Chroniques de prof, une websérie historique : Entre-Temps

Nouvelle revue d’histoire Entre-Temps, nous propose une intéressante analyse comparative entre deux démarche de youtubeurs à nature historique soit NotaBene et Chroniques de prof. Quelques éléments pour vous mettre l’eau à la bouche.

Nombreux sont aujourd’hui les internautes qui proposent de nouvelles façons d’aborder la discipline historique sur internet. Parmi les différentes possibilités offertes par l’outil numérique, on assiste au développement de chaînes Youtube spécialisées dans la vulgarisation de l’histoire. Diffusant des contenus assez inégaux, certaines de ces propositions s’appuient toutefois sur un riche travail documentaire. Entre-Temps s’est intéressé au travail que réalise, depuis trois ans, l’enseignante Justine Defrance : Chroniques de prof, des courtes vidéos dans lesquelles elle traite de thématiques historiques diverses et qui vont donner naissance, fin 2018, à une nouvelle websérie : Time Warp dont elle vient de lancer la promotion sur les réseaux sociaux.

Ces Chroniques de prof sont à inscrire dans le développement foisonnant, depuis quelques années, de chaines Youtube en tout genre. Autour de la discipline historique, ce sont des dizaines, voire des centaines d’internautes qui se sont lancés dans des projets de vulgarisation de la discipline en produisant des vidéos aux contenus plus ou moins sérieux. Parmi eux, celle qui rencontre le public le plus large s’appelle Nota Bene, elle a été créée en 2014 et compte aujourd’hui près de 800 000 abonnés. Le succès de Nota Bene a déjà fait couler beaucoup d’encre et nous nous proposons de comparer ici les deux propositions.

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« Assassin’s Creed Odyssey » : une carte postale de la Grèce, pas un cours d’histoire

Pour Laury-Nuria André, docteure en histoire de l’art et auteure de Game of Rome : ou L’Antiquité vidéoludique, le dernier volet d’Assassin’s Creed ne peut pas prétendre au statut de support éducatif :

« L’Antiquité est un mythe. Comme pour L’Odyssée, il n’y a pas de version officielle. Assassin’s Creed Odyssey nous montre comment elle est perçue au XXIe siècle. Il n’est ni vrai ni faux. Il est les deux en même temps. »

La scène d’ouverture, hommage appuyé aux péplums des années 2000, et notamment au film à très grand spectacle 300, l’annonce d’emblée : la superproduction d’Ubisoft est avant tout une œuvre de fiction et de divertissement.

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Qwant Calcule et Plan Calcul | binaire

On peut passer son temps à se plaindre de l’impérialisme de grandes entreprises du Web ou, comme Qwant, on peut essayer de changer cela. Binaire a parlé de cette start-up l’an dernier : Qwant, aux armes citoyens ! Depuis, l’entreprise a fait un bout de chemin. En juin 2018, elle était créditée de 8% du marché français des recherches Web, contre près de 90% pour Google. Il s’agit bien d’une concurrence féroce et de souveraineté. Un historien, Pierre Mounier-Kuhn confronte la situation de Qwant à celle du Plan Calcul, un plan gouvernemental français lancé en 1966 par Charles De Gaulle  en favorisant le développement d’une industrie mais aussi d’une recherche françaises de haut niveau. Il est de bon ton de considérer que ce plan fut un échec, mais il ne l’a sans doute pas été pour la recherche et pour ceux qui ont découvert l’informatique grâce à lui. Pour Qwant, on espère que le succès de son appropriation par les citoyens sera au rendez-vous de l’histoire.

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Avec la classe inversée, Simone Deparis a révolutionné son cours

Maître d’enseignement et de recherche en section mathématiques, Simone Deparis est le lauréat du Credit Suisse Award for best teaching 2018. Il a mis en place un enseignement d’algèbre linéaire en classe inversée qui séduit les étudiants de première année.

Le modèle de la classe inversée essaime dans plusieurs Universités, y compris à l’EPFL. Mais le challenge pour Simone Deparis était de l’appliquer à un cours d’algèbre linéaire destiné à des futurs ingénieurs de première année pas forcément emballés par les mathématiques (étudiants de toutes les sections sauf architecture, maths et physique).

Le maître de recherche a testé la classe inversée avec cent étudiant.e.s volontaires sur cinq semaines au milieu de son cours classique d’algèbre linéaire. Selon les premiers retours de ces étudiant.e.s, effectuer les exercices en classe leur a permis de mieux évaluer leur niveau, de discuter les problèmes et de s’entraider. A tel point qu’à la fin des semaines de classe inversée, personne ne voulait revenir au format classique. Cet automne, Simone Deparis a réitéré l’expérience avec cette fois la majeure partie du cours en classe inversée.

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Les images ont-elles un pouvoir?

Une très intéressante réflexion d’André Gunther, maître de conférences à l’EHESS, historien des cultures visuelles, relativement à la question et l’utilisation des images. Au travers de plusieurs photographies du 20e siècle ou iconiques de notre imaginaire collectif comme des images de la guerre du Vietnam, cette intervention interroge autant l’enseignant d’histoire que tout en chacun. A lire sans modération. Je vous livre l’introduction de l’article.

(Article publié par André Gunthert dans L’Eléphant, #24) Invité au festival des Rencontres d’Arles 2018, à l’occasion du cinquantenaire de mai 68, l’icône du mouvement étudiant Daniel Cohn-Bendit y évoque le «pouvoir des images», comme celles de la guerre du Vietnam, qui ont contribué à mobiliser l’opinion publique américaine et «ont fait perdre la guerre de l’intérieur ». «La photo du petit Aylan Kurdi sur la plage de Bodrum, explique-t-il, a bouleversé le monde et a sans doute joué aussi dans la décision d’Angela Merkel d’ouvrir les frontières de l’Allemagne aux migrants en septembre 2015.»

Une image peut-elle arrêter une guerre, changer le cours de l’actualité? Que la vision d’un événement malheureux puisse nous faire horreur, et ainsi affecter notre opinion, est une idée largement répandue, qui ne semble pas extravagante. Mais cette conviction repose sur une théorie implicite de l’image. Alors que le langage s’adresse à la raison, les images exciteraient nos émotions. Plus séduisantes que l’écrit, elles seraient l’instrument d’une influence occulte, de l’ordre de la suggestion.


Pourtant, les choses ne sont pas si simples. En décembre 2016, le New York Times s’alarme: malgré la diffusion des images terribles de la destruction d’Alep en Syrie, l’opinion publique occidentale semble rester inerte. «S’il vous plaît, sauvez-nous, merci!», dit la vidéo de la petite Bana Alabed, 7 ans, qui s’adresse à nous les yeux dans les yeux. On ne peut donc pas évoquer un déficit émotionnel. Est-ce parce que les victimes sont musulmanes, s’interroge le quotidien? Est-ce à cause des réseaux sociaux, qui enchevêtrent les informations et émoussent notre capacité de réaction? Quoiqu’il en soit, l’image seule ne suffit pas.

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Photo d’en-tête : Malcolm Browne, auto-immolation d’un moine bouddhiste, 1963.

Podcast : Histoire populaire de la France, avec Gérard Noiriel – Paroles d’histoire

Les intervenants : Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS ; Philippe Olivera, historien, enseignant, éditeur (Agone)

Le Podcast: A jouer dans une nouvelle fenêtre | Téléchargement

Le livre : Une histoire populaire de la France, de Jeanne d’Arc à nos jours, Marseille, Agone, 2018

La discussion : Les origines du livre, au regard du genre « histoire de France » et de l’ouvrage d’Howard Zinn, Histoire populaire des États-Unis (1’00) ; le « populaire » comme catégorie prise dans les relations entre dominés et dominants (5’20) ; l’idée d’écrire pour un public plus large que celui de la profession historienne (7’00) ; l’importance de s’approprier des objets comme l’histoire de France parfois monopolisés par des auteurs réactionnaires (11’20) ; le point de départ de cette histoire et le choix de démarrer à la fin du Moyen âge, en lien avec la construction d’un État monarchique (12’45) ; les singularités de la construction nationale française au regard des exemples britannique et allemand (15’50) ; le choix d’écrire une histoire sociale, et de faire de la question sociale la clef de lecture fondamentale des évolutions, par rapport aux questions identitaires (19’30) ; l’application de cet angle d’approche pour le XVIe siècle : les guerres de religion comme expression d’enjeux sociaux (26’25) ; les césures mises en lumière dans cette histoire de France (30’20) : les années 1750 (32’30), les années 1880 avec la Grande Dépression et les débuts de la IIIe République (34’25), l’attention portée dans le livre aux regards portés sur l’autre (colonisé, domestique, ouvrier, paysan…) et la question de la reconnaissance de l’autre, qui permet de « se rendre étranger à soi-même » (39’50), la capacité à toucher d’autres publics en sortant de ses habitudes historiennes, en travaillant avec des artistes (43’50).

Une évocation plus large du travail de Gérard Noiriel, par Nicolas Offenstadt, est à écouter dans l’épisode 11 du podcast.

via Paroles d’histoire : https://parolesdhistoire.fr/index.php/2018/10/03/22-histoire-populaire-de-la-france-avec-gerard-noiriel-et-philippe-olivera/

Dix ans après la crise financière – La Vie des idées

Dix ans après le déclenchement de la crise financière, ce dossier rassemble l’ensemble des textes qui lui ont été consacrés sur la Vie des idées. Des outils pour comprendre comment elle s’est étendue au monde, en la resituant dans le contexte global des mutations du capitalisme.

Un dossier de 2010 rassemblait les principales contributions de la Vie des Idées sur ces enjeux. Huit ans plus tard, il est temps de rassembler un certain nombre de textes parus plus récemment, qui éclairent les différentes dimensions de la crise, de ses aspects financiers les plus techniques aux enjeux les plus généraux sur la régulation politique des marchés ou la nature de la dette.

Pour citer cet article :

Éric Monnet, « Dix ans après la crise financière », La Vie des idées , 2 octobre 2018. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Dix-ans-apres-la-crise-financiere.html

Source : Dix ans après la crise financière – La Vie des idées

Relire la Révolution française (1/4) : Grand entretien avec Pierre Schoeller

Où en est-on aujourd’hui des relectures de la Révolution française presque trente ans après son bicentenaire ? La Fabrique de l’Histoire saisit l’occasion de la sortie du film de Pierre Schoeller Un peuple et son roi pour poser la question de l’actualité de cet événement.

Pierre Schoeller, Un peuple et son roi
Pierre Schoeller, Un peuple et son roi

Sept ans après L’Exercice du pouvoir, le cinéaste Pierre Schoeller poursuit sa réflexion sur le pouvoir politique avec Un peuple et son roi, une fresque historique sur la création de la République, en salles le 26 septembre. A écouter :

Le titre du film témoigne d’une approche originale : celle de conjoindre le peuple de Paris et Louis XVI.

Source : Relire la Révolution française (1/4) : Grand entretien avec Pierre Schoeller

Cinéma. “Black 47”, le premier film sur la famine irlandaise, fait un carton | Courrier international

Événement marquant de l’histoire de l’île, la grande famine du XIXe siècle n’avait jamais été portée à l’écran. C’est désormais chose faite. Le thriller, qui vient de sortir en Irlande, a été salué par la critique. 

La Grande Famine a enflammé les révolutionnaires et créé une diaspora très nombreuse et influente aux États-Unis, qui a été d’une grande aide après que l’Irlande a obtenu son indépendance en 1922 (Irish Independent). Elle n’avait jamais été racontée au cinéma jusqu’à aujourd’hui. En 2018, le réalisateur irlandais Lance Daly a franchi le pas avec son dernier long-métrage, Black 47, sorti en Irlande le 5 septembre. 

The Guardian livre quelques détails de l’histoire : “James Frecheville incarne un soldat irlandais qui rentre au pays en 1847 [pire année de la famine] après s’être battu dans les rangs de l’armée britannique en Afghanistan. En arrivant dans le Connemara, sur la côte Atlantique, il découvre que sa mère est morte de faim, que son frère a été pendu et que le reste de sa famille survit malgré la destruction des récoltes et la cruauté de l’État. Quand le soldat entreprend de se venger et de se rebeller contre l’autorité, les Britanniques enrôlent l’un de ses anciens camarades afin de le capturer.”

Pour l’instant, aucune date de sortie du film n’est connue pour la France ou la Suisse.

Source : Cinéma. “Black 47”, le premier film sur la famine irlandaise, fait un carton | Courrier international

Crédit photo : Une scène du film Black 47 de Lance Daly.

La main de Prêles, une découverte exceptionnelle

Deux personnes ont découvert, l’automne dernier, une main en bronze datant de 3500 ans. Il s’agit peut-être de la plus ancienne sculpture en bronze retrouvée en Europe.

L’ensemble des objets trouvés dans la tombe de Prêles: une lame de poignard, une fibule et une spirale servant d’ornement capillaire, le tout en bronze. Service archéologique du canton de Berne, Philippe Joner

A l’automne 2017, deux particuliers ont apporté au Service archéologique du canton de Berne un objet exceptionnel: une main en bronze et or remontant à 3500ans. Une multitude de questions se posent quant à son origine et sa fonction. C’est peut-être la plus ancienne sculpture en bronze d’Europe.

Les deux personnes ont fait cette découverte exceptionnelle début octobre 2017. Ils ont trouvé une main sculptée en bronze portant un bracelet en or près de Prêles. Il y avait également une lame de poignard en bronze et une côte humaine. Les auteurs de la découverte ont remis ces objets au Service archéologique de Berne dès le lendemain. Les premières recherches ont montré qu’aucun objet analogue n’avait été trouvé à ce jour en Suisse ou dans les pays voisins.

Source et lire la suite : La main de Prêles, une découverte exceptionnelle | Journal du Jura

Mise à jour (24.09.2018) : Après la découverte à Prêles, faut-il interdire la détection de loisir?

Dans le prolongement de cette nouvelle, la RTS nous apprenait que l’un des deux particuliers à l’origine de cette découverte était sous le coup d’une plainte pénale du Service archéologique bernois. Pour comprendre la situation, la RTS proposait l’Interview de Reto Blumer, archéologue cantonal fribourgeois. Ce dernier indiquait « qu’à priori, et jusqu’à preuve du contraire, cette découverte s’est faite dans une zone pour laquelle les détectoristes n’avaient pas d’autorisation et sans s’inscrire dans le cadre d’une collaboration avec le service archéologique».  Si la découverte reste néanmoins exceptionnelle du point de vue du mobilier archéologique et de sa valeur artistique notamment, par contre, précisait Reto Blumer, « le cordon ombilical qui liait cet objet à son contexte structurel dans le sol a été coupé par les gens qui ont procédé à cette détection non-autorisée ». Cette situation prive l’objet archéologique d’un potentiel de reconstitution historique par des spécialistes.

Sources et compléments : Après la découverte à Prêles, faut-il interdire la détection de loisir? | RTS Culture

Mise à jour (15.12.2019) : Le découvreur de la  «main de Prêles» condamné

Le particulier qui avait découvert une main en bronze datant de 3500 ans à Prêles à l’aide d’un détecteur de métal a été condamné à une amende de 2500 francs. Le tribunal l’a reconnu coupable d’infractions à la loi sur la protection du patrimoine.

Source et compléments  : https://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Region/20190925-Le-decouvreur-de-la-main-de-Preles-condamne.html#