’Emil Bührle – marchand d’armes ayant commercé avec l’Allemagne nazie – continue d’embarrasser le Kunsthaus de Zurich. Mais le plus grand musée d’art de Suisse n’est pas le seul à devoir faire face au passé de sa collection.

Septante-sept ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la question de l’art spolié à l’époque du national-socialisme est encore ouverte dans les musées suisses.

Pour preuve, sur les 18 projets de recherche sur la provenance d’œuvres d’art soutenus par l’Office fédéral de la culture – à hauteur de 1,6 million de francs – douze projets concernent des biens culturels en lien avec l’art spolié entre 1933 et 1945 (lire aussi encadrés).

L’enquête de la RTS par musée en Suisse : https://www.rts.ch/info/culture/arts-visuels/12960512-les-musees-suisses-font-face-au-passe-parfois-trouble-de-leurs-collections.html?rts_source=rss_t

Fabien Granjon : « Le numérique renforce les logiques de reproduction sociale »

Sociologue et professeur en sciences de l’éducation à l’université Paris 8, Fabien Granjon a étudié les usages de l’informatique connectée dans les classes populaires. Le constat est sans appel. Comme dans toute pratique sociale ordinaire, les usages du numérique connecté n’échappent à la règle. Le capital culturel a un impact direct sur ces derniers. Loin d’être une solution miracle pour une démocratisation de l’accès à la culture, le numérique aggrave les inégalités. Le Café pédagogique l’a interviewé à l’occasion de son ouvrage Classes populaires et usages de l’informatique connectée. Des inégalités sociales-numériques. Extraits.

Sur l’origine des inégalités numériques

D’abord il me paraît très important de rappeler que les inégalités numériques n’ont précisément rien de numérique. Elles sont fondamentalement des inégalités sociales qui s’imposent à la pratique du numérique, pratique dont on ne voit pas pourquoi elle échapperait à la dynamique inégalitaire qui traverse nos sociétés de part en part. Il est important de considérer que les écarts de pratique sont constitutifs d’inégalités sociales qui déterminent, certes, des conditions d’accès et d’usages, mais plus foncièrement encore, ces inégalités façonnent chez les individus des aptitudes, des envies, des dispositions qui cadrent leurs modes d’appropriation des TNIC. Prendre au sérieux ce fait invite à prêter attention aux conditions de possibilité de développement des pratiques de l’informatique connectée, mais également aux logiques sociales déterminant l’actualisation des usages.

Sur le rôle de l’école relativement à ces inégalités

les pratiques du numériques sont des pratiques culturelles. Il n’est donc pas étonnant de constater que plus les individus sont éloignés de la culture scolaire et n’ont pu bénéficier, lors de leur prime socialisation d’un entourage disposant d’un capital culturel conséquent, plus ils semblent avoir quelque difficulté quant à l’usage de l’informatique connectée.

Fabien Granjon tient également pour responsable le rôle que jouerait l’éducation numérique elle-même dans l’établissement de ces inégalités

La part prise par le numérique au sein de la sphère éducative vient renforcer ces distorsions, c’est une évidence. La bonne maîtrise des TNIC dans un cadre scolaire est fortement indexée au milieu social. Savoir chercher, hiérarchiser, classer, synthétiser, ranger, etc. sont des compétences spécifiques qui n’ont pas grand-chose à voir avec celles qui consistent à assurer une présence sur les réseaux sociaux numériques. Les usages scolaires du numérique nécessitent des compétences et des dispositions qui avantagent les élèves qui évoluent au sein de familles favorisées.

A très largement méditer… au-delà même concernant l’école la question du numérique en son sein.

L’ouvrage : Granjon, F. (2022). Classes populaires et usages de l’informatique connectée. Des inégalités sociales-numériques. Paris: Presses des Mines.

L’interview dans son intégralité : Fabien Granjon : « Le numérique renforce les logiques de reproduction sociale » | Le Café pédagogique (25.03.2022).

Numérique à l’école: ce que la pandémie a changé – Heidi.news

Le 13 mars 2020, il y a deux ans, c’est la stupéfaction en Suisse: le Conseil fédéral annonçait la fermeture des écoles pour freiner la pandémie de Covid-19. Avec la mise en place dans l’urgence des cours à distance, le numérique s’est alors retrouvé au centre de l’attention. Comment son usage dans les classes a-t-il évolué depuis? La crise sanitaire a servi d’accélérateur.

Pour Christophe Cattin, le président de la Commission pour l’éducation numérique, un organe de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP) «La pandémie a permis de démystifier le numérique» :

«D’un côté, les peurs sont tombées. De nombreux enseignants qui ne voulaient pas s’y mettre ont réalisé que Microsoft Teams ou Educlasse, la plateforme des cantons de Berne et du Jura, n’étaient finalement pas si compliqués et pouvaient même être très utiles. A l’inverse, ceux qui pensaient que le numérique à l’école allait tout résoudre ont adopté un discours plus nuancé. On a vu que le numérique ne rendait pas forcément l’apprentissage meilleur ou plus rapide, et que le distanciel exacerbait les inégalités. L’expérience des deux dernières années a permis de poser certaines limites.»

Si le numérique s’impose dans la classe, il n’est pas forcément au coeur des activités des élèves, mais plutôt dans l’accompagnement et l’augmentation de l’activité de l’enseignant ainsi que l’illustre l’exemple suivant dans l’article d’Heidi,news :

«Mon prof de math, par exemple, fait son cours sur un beamer puis le partage en ligne. C’est très utile, par exemple si la correction d’un exercice en classe va trop vite. Mon prof de philo, qui a pourtant 64 ans, y met les PowerPoint qu’il présente, des consignes d’exposés. Désormais, les devoirs et les évaluations doivent même obligatoirement être annoncés sur Classroom. Il y a vraiment un avant et un après.»

Dans ce cadre, le numérique reste alors largement à la périphérie de l’activité et des pratiques pédagogiques elles-mêmes. Olivier Solioz, vice-président du Syndicat des enseignantes et enseignants de Suisse romande (SER), exprime bien les questions et les doutes concernant l’utilisation à proprement parler pédagogique du numérique :

«Il y a des réflexions sur l’optimisation du temps de travail en classe, avec l’adoption de modèles de type “classe inversée”. Mais aussi sur le développement de moyens d’enseignements plus interactifs. Parmi les sites et les applications que les enseignants ont utilisées ces dernières années, il convient désormais d’opérer un grand tri et de déterminer ce qui apporte un vrai plus à l’enseignement.»

Il reste donc bien du chemin à faire…

Source : Numérique à l’école: ce que la pandémie a changé – Heidi.news