Visualiser notre consentement au CGU

François Jourde nous propose un très intéressant article sur les CGU que nous approuvons lorsque nous nous inscrivons sur une plateforme en ligne. La fin de son article propose des initiatives concrètes à l’utilisateur que nous sommes pour éviter de signer les yeux (trop) fermés.

Nous avons tous été confrontés à la tâche fastidieuse d’examiner les conditions générales d’utilisation (CGU) des différents services et applications que nous utilisons. De fait, cocher la case « J’ai lu et j’accepte les conditions » devient un geste largement formel, automatique et aveugle. Les utilisateurs acceptent des pages de jargon juridique, sans comprendre (ou sans pouvoir comprendre) les obligations contractuelles auxquelles ils s’engagent, sans pouvoir non plus les négocier (situation du type « take it or leave it » ou encore de « chantage au service »). […]

On peut voir en cela une « fabrique du consentement » (pour reprendre le titre Noalm Chomsky et Edward S. Herman : Manufacturing Consent). Bien loin d’une promotion d’un consentement libre et éclairé (comme y engage le RGPD), on peut voir ici la promotion d’un « consentement assisté » (voir à ce sujet les analyses de Lionel Maurel).

[…]

Des initiatives pour éduquer et donner du pouvoir aux personnes

Des organisations proposent aussi des guides permettant de clarifier les conditions d’utilisation, telles que net-aware.org.uk.

On peut aussi imaginer et promouvoir un système de labels permettant d’identifier rapidement le degré de protection des données personnelles garantit par chaque grand service. C’est ce qu’entreprend notamment tosdr.org, avec une échelle allant de très bon (Classe A) à très mauvais (Classe E). Leur slogan :

“I have read and agree to the Terms” is the biggest lie on the web. We aim to fix that »

Ces initiatives permettront d’accompagner le travail des éducateurs, parents et enseignants.

Source et article complet : Visualiser notre soumission aux CGU | Site de François Jourde

Photo : Dima Yarovinsky

Les « victimes » de l’évaluation Jean-Marc Monteil – YouTube

Cette intervention de Jean-Marc Monteil devrait être visionnée par tout (futur) enseignant et être regardée au moins une fois par année.

Jean-Marc Monteil a une longue expérience de l’enseignement et de ses problèmes : dans l’enseignement secondaire d’abord, comme professeur d’université ensuite (il a également enseigné à l’étranger), enfin, en tant que responsable institutionnel (Président d’université, puis Recteur d’académies). Il a aussi une grande pratique de la recherche. Spécialiste des sciences du comportement, il a publié une centaine d’articles scientifiques et une vingtaine d’ouvrages. Membre de nombreux comités scientifiques, il a fondé et dirigé un laboratoire CNRS.
Evaluations et catégorisations initiales : effets sur l’attention et les performances cognitives. L’évaluation des élèves constitue le quotidien de l’enseignement. Que savons-nous de ses effets sur les apprentissages? Sur la motivation scolaire? Quelles modalités privilégier?
— À lire sur m.youtube.com/watch

De l’esclave à la négritude : une histoire du mot « Noir »

Vidéo | En cette journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, voici un retour en vidéo sur l’histoire de la désignation de « Noir » et ses usages depuis l’Antiquité ; un vocale qui forme avec le mot « Blanc » le revers d’une même médaille coloniale.

L’histoire de la désignation de « Noir » et de ses usages depuis l’Antiquité révèle des aléas dont le nœud se situe au paroxysme de la traite négrière, au XVIIe siècle.

Source et lire la suite : De l’esclave à la négritude : une histoire du mot « Noir » | France Culture

Source de l’image : Pantins, couple de Noirs, 1er quart du 20e siècle• Crédits : © Conservation des musées et expositions de sites du Parc naturel régional des Vosges

Génial.ly et les escape games

Les escape games (jeux d’évasion) rencontrent actuellement beaucoup d’intérêt dans le monde de l’éducation. Pour sa part, la plateforme de publication en ligne génial.ly suscite aussi passablement d’intérêt dans le monde éducatif. Le site S’CAPE destiné aux escape games présente la manière d’utiliser génial.ly pour concevoir son escape games en ligne.

L’article présente quelques unes des fonctionnalités de l’interface, gratuites et utiles aux escape games pédagogiques, associées à des conseils, astuces et tutoriels. Des exemples de réalisations sont proposés en fin de leur article..

En à peine trois années d’existence, le site genial.ly est devenu un outil très prisé dans le monde de l’éducation. Interface permettant de réaliser aisément des infographies, des présentations, des images interactives, des quiz, etc, ses diverses fonctionnalités ont aussi facilité le développement des escape games pédagogiques numériques et semi-numériques.

Créer un Genially peut être envisagé comme un simple support interactif avec divers éléments comme la vidéo d’introduction, le chronomètre, le fond sonore. Nombre d’enseignants sont allés plus loin et en ont fait l’interface accompagnant tout ou partie de leur jeu d’évasion, y intégrant des éléments de scénarisation, des décors, des indices cachés, des exercices, des codes et mots de passe.

Concernant le site S’CAPE

Le site S’CAPE a été créé en mai 2017. Initialement destiné à servir de mémoire pour le stage « Travailler autrement : élaborer une activité de classe de type escape game utilisant l’intelligence collective » proposé aux enseignants de l’académie de Créteil, ce site est devenu le lieu de partage d’escape games pédagogiques conçus par des enseignants de diverses disciplines. Il est enrichi de conseils et de ressources potentiellement utilisables lors de la création d’un jeu d’évasion. Actuellement, le site est animé par Patrice de l’académie de Créteil, Mélanie de l’académie de Versailles et Anne de l’académie de Besançon. Trois enseignant.e.s qui font ce travail bénévolement sans lien direct avec leurs académies respectives.

Lire la suite du tutoriel : S’CAPE-Génial.ly et les escape games

Les deux images de cet article sont issues du site S’CAPE.

L’innovation pour un retour à la pédagogie

Qu’est ce que l’innovation pédagogique et à quoi sert-elle ? La question a reçu bien des définitions. Souvent , et particulièrement pour l’Education nationale, elle est présentée sous l’angle des « bonnes pratiques » recensées officiellement pour duplication et généralisation. Ce n’est pas le point de vue de l’OCDE qui publie un ouvrage et une note sur l’innovation pédagogique en définissant des domaines et en lui donnant comme objectifs d’engager les élèves et surtout de mettre la pédagogie au centre des préoccupations de l’Ecole…

Dans une nouvelle publication, « Teachers as Designers of Learning Environments. The importance of innovative Pedagogies« , l’OCDE revient sur l’innovation pédagogique. Pour l’organisation, l’innovation pédagogique est « une réponse normale aux défis quotidiens de classes qui changent sans cesse ». L’innovation pédagogique n’est pas vue comme quelque chose d’extraordinaire mais comme un procédé pédagogique pour résoudre les problèmes de la classe qui utilise les capacités créatives et intuitives des enseignants.

6 champs d’innovation

L’OCDE définit 6 espaces d’innovation dans le système éducatif, des approches pédagogiques qui sont les frontières actuelles des innovations pédagogiques.

Le premier c’est l’apprentissage mixte, celui qui associe enseignement à distance et enseignement présentiel : classe inversée, « school labs », apprentissage mixte en classe, où les élèves travaillent en autonomie durant des moments et avec le professeur dans d’autres.

Deuxième espace d’innovation la ludification. Elle repose sur l’idée de motiver les élèves par le jeu.

Le troisième espace est la pensée computationnelle, l’idée d’utiliser le codage ou la programmation pour résoudre des problèmes.

La pédagogie de projet avec la résolution de problèmes est un autre espace d’innovation pour l’OCDE notamment parce qu’elle enseigne des compétences qui préparent bien les élèves à appréhender des situations complexes. Cette pédagogie met l’accent sur la réflexion personnelle sur l’apprentissage (la métacognition) et sur l’idée de  donner aux élèves des expériences holistiques. Un nouvel espace se situe dans les pédagogies qui s’appuient sur l’émotion et la créativité. Enfin l’OCDE met aussi l’accent sur les multilitteracies et l’enseignement par le débat.

Références OCDE :

Teachers as Designers

Teaching in focus

— À lire sur www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/05/07052018Article636612742089865738.aspx

Suisse 1957 : Un premier vote féminin sous les huées | Le Temps

En mars 1957, un petit village haut-valaisan fait sensation en autorisant les femmes à glisser un bulletin dans l’urne, quatorze ans avant le droit de vote au niveau fédéral. La fille de la première votante de l’histoire suisse raconte l’événement qui a marqué son village

La main de Katharina Zenhäusern n’a pas tremblé, ce jour de mars 1957, lorsqu’elle a glissé son bulletin dans l’urne. Agée d’alors de 38 ans, elle était la toute première femme, en Suisse, à pouvoir voter. Avant cela, elle a dû traverser la place du village sous les huées et les sifflements. «Certains avaient même sorti des tambours pour protester», raconte Germaine Zenhäusern. Dans la cuisine de la maison familiale, la fille de Katharina Zenhäusern raconte, sourire aux lèvres, cette journée où sa maman, décédée en 2014, est entrée dans l’histoire.

Avec Katharina Zenhäusern, 32 autres femmes ont participé au premier scrutin féminin organisé en Suisse, dans le petit village valaisan d’Unterbäch, quatorze ans avant que le droit de vote et d’éligibilité ne soient accordés aux femmes au niveau fédéral. La votation portait sur l’instauration d’un service civil obligatoire pour les femmes.

Lire la suite : Un premier vote féminin sous les huées | Le Temps

Mai 68: que s’est-il passé en Suisse? | Helvetia Historica

Le très intéressant et nouveau blog « Helvetia Historica » revient sur l’impact en Suisse des événements de Mai 1968

La photographie qui illustre l’article d’Helvetia Historica n’a pas été réalisée à Paris, lors des révoltes de 1968. Non. Il s’agit d’un cliché pris à Zurich, la même année, alors qu’une volonté de remise en cause de la société rassemble des jeunes gens dans toute la Suisse, de Genève à Berne, en passant par le Tessin. Un demi-siècle plus tard, le souvenir de ces contestations est occulté par l’épisode parisien, qui fait certes déjà les gros titres romands de l’époque:

Mai 68 n’est pourtant pas limité à la France, et encore moins à Saint-Germain-des-Prés. Le monde entier connaît des révoltes: l’Occident bien sûr, mais aussi le Mexique, la Thaïlande, la Turquie, le Brésil ou la Tchécoslovaquie.

Lire l’article d’Helvetia Historica : Mai 68: que s’est-il passé en Suisse? – Helvetia Historica

On a testé… « Neo Atlas 1469 », le « Civilization » de la cartographie

Neo Atlas 1469, disponible sur la plate-forme Steam depuis 2017 et sorti en avril sur Switch, est le dernier ambassadeur en date d’une série de jeux de gestion japonais longtemps restés inédits en Europe. Son concept est atypique : à la tête de la Compagnie portugaise des Indes, il vous propose d’envoyer vos navigateurs explorer le monde pour le cartographier et établir des lignes commerciales entre ses principaux ports.

Conquête territoriale contre le brouillard qui recouvre la carte, commerce des ressources : on retrouve, dans la dernière production du studio japonais Artdink, spécialiste des simulations ferroviaires, deux des quatre mamelles des jeux de gestion à la Civilization. Et pour cause : son concept date de la même année, 1991, et en est un proche cousin, l’affrontement d’autres puissances en moins, une importante surcouche narrative et un système de missions en plus.

Son intérêt tient beaucoup à son époque et à son thème : 1469, c’est l’année de naissance de Christophe Colomb. Un an plus tard sera pour la première fois traduite en latin et imprimée la carte du géographe grec Ptolémée, dont la redécouverte par la société savante lance un siècle d’exploration des terres reculées et de progrès de la cartographie.

Lire le compte-rendu de Pixels : On a testé… « Neo Atlas 1469 », le « Civilization » de la cartographie | Le Monde

Première rencontre historique entre les deux Corées.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in ont entamé vendredi leur sommet, après une poignée de main hautement symbolique sur la ligne de démarcation militaire qui divise la péninsule. “Je suis heureux de vous rencontrer”, a lancé Moon Jae-in à son homologue. Celui-ci a alors franchi la frontière, devenant le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la guerre de Corée. “De manière inattendue, Kim a ensuite demandé à Moon de traverser la ligne de démarcation pour venir du côté nord”, raconte jeudi matin le Korea Times. Les deux dirigeants se sont ensuite rendus à pied côté sud, où est organisé le sommet. L’arsenal atomique nord-coréen figure en bonne place du menu de leur rencontre.

En raison des différentes rodomontades plutôt pitoyables entre Kim Jon-un et Donald Trump (c’est moi qui est la plus grosse), j’ai l’impression que nous avons de la peine de mesurer tout ce que ce moment a d’historique. C’est un des moments les plus improbables qui puisse exister de rapprochement entre deux pays. C’est probablement avec la Chute du Mur de Berlin, la poignée de mains entre Menahem Begin et Anouar el-Sadat Sadate et les Premiers pas de l’homme sur la lune le moment historique le plus fort que j’ai rencontré durant mon existence. Quelque soit la suite de ces négociations,

Histoire et EDD : « Dîner avec Darwin Des cavernes aux cuisines, ce que racontent nos assiettes » et « Manger suisse. Qui décide ? »

Voici deux ouvrages qui intéresseront les enseignants 5e à 8e Harmos notamment en relation avec le Plan d’études romand en Histoire du cycle 2 ainsi que ceux intéressés aux questions liées à l’Education au développement durable (EDD).

Silvertown nous offre un beau voyage à travers le temps de nos papilles gustatives dans « Dîner avec Darwin ». Pour leur part, Rémi Schweizer, Stéphanie Boisseaux, Sophie Reviron et Jean-Philippe Leresche nous en disent plus sur le manger suisse à la lumière de nos préoccupations écologiques, durables et sociales.

Dîner avec Darwin Des cavernes aux cuisines, ce que racontent nos assiettes

Les oeufs, la farine et le lait ont un point en commun, mais lequel? En plus d’être les trois ingrédients de nos crêpes, chacun d’eux a évolué durant des millions d’années pour assurer la survie de son espèce. Il ne s’agit pas de cas isolés. Nos petits déjeuners, nos listes de courses et nos recettes, tous ont une riche histoire à raconter, une histoire qui est en partie la nôtre, celle de nos origines et de notre évolution. Jonathan Silvertown nous entraine au fil des pages dans un délicieux récit, concoction de co-évolution et de cuisine, de microbiomes intestinaux et d’herbes aromatiques, de poules et d’oeufs, de soupes, de coquillages et d’épices. Il déroule l’épopée alimentaire de l’homme, des premiers âges de l’humanité à nos jours. Comme un vrai chef, il passe au crible les interactions entre nos sens et nos aliments, saupoudrant le menu de croustillantes anecdotes : maladies intestinales de Charles Darwin, anatomie de nos papilles ou implication du pain dans la construction des pyramides d’Égypte. Un voyage passionnant à travers le temps, le monde et les repas qui nous unissent. Vous ne regarderez plus jamais votre assiette de la même manière.

Sommaire : 1 Une invitation à dîner

2 L’animal qui cuisine

3 Crustacés – Pêche à pied

4 Pain – Domestication

5 Soupe – Goût

6 Poisson – Odeur

7 Viande – Carnivores

8 Légumes – Variété

9 Herbes et épices – Piquant

10 Desserts – Pêché mignon

11 Fromage – Laitages

12 Vin et bière – Intoxication

13 Festoyer – Société

14 Nourriture du futur

Référence : Dîner avec Darwin Des cavernes aux cuisines, ce que racontent nos assiettes – Jonathan SILVERTOWN – 9782889152438 Presses polytechniques et universitaires romandes, Quanto Sciences culinaires

Pour commander le livre : Lien

Manger suisse. Qui décide ?

Peut-on monter une mayonnaise suisse avec des œufs importés? Aromatiser aux framboises étrangères un yogourt de la région? Faire mousser la croix blanche sur une bière dont le seul ingrédient helvétique serait l’eau? Au cours des dix dernières années, ce qu’est le «manger suisse» est devenu un enjeu politique brûlant. La marque «Suisse» fait vendre. Synonyme de qualité et de tradition, cette indication de provenance s’associe selon les cas à des préoccupations d’écologie, de durabilité ou de conditions sociales. Mais comment garantir cette spécificité nationale: est-ce l’origine des matières premières qui doit primer, ou le lieu de leur transformation?

Sommaire : 1 La marque «Suisse» dans tous ses états

2 Le terreau fertile des «indications de provenance»

3 Dynamique d’acteurs de la filière agroalimentaire

4 De la croix suisse au Swissness

5 La nouvelle norme du «manger suisse»

6 Le «manger suisse» crédibilisé et… démystifié

Référence : Manger suisse. Qui décide ? – Rémi Schweizer, Stéphanie Boisseaux, Sophie Reviron et Jean-Philippe Leresche. PPUR – Collection : Savoir suisse

Pour commander le livre : Lien