Une histoire du cinéma français (1930-1939)

Une histoire du cinéma français (1930-1939) est le premier volume d’une collection qui comportera 8 volume, un volume par décennie jusqu’à 1999.

Une histoire du cinéma français se présente comme une série d’ouvrages, classés par décennies successives (des années 30 à nos jours) pour offrir au lecteur un panorama complet du cinéma français. Pour chaque année sont mis en avant les films majeurs, un grand réalisateur, une actrice et un acteur, ainsi qu’un grand dossier thématique abordant, pour le cinéma, les questions essentielles de la période. À travers ces analyses, et la mise en perspective des œuvres et des artistes dans un contexte historique, social, politique et même technique, ce livre se veut le récit riche mais encore trop méconnue, du cinéma français.

Tome 1 : Les années trente

De l’avènement du parlant à l’effondrement de la seconde guerre mondiale, les années 30 représentent, à plus d’un titre, un véritable âge d’or du cinéma français. À la suite de la révolution technique liée à l’arrivée du parlant qui bouleverse totalement l’approche du septième art, la décennie est marquée par des événements historiques aussi importants que la crise de 1929 et le Front populaire. Avec, d’un côté, le souvenir encore prégnant de la Grande Guerre et, de l’autre, la peur d’un nouveau conflit, se dessine un cinéma français en pleine mutation, entre insouciance et gravité, entre idéalisme et réalisme, jusqu’à la naissance d’un courant déterminant pour le cinéma mondial, le réalisme poétique.

Durant les années 30, de grands maîtres (René Clair, Jacques Feyder, Jean Renoir, Julien Duvivier, Marcel Carné) réalisent des chefs-d’œuvre encore mondialement reconnus (À nous la liberté !, La Kermesse héroïque, La Grande Illusion, Pépé le Moko, Hôtel du Nord) ; de grands acteurs et actrices sont élevés au rang de monstres sacrés (Jean Gabin, Louis Jouvet, Michel Simon, Raimu mais aussi Arletty ou Michèle Morgan) sans oublier l’apport inestimable de grands seconds rôles qui font toute la verve de l’époque.

Les auteurs

Inspecteur de l’Éducation Nationale, Philippe Pallin (décédé) a orienté ses activités d’enseignant et de formateur vers l’histoire et les techniques du cinéma.

Producteur de radio et auteur pour la télévision, Denis Zorgniotti est également journaliste et critique, musique et cinéma.

Organisation de l’ouvrage – Les dossiers de ce volume

Année après année, les auteurs détaillent les productions, artistes, techniques et événements historiques qui marquèrent la décennie. À chaque chapitre son dossier qui permet de mieux comprendre les caractéristiques de cette cinématographie. Le dossier intéressera les enseignant•es d’histoire, de français ou d’art visuel. Pour saisir le principe d’organisation du volume, voici la table des matières pour l’année 1930 :

  • Présentation. L’année 1930
  • Le film de l’année. L’Âge d’or (Luis Buñuel)
  • Gros plan. Sous les toits de Paris (René Clair)
  • Coup de cœur. À propos de Nice (Jean Vigo)
  • Coup de cœur. La Petite Lise (Jean Grémillon)
  • Un réalisateur. René Clair
  • Une actrice. Louise Brooks
  • Un acteur. Albert Préjean
  • Dossier de l’année. France, 1930 – Et la parole fut

L’avis de CinéChronicle

« Entre mouvement (le réalisme poétique), développement du système des vedettes, évolutions technologiques (l’arrivée du son), ou âge d’or des scénaristes (Prévert, Jeanson…), les deux auteurs offrent un panorama relativement complet qui profite d’une méthode qui fait honneur à leur mission pédagogique. À la fois concis et disert, le propos se structure selon un point de vue attentif et cinéphile. (…)

Si l’on peut regretter le manque ponctuel d’attention à l’aspect visuel des films, les analyses proposées répondent à un évident souci de clarté qui permet d’élargir le lectorat potentiel de la publication (on pense notamment aux plus jeunes des cinéphiles). »

Lien : https://www.cinechronicle.com/2020/09/livre-une-histoire-du-cinema-francais-1930-1939-critique-127353/

L’ouvrage est disponible en trois format : 32 € (print) – 46 € (relié) – 19,99 € (numérique)

Source : Une histoire du cinéma français (1930-1939) – éditions LettMotif

L’éducation aux temps du coronavirus

Quelle lecture peut-on avoir de ce qui s’est passé durant le confinement ? Est-ce un accident ou le résultat d’une politique ? Un moment exceptionnel ou l’accélérateur de politiques déjà bien introduites ? Stéphane Bonnery (Paris 8 Escol) et Etienne Douat (Gresco, Poitiers) livrent aujourd’hui un ouvrage (L’éducation aux temps du coronavirus, La dispute) qui est la première lecture sociologique de ce qu’a vécu l’école depuis mars 2020. Il rend justice aux enseignants qui ont tenu le fil scolaire avec les familles durant ces longs mois. Et il explique comment un virus a interagi avec des choix de société pour produire une montée des inégalités avec laquelle l’Ecole doit maintenant se débattre.

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 » Ce n’est pas en soi le virus qui a créé du « décrochage » et plongé des élèves, des étudiant.es et leur famille dans la difficulté, le malentendu ou le désarroi pour poursuivre leurs apprentissages », écrivent S Bonnery et E Douat. « Ce qui contribué à construire et façonner « leurs » problèmes ou les a « coincés », en hypothéquant l’avenir scolaire ou universitaire d’une partie d’entre eux, est pour une large part le produit des conditions dégradées, désormais structurelles, du système d’enseignement public en France… Et l’accentuation des difficultés voire le « blocage » d’une partie des élèves et de la population étudiante à l’heure de la pandémie a été finalement aussi, et plus généralement, le résultat d’une politique de non-mixité sociale, de « renoncement » plus ou moins implicite selon les périodes à la démocratisation scolaire, d’externalisation hors de l’école des enjeux d’apprentissage et de remédiation. Et ces logiques à l’oeuvre depuis des décennies ne relèvent pas seulement d’une forme d’abandon, mais aussi de l’organisation rationnelle de l’élimination sociale, par la mise en place volontaire de conditions d’études inégales selon les classes sociales qui fréquentent les établissements ou qui y sont recrutées ».

Si cette étude est centrée sur la France, les éléments ci-dessus en lien avec le « décrochage » d’une partie des élèves et les éléments structurels et non conjoncturel de ceux-ci sont également à interroger par rapport à la situation en Suisse romande.

Source : L’éducation aux temps du coronavirus

Frÿburg 1606 : Voir Fribourg comme en 1606

Comment vivaient les habitants de Fribourg au début du XVIIe siècle? Comment étaient-ils habillés? Quelles étaient leurs occupations professionnelles? Et quelle était l’apparence de la ville? La nouvelle offre de Fribourg Tourisme invite les visiteurs de la Cité des Zaehringen à se plonger dans le passé. Grâce à un visioguide (avec écouteurs et tablette), ceux-ci voyagent dans l’espace et le temps.

Philippe, le guide virtuel, présente les murs séculaires de Fribourg à la lumière du plan de ville réalisé en 1606 sous forme de gravure par Martin Martini. Traversant les siècles, il emmène les spectateurs/auditeurs à la découverte de fortifications disparues ou de légendes, et, surtout, leur fait rencontrer des personnages dans leur quotidien de 1606. Parmi ceux-ci: Marie, une Fribourgeoise née en 1586. A travers leur dialogue, le visiteur peut tracer des traits d’union entre le présent et le passé.

Location des audioguides à Fribourg Tourisme (12 francs par personne, 17 francs pour deux personnes sur une tablette). La visite dure trois heures. Disponible aussi pour smartphone.

Source : La Liberté https://www.laliberte.ch/news/regions/canton/voir-fribourg-comme-en-1606-576182

4 scénarios pour enseigner ou former à distance

Maintenir la continuité pédagogique en cette période nous a démontré plus que jamais le besoin impérieux de s’adapter afin de garantir la qualité des apprentissages.

Le livret gratuit 4 scénarios pour enseigner ou former à distance (Parmentier et Vicens, Dunod, 2020) propose des scénarios d’enseignement adaptés à l’enseignement supérieur et reposant sur des principes et méthodes issus des recherches expérimentales en enseignement et en psychologie cognitive :

  • l’exposé interactif,
  • le travail en petit groupe,
  • la classe inversée,
  • la présence à distance.

Tous débutent par la description d’une ​situation fictive​, mais basée sur des expériences réelles issues de l’enseignement supérieur.

Les aspects clés d’un scénario sont ensuite détaillés de la manière suivante :

  • Quel est le principe général ?
  • Pourquoi et à quelles conditions cela fonctionne-t-il ?
  • À vous de jouer !

Des ​fiches pratiques​ facilitent la mise en application.

Chaque scénario se termine par une liste succincte de références bibliographiques.

Télécharger le livret

Source : www.innovation-pedagogique.fr

Licence : CC by-sa

Source image : Photo de Lê Tân sur Unsplash

Ecole à distance, le défi de l’accompagnement

Le Covid-19 a contraint l’école au télé-enseignement, soulevant de nombreux enjeux pédagogiques pour le futur que «Le Temps» a exploré en cette semaine de rentrée scolaire. Ce jeudi 27 août, l’article s’intéresse à la profusion des outils et plateformes utilisées et sur la nécessité ou non d’une harmonisation de ces outils et pratiques.

Extrait 1 :

La crise a nourri une certaine confusion pédagogique. Toute plateforme numérique doit permettre d’échanger avec la classe, de réceptionner des travaux, de partager des documents de référence. Problème: un large éventail d’outils informatiques propose ces fonctionnalités basiques. «Les enseignants ont travaillé avec Microsoft 365, Pronote, Educlasse… On veut une plateforme unique pour la Suisse romande pour éviter une trop grande hétérogénéité», demande Samuel Rohrbach, président du Syndicat des enseignants romands.

Extrait 2 :

Mireille Bétrancourt, spécialiste des technologies dans le secteur pédagogique, ne balaie pas l’idée d’une uniformisation mais loue les avantages de la flexibilité. Offrir un espace de liberté aux enseignants s’avère précieux. Un constat partagé par David Fernex, enseignant de mathématiques et membre du bureau de la Famco, syndicat genevois des enseignants du cycle d’orientation: «Elargir le panel d’outils permet de mieux adapter son cours aux élèves. Il faut se poser la question de leur utilité et les mobiliser avec parcimonie. Le travail humain doit primer.»

Le débat et la discussion sont ouverts…

A lire : www.letemps.ch

Le goût de l’archive déconfinée – Médié V@l

Je vous invite à lire ce très beau texte de Stéphanie Pirez-Huart décrivant les changements du travail en archive à l’ère du covid-19 et du déconfinement. 

Stéphanie Pirez-Huart consacre actuellement sa recherche sur l’histoire de Valenciennes à la fin du Moyen Âge. Son étude vise à déterminer l’aire d’influence de la ville à différentes échelles. L’objectif est de définir plusieurs cercles géographiques de l’action urbaine et les modalités de cette autorité. On s’attachera donc aux hommes et aux femmes qui font la ville et son œuvre, mais aussi aux terres et aux paysages. De façon sous-jacente, c’est la question d’une possible identité urbaine qui anime ce travail, dans une perspective de révision de la géographie régionale dans le Moyen Âge tardif.

Extraits : 

Les centres d’archives ayant rouvert il y a quelques semaines, Stéphanie Pirez-Huart nous entretient de ses nouvelles conditions de travail aux Archives Départementales du Nord.

Premier extrait : les habitudes d’avant

Comme le décrit Arlette Farge dans son célèbre Goût de l’archive, j’y ai mes petites habitudes, comme beaucoup. Je m’assieds toujours à la même place, dotée d’une lampe avec ampoule, face à la baie vitrée, dans la deuxième rangée en partant de la droite quand on fait face à la salle de lecture depuis la banque de prêt. Et comme le décrit Arlette Farge, c’est toujours très irritant d’y découvrir un intrus lorsque la place n’est pas libre à mon arrivée.

Deuxième extrait : les nouvelles conditions de travail 

La pandémie de covid a balayé tout cela. Désormais il faut réserver sa place, et il vaut mieux s’y prendre tôt. Car le nombre de personnes possibles dans la salle est limité, et délimité physiquement. Les longues tables ont été coupées en trois, chaque emplacement matérialisé par un ruban de couleur. À l’entrée il faut montrer patte blanche. Le contrôle des sacs n’est pas nouveau, quoiqu’à mon sens pour le moins curieux dans un lieu comme celui-ci, mais ça n’est pas le plus important. Notre agente d’accueil est désormais masquée mais effectue son travail avec toujours autant de chaleur, bien qu’à bonne distance. C’est elle qui délivre le numéro de place après avoir vérifié mon nom sur sa liste. Dans les escaliers, deux couloirs sont dessinés, l’un montant, l’autre descendant, pour respecter les consignes de circulation des personnes. À l’étage, on trouve une même signalisation au sol, qui invite le public à suivre un chemin précis pour se rendre à la place attribuée puis à la banque de prêt. L’ensemble du comptoir d’accueil est désormais muni d’un vaste mur en plexiglas. Les livres sont interdits à la consultation, les revues ont été retirées des étagères et la salle des inventaires est inaccessible. De nombreuses chaises ont disparu et l’un des pupitres près de la fenêtre est condamné. Le virus et ses conséquences s’imposent au regard, et sa matérialisation dans le paysage, massive en dépit de la transparence du matériau, rappelle constamment les mois qui ont précédé et les raisons qui ont conduit à toutes ces mesures.

Troisième extrait : les conséquences possibles à moyen/long terme : 

Ces conditions de travail sont aussi un défi pour les personnels des archives : la salle des inventaires est inaccessible, mais tous les instruments de recherche n’ont pas été numérisés. Si ce système se maintient, les services devront inévitablement envisager des opérations de numérisation massives pour permettre d’accéder aux inventaires qui ne sont pas encore en ligne. Autant de travail supplémentaire avec, j’imagine, les mêmes moyens qu’à l’accoutumée. Et une pression accrue pour répondre aux demandes du public, qui ne manqueront sans doute pas.

Source : Le goût de l’archive déconfinée – Médié V@l

Crédit photo : Photo de Marcus Loke sur Unsplash

« Petit Pays », le paradis perdu

Une enfance dans la tourmente. Le quotidien insouciant de Gabriel (alias Gaby), enfant d’un couple mixte formé par un Français et une Rwandaise tutsie réfugiée dans le Burundi voisin, va être bouleversé par la guerre civile qui frappe le pays. Un conflit alimenté par la haine qui infuse depuis des décennies entre Tutsis et Hutus, les principales communautés de cet Etat d’Afrique de l’Est. Le cinéaste français Eric Barbier, qui a adapté le livre éponyme de l’auteur franco-rwandais Gaël Faye, décrit dans Petit Pays la dislocation d’une famille embarquée dans une crise qui, à la fois, la dépasse et la touche intimement.

Du regard de cet enfant sur les troubles socio-politiques traversés par le Burundi, au milieu des années 90, résulte un récit qui s’apparente à une fusée à plusieurs niveaux : Eric Barbier filme au plus près et avec justesse la mue graduelle de ses protagonistes dont les vies s’effritent et les destins finissent par être scellés par la tragédie. Avec Djibril Vancoppenolle, dans la peau du petit Gabriel, le cinéaste guide avec sagacité le spectateur dans les méandres d’une histoire politique complexe et en fait surtout le témoin du quotidien d’individus, qui du jour au lendemain, se trouvent aspirés par une violence inouïe.

Source : Eric Barbier :  » ‘Petit Pays’ n’est pas un film que l’on oublie quand on a fini le montage »

Pour Première :

Petit Pays c’est une claque aux films hollywoodiens sur les guerres africaines qui se sont gorgés des images de violence. Ici, La gifle est encore plus grande, quand le spectateur, comme le héros, réalise l’ampleur de l’horreur.

L’info du jour  a rencontré le cinéaste Eric Barbier et l’actrice Isabelle Kabano, lors de l’avant-première du film au Caméo, à Nancy. A lire : « Petit Pays », le paradis perdu

« La vraie question que pose le télétravail, c’est celle de l’utilité du travail »

Le retour du télétravail doit être l’occasion de repenser globalement l’organisation du travail, estime Isabelle Barth, professeure en sciences du management, qui s’inquiète de la tentation de réduire les temps jugés « improductifs ». Extrait.

Avec le télétravail, beaucoup de tout ce qui nous occupait disparaît : les trajets travail-domicile bien sûr, mais aussi tous les déplacements intraprofessionnels. Les moments de socialisation se réduisent à peau de chagrin : les pauses, les déjeuners, les « afterworks » [moments conviviaux entre collègues]. Les conférences, les cours, les réunions peuvent parfaitement se tenir en distanciel.

En effet, le bilan est là : le job est fait ! Est-ce que pour autant, tout ce qu’il y avait autour, était superfétatoire ? Inutile le pot à la fin d’une soutenance de thèse ? Inutiles les discussions de fin de cours autour du prof ? Inutiles les échanges de regards, les discussions en off lors d’une réunion ? Inutiles les petits bavardages dans le couloir ? Bien sûr que non !

En parallèle, une prise de conscience se fait : ce qui était accepté en présentiel devient insupportable en distanciel. Ces réunions qui durent des heures avec de longs monologues qui n’intéressent que celui qui « cause », ces enseignants qui se contentent de lire leurs slides, ces conférences mal préparées qui brassent des idées vagues. Le distanciel grossit le trait, zoome sur toutes ces dérives et amène la question : entre temps au travail et temps de travail, quel est l’écart acceptable ?

Après ce constat, Isabelle Bart propose trois pistes d’action pour ne pas aller vers un assèchement drastique du travail:

  1. La première est d’organiser des systèmes hybrides conjuguant présentiel et distanciel, qui amènent à recentrer le lieu de travail sur l’échange et la socialisation. 
  2. La deuxième piste est de former massivement les salariés à des méthodologies de gestion du temps, gestion de projet, prise de parole en réunion, animation de groupes de travail… ce qui est jusqu’à présent réservé à l’encadrement.
  3. La dernière recommandation, et la plus importante, est de réfléchir à l’« indirectement productif », ce qui consiste à mieux définir ce qu’on attend des temps non directement alloués à la production. Ces temps ne sont pas directement « utiles » mais ils contribuent aussi indirectement à l’activité, à la qualité du produit ou du service.

Source : « La vraie question que pose le télétravail, c’est celle de l’utilité du travail »

Crédits image : Image de Pexels sur Pixabay 

Et si finalement les moyens numériques étaient de précieux auxiliaires pédagogiques ? – Veille et analyse TICE, partage, approche critique

Dans son dernier billet de blog, Bruno Devauchelle souhaite que l’illusion de la transformation de la pédagogie par le numérique laisse la place désormais à la recherche conjointe des évolutions pédagogiques d’une part et d’une approche critique des technologies du numérique et de leurs évolutions.

Pour lui, les trois mois de confinement ont confirmé le rôle d’auxiliaire pédagogique joué par les moyens numériques :

Quelles transformations pédagogiques, si l’on fait abstraction des contraintes, on peut imaginer avec l’aide du numérique ? La plus ancienne est celle de l’Enseignement programmé, et assisté par ordinateur (EAO). Il s’agit purement et simplement de remplacer l’enseignant par la machine programmée. La plus récente est probablement la classe inversée, même si celle-ci ne doit pas vraiment grand-chose aux moyens numériques sur le plan pédagogique. Entre les deux, il y a des pratiques de différents types : collaboration, simulation, Mooc (CLOM), hybridation. Mais dans tous ces cas, à y regarder de plus près, les vraies transformations portent d’abord sur la place de l’enseignant et sur l’activité de l’élève au sein de l’espace d’apprentissage. Parce qu’il permet d’assouplir le recours au numérique ne transforme pas réellement l’enseignement, mais autorise des activités, des tâches qui sont difficiles à mettre en œuvre : ainsi en langue en est-il de l’écoute, du visionnage et de l’enregistrement. Aussi en mathématique avec la géométrie dynamique ou en physique ou en SVT avec la simulation.

Source : Et si finalement les moyens numériques étaient de précieux auxiliaires pédagogiques ? – Veille et analyse TICE, partage, approche critique:

Images d’en-tête : Image de Monsterkoi sur Pixabay

Un jeu vidéo pour s’immerger dans le confinement des autres

Suite aux mesures sanitaires mises en place ce printemps en Suisse, deux étudiants, un graphiste, un chercheur de l’EPFL et un journaliste du «Temps» ont créé un récit interactif.

La question s’est posée au début du semi-confinement, alors que le covid était déjà omniprésent dans les médias: comment aborder cette thématique d’actualité autrement? Et si nous explorions la piste du jeu vidéo pour s’immerger dans le quotidien d’autres personnes et entrevoir ce qu’elles ont vécu? Lancé par l’Initiative pour l’innovation dans les médias (à laquelle Le Temps est affilié) en collaboration avec l’EPFL et l’Unil, ce projet de création de jeu vidéo a été mené durant l’été. Retour sur une coopération inédite menant à la création de Quatre apparts & un confinement.

Chargés de coordonner ce projet, Yannick Rochat et Paul Ronga ont décidé de s’inspirer des game jams, ces événements qui ne durent qu’un week-end et lors desquels on se réunit pour créer des jeux vidéo de A à Z. En un temps limité, il s’agit de tirer parti de toutes les compétences présentes, de laisser libre cours à l’esprit d’initiative et de faire preuve de bienveillance mutuelle.

Le résultat est superbe graphiquement. Les utilisateurs peuvent cliquer sur les appartements numériques, visiter chaque personnage et participer brièvement à leur vie: leurs décisions, leurs inquiétudes, leurs désirs ou leurs frustrations. Certaines expériences peuvent sembler familières aux utilisateurs, tandis que d’autres offrent une perspective différente sur ce que d’autres personnes peuvent ressentir pendant le confinement. Une réussite !

De plus, grâce à son code open source, d’autres médias et institutions sont invités à publier ou adapter l’expérience de jeu unique, par exemple dans d’autres langues.

Le jeu hébergé sur le site-web et l’application mobile Le Temps. : « Quatre apparts et un confinement »

De gauche à droite: Andrew Dobis, Saara Jones et Mathias Hängärtner, les trois jeunes créatrices et créateurs recrutés pour créer le jeu. — © Carine Roth pour Le Temps

L’équipe de développement/réalisation :

Conception du jeu :  Saara Jones @astonedf
Graphisme : Mathias Hängärtner @matang
Développement : Andrew Dobis @dobios
Coordination du projet : Yannick Rochat @yrochat, Paul Ronga @palrogg
Producteurs :  Mounir Krichane (IMI), Gaël Hürlimann (Le Temps)

Source : Un jeu vidéo pour s’immerger dans le confinement des autres – Le Temps