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Le Chagrin et la Pitié est une chronique d’une ville française sous l’Occupation: Clermont-Ferrant. Ce documentaire de Marcel Ophuls fut réalisé en 1969, projeté deux ans plus tard dans une petite salle du Quartier latin, le Saint-Séverin, et montré pour la première fois sur les chaînes françaises en… 1981 ! La première interrogation qui vient d’emblée à l’esprit, c’est pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps, pour voir ce film ? Cette chronique tente d’y répondre.
Auteur/autrice : lyonelka
Revue de presse | Février 2010 (2)
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A l’ouest de l’Allemagne, le plus important centre d’enquête sur les crimes nazis poursuit son travail. A Ludwigsbourg, travaillent six anciens juges et procureurs allemands qui ont fait de la chasse aux derniers criminels nazis leur raison d’être. Ce sont eux qui ont obtenu en mai 2009 l’extradition des Etats-Unis de John Demjanjuk. Le procès de l’ancien gardien de camp a débuté à Munich en novembre dernier.
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Les efforts investis depuis 30 ans par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) du Québec pour corriger la représentation des minorités culturelles dans le matériel didactique semblent avoir porté leurs fruits, du moins en ce qui concerne la représentation de la minorité musulmane. Pour ce qui est de la représentation du génocide subi par les juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, le contenu informatif laisserait plutôt à désirer. Ces deux constats découlent de travaux réalisés à la Chaire de recherche du Canada sur l’éducation et les rapports ethniques.
Revue de presse | Février 2010
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Les jeunes off-line et la fracture numérique (.pdf) | Internet pour tous
Constat: «Il existe un décalage entre l’expérience des jeunes sur internet et les attentes de la société à leur égard en matière d’usages des TIC dans la sphère socioéconomique.» Par ailleurs, «les enseignants sont souvent dépourvus de moyens pédagogiques pour initier les jeunes aux bons usages des TIC.» Recommandation: «Dans les programmes de l’enseignement secondaire, […], il est nécessaire de favoriser les méthodes pédagogiques qui permettent aux jeunes de dépasser progressivement les limites de leur propre univers internet, mais en valorisant celui-ci plutôt qu’en le diabolisant.» Une place toute particulière doit être faite à l’éducation aux médias relativement pour développer la capacité de décryptage des informations numériques et la promotion des bonnes pratiques. -
Black Loyalists in the American Revolution
L’histoire des habitants des treize colonies américaines qui restèrent fidèles à la couronne britannique est fort méconnue dans nos contrées. Ils sont connus sous le terme de « Loyalistes » Il en est de même concernant les esclaves qui rejoignirent les Loyalistes à la suite d’une des deux déclarations proclamées à leur intention par les deux commandants en chef britannique. En 1775, on comptait environ 500’000 esclaves noirs dans les colonies du Sud soit le 20% de la population totale des treize colonies. Les estimations sur le nombre d’esclaves ayant rejoint les Britanniques sont d’environ 100’000. Au moment de la défaite des Britanniques la question se posa alors concernant leur sort. Cet article fait le point sur cette question notamment à partir des archives de la New York Public Library. -
Ce que l’armée US préféra censurer : la première guerre mondiale, en photos | BUG BROTHER
Un noir avec des fleurs, qui lui ont été offertes par des femmes françaises le remerciant d’avoir contribué à les libérer ? Mais vous n’y pensez pas ! Des soldats américains, sourires en coin et choppes de bière à la main, dans la “Kantine” de la position ennemie qu’ils venaient de libérer ? L’alcool était formellement interdit ! Secrecy News, excellent blog de la Federation of American Scientists consacré à la culture du secret et aux services de renseignement, a mis en ligne un mémoire datant de 1926 et présentant tout l’éventail de ces photos de la première guerre mondiale que l’armée américaine préféra censurer. Vous trouverez grâce à Jean-Marc Manach un petit best of, en mode diaporama de cette collection. -
3e Repérages / ou comment réviser ces « fichues dates ? | Histoire de bloguer
Histoire de bloguer nous présente le travail réalisé par ses élèves dernièrement. Un bel exemple d’implication des élèves et de pédagogie différenciée en rapport avec la mémorisation de dates. «Cette réflexion a été menée par une poignée d’élèves pendant les jours où la neige a paralysé les transports scolaires. Ils voulaient réviser une partie de leur brevet blanc. Certains ont utilisé la méthode classique : apprendre ou revoir au fur et à mesure par niveau, une date et son événement. A tour de rôle, ils ont complété sur un logiciel une carte heuristique. D’autres ont inventé deux jeux de cartes à imprimer sur papier cartonné. Ensemble, nous avons affiné les règles du jeu.» A consulter vivement: la carte heuristique et les deux jeux de cartes réalisés par les élèves. -
Britain Loves Wikipedia
« Britain Loves Wikipedia » (La Grande-Bretagne adore Wikipédia) est une compétition et une série d’évènements qui se tiendra pendant un mois dans les musées partenaires à partir du 31 janvier 2010. La compétition, ouverte aux participants de tous âges, tous milieux et toutes origines, encourage le public à photographier les trésors de nos musées d’art et les incite à prendre une part active dans l’archivage numérique des collections nationales. Toutes les photographies qui entreront en lice pour la compétition « Britain Loves Wikipedia » seront mises à disposition sous licence libre sur le site Wikimedia Commons et pourront alors servir à illustrer les articles de Wikipédia. -
Décrypter le « cas Nixon » | La vie des idées
Il n’est guère de figure plus controversée dans l’histoire récente des États-Unis que celle du président Richard Nixon. Secret, manipulations et coups tordus ont jalonné son ascension au pouvoir. Et pourtant, sa présidence est aussi marquée par la fin de la guerre du Vietnam et l’amorce d’une détente avec l’Union soviétique. Antoine Coppolani commence ainsi le compte-rendu de l’ouvrage de Romain Huret (2009). De l’Amérique ordinaire à l’État secret. Le cas Nixon, Paris, Presses de Sciences Po, 322 p. et en conclut: «Au total, voilà, avec Le Cas Nixon, un livre de haute tenue intellectuelle, désormais incontournable, et une contribution importante aux débats historiographiques et politiques qui portent sur la carrière et la présidence de Richard Nixon, comme à la compréhension des États-Unis contemporains.»
André Gunthert : “Internet est une révolution de la consultation plus que de la production” « InternetActu.net
Le discours sur la perte des données numériques est un leurre. Nous avons aujourd’hui un problème de trop-plein, de tri et de sélection. Ce dont on a besoin c’est d’une bonne gestion de l’oubli. La discussion sur le droit à l’oubli initiée par la secrétaire d’Etat à l’économie numérique est mal posée, mais elle demeure une bonne question face à l’univers numérique qui par défaut conserve tout… Ce qui est vite ingérable.
Howard Zinn (1922-2010)

Cette semaine disparaissait l’historien américain Howard Zinn, auteur notamment d’une Histoire populaire des Etats-Unis. De 1492 à nos jours et citoyen très engagé notamment contre la guerre en Irak. Voici une revue de presse des principaux articles parus à la suite de son décès:
La Seconde Guerre mondiale en 150 films de guerre | Télérama
La sortie en DVD d’Iglourious Basterds a incité Télérama à proposer ce mini-site présentant 150 films consacrés à la Deuxième Guerre mondiale et aux différents sous-genres du film de guerre made in 39-45. Le tout est accessible à partir de la carte suivante sous la forme d’un plan de lignes de métro:
En cliquant sur les pastilles, les films s’affichent et sont reliés à une thématique:
Une fois la pastille du genre considéré activée, l’ensemble des films répertoriés sur ce thème s’affichent à leur tour:
Dans le cas présent de la Destruction des Juifs d’Europe, les questions posées en introduction indiquent une problématique générale possible en classe d’histoire:
Certains films enfin disposent d’une courte présentation:
Il s’agit donc d’une bonne entrée en matière pour celles et ceux qui souhaitent recourir au film de fiction dans le cadre de l’étude de la Seconde Guerre mondiale. D’autres sites permettront de compléter le travail suivant les films et les thématiques identifiées. Notamment:
- Le ciné-club de Caen propose des fiches et une analyse fort intéressantes pour certains films consacrés à la Seconde Guerre mondiale et réalisés entre 1941 à 2009.
- Cinéhig: http://cinehig.clionautes.org/
- Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Catégorie:Film_sur_la_Seconde_Guerre_mondiale
- La traduction pour téléphone mobile, mais consultable évidemment via son ordinateur sur Wapedia vaut également le détour.
- La collection consacrée à la Seconde Guerre mondiale par l’Office national du film du Canada
- La collection de l’Ecpad avec les films français d’actualité et les films de synthèses du Service cinématographique des Armées
- Concernant les films consacrés à la Shoah, je vous renvoie à la présentation des ressources faites ici.
Guide 2010: Les obstacles au développement du numérique à l’école
En ce début 2010, plutôt que de bonnes résolutions, je me propose de m’attarder sur quelques tendances, opinions, réflexions relatives à l’emploi des média et technologies en milieu scolaire. A vous ensuite de trier, de vous faire un avis et/ou de prolonger.
Dans cet article fondamental relativement au contexte de l’utilisation des technologies à l’école, Pierre Frackowiak, co-auteur notamment en 208 avec Philippe Meirieu de l’ouvrage «L’éducation peut-elle être encore au coeur d’un projet de société» (Editions de l’Aube), identifie quatre obstacles (au moins) sur le chemin d’un réel usage pédagogique des TIC:
- Le modèle pédagogique dominant
- On ignore complètement les pratiques des jeunes
- On ne se pose pas la question du développement exponentiel des savoirs de l’humanité
- On ne prend pas en considération le rôle possible des autres acteurs de l’éducation
Pour lui, après analyser sérieusement ces obstacles, il en tire deux enseignements majeurs:
- on mesure à quel point l’ambition d’un développement des TIC à l’école ne peut avoir de sens et d’efficacité que si elle est inscrite dans un grand projet éducatif moderne, neuf, démocratique, lui-même inscrit dans un projet de société
- Pour faire du bled, du b-a ba, des exercices d’application, un cours classique… on n’a pas besoin d’un ordinateur, d’un coûteux tableau interactif, d’une formation aux technologies nouvelles. Comme on n’a pas eu besoin de la télévision et de la radio. Une bonne ardoise, une craie, un chiffon peuvent encore faire l’affaire. Les anciens savent que ça va même plus vite que l’ordinateur !
L’article complet de Pierre Frackowiak: frackowiak – An@é.
Un élève, un ordinateur | Digital Storytelling Lessons
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Dans cet article, Mario Asselin a regroupé une série d’articles, de références, d’enquêtes consacrées à l’implantation d’ordinateurs dans les classes telle l’expérience des Landes « un collégien, un ordinateur ».
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The Digital Directors Guild est un projet réalisé pour aider les enseignants à développer des projets multimédias pour leurs classes basés sur les principe du storytelling. The Digital Directors Guild offre des exemples et des ressources pour la réalisation de tels projets à tous les niveaux scolaires. La page des ressources de Digital Directors Guild contient des informations pour le développement étape par étape de tels projets.
TwHistory : reconstituer l’histoire en 140 caractères (2)
Dans le cadre de mon article consacré au projet TwHistory développé par deux chercheurs de l’Utah University, j’indiquais que la démarche mériterait une traduction dans le cadre scolaire. A la suite de sa publication, j’ai reçu un message de Daniel Eisenmenger, enseignant d’histoire et de français au Eichendorff-Gymnasium (Coblenz) et coordonnateur régional du programme «éducation aux médias à l’école» du centre national des médias de Coblence. Il me signalait qu’il avait transposer la démarche TwHistory dans une classe de dernière année de gymase/lycée du Eichendorff-Gymnasium à Coblence.
Cet article résume pour les lecteurs francophones l’article réalisé par Daniel Eisenmenger qui présente la séquence et les résultats du point de vue des élèves. Il est publié après avoir été soumis à Daniel Eisenmenger que je remercie chaleureusement.
Présentation du projet et de la démarche
L’Assemblée nationale constituante allemande (verfassunggebende deutsche Nationalversammlung), couramment appelée en allemand l’assemblée nationale de Francfort (Frankfurter Nationalversammlung) ou parfois de l’assemblée de l’église Saint-Paul de Francfort (Frankfurter Paulskirchenversammlung) en raison du lieu où se tenait l’assemblée, a été retenue pour ce projet. Ses 831 membres siégèrent du 18 mai 1848 au 31 mai 1849 à l’église Saint-Paul de Francfort-sur-le-Main, où le roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse donna son accord à l’idée d’une Constitution du Reich allemand.
Sa réunion marqua la première tentative d’unification politique de l’Allemagne. Cependant, par la suite les révolutions qui avaient contribué à sa fondation furent écrasées, et le refus de Frédéric-Guillaume IV d’accepter la couronne d’Allemagne permit à la Prusse et à l’Autriche de retirer leurs parlementaires, ce qui condamna le parlement et préluda à la victoire des conservateurs.

Pour la reconstitution historique, les étudiant-e-s ont assumé les rôles de six membres de la réunion de l’assemblée nationale de Francfort. Trois outils TICE furent utilisée pour réaliser ce projet: un blog (paulskirchenprojekt.wordpress.com), twitter et un wiki. La séquence a été prévue sur 8 à 10 heures et organisée en quatre phases.
Très clairement, les objectifs de la séquence combinaient des compétences disciplinaires en histoire et en éducation aux médias ainsi qu’en terme socia/colaboratifl et d’acquisition de méthodes de travail. En outre, la séquence alternait des phases de travail en petits groupes et d’intégration individuelle.
Introduction à l’utilisation des outils numériques
Les élèves utilisent l’Internet de manière sélective et n’ont qu’une connaissance lacunaire des blogs ou de twitter.
Les expériences menées par Daniel Eisenmenger avec les élèves en matière de médias et technologies, l’ont conduit au constat que la génération des «digital natives» s’ils font un usage intensifs de l’Internet, cet usage se limite au moteur de recherche Google et à Wikipedia pour extraire de l’information ainsi qu’aux réseaux sociaux que sont schülerVZ ou Facebook et aux e-mail et à la messagerie instantanée (Messenger).
Dès lors, l’usage du blog, d’un wiki ou de twitter n’ira pas naturellement de soi pour les élèves (ainsi un seul et même élève sur 18 avait déjà utilisé un blog et twitter). D’autant plus qu’il ne s’agit plus uniquement de consommer via l’Internet, mais d’y produire du contenu.
Enseigner l’éducation aux médias
En relation avec ce qui précède, la question de l’éducation aux médias est très prégnante puisqu’elle est double puisqu’il s’agit
- d’acquérir et de maîtriser des outils peu connus des élèves (en cela la situation n’est guère différente de l’acquisition et de la maîtrise par les élèves de logiciels traditionnels);
- de réfléchir à la production médiatique ainsi réalisée.
Ce temps est nécessaire, mais se fait quelque peu au détriment du contenu historique. Pour que l’utilisation de ces outils soit rentable, elle doit être faite, pour Daniel Eisenmenger, en permanence en classe et ne pas se limiter à une seule séquence, aussi intéressante soit-elle.
Enseigner l’histoire
L’immersion dans les sources historique a été à la fois excitante et motivante pour les élèves. Cette immersion doit au sujet lui-même (débats, interruptions, interjections, problèmes d’organisation de cette Assemblée constituante, divergences d’opinions, nouvelles formes de participation politique et d’organisations…).
Pour l’enseignant, il convient néanmoins de limiter les sources sélectionnées sur quelques débats clés, de restreindre les volumineux rapports des réunions de l’Assemblée. Pour D. Eisenmenger, il convient d’éviter de rendre le contenu retenu aussi aride au final que le matériel déjà contenu dans les manuels scolaires. Le côté vivant des débats doit être préservé.

En assumant le rôle d’un membre, les étudiants ont acquis une compréhension plus approfondie des controverses de l’Assemblée constituante. Le choix des personnages retenus a permis de représenter les différentes factions et groupes politiques présent au sein de l’Assemblée nationale. Ce choix a aussi permis de mettre ensuite en évidence les destins différents des protagonistes après l’Assemblée de Francfort (exécution de Blum, émigration, retrait de la vie politique, arrangement avec le mouvement réactionnaire).
Résultats de cette expérience : le point de vue des élèves
La série d’enseignements tirés de la part des étudiants aboutit à une évaluation très controversée. Certains ont salué l’intégration des médias numériques dans la salle de classe, d’autres y voyaient une salle de classe tout simplement chamboulée et ont manifesté leur désir d’un retour à un enseignement “traditionnel”.
Certains ont également critiqué le fait que le travail approfondi fait avec les sources soit perdu pour l’ensemble de la classe et jugent que les manuels scolaires offrent d’avantage de clarté et de rigueur. Un étudiant a également critiqué le manque de pertinence du contenu, bien que cela a conduit à une discussion sur la pertinence des événements historiques et des faits ainsi que sur la sélection des contenus réalisée par les programmes et les manuels scolaires.
L’article complet de Daniel Eisenmenger présentant la démarche réalisée: http://www.lehrer-online.de/paulskirchenprojekt.php?show_complete_article=1&sid=13815932434571623126132163216290
La version courte: http://www.lehrer-online.de/paulskirchenprojekt.php
Source des images: article Robert Blum de Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Blum)
Guide 2010: Avatar sauvera-t-il l'enseignement de l'histoire?
En ce début 2010, plutôt que de bonnes résolutions, je me propose de m’attarder sur quelques tendances, opinions, réflexions relatives à l’emploi des média et technologies en milieu scolaire. A vous ensuite de trier, de vous faire un avis et/ou de prolonger.
Juste avant le réveillon, Jeff Tavernier publiait sur son blog un billet intitulé 10 thèmes d’histoire-géo abordés dans Avatar. L’intitulé des thèmes était le suivant:
- Le développement durable
- Les grandes découvertes
- La colonisation
- L’exploitation des ressources énergétiques
- La guerre du Vietnam
- La géographie des réseaux
- Histoire et anthropologie des religions
- Le choc des civilisations
- Les Etats-Unis
- L’interdisciplinaire
- La notion de frontière
Auquel, Yoann Moreau, en ce début 2010, apporte un utile complément avec son billet intitulé: Avatar, l’absence du politique et son renouveau mystique et qui se conclut par
James Cameron semble donc montrer une double vision du monde politique contemporain : son absence et son renouvellement possible/prévisible par la réactualisation des mythes. Cet aspect est redoutable, il doit je pense attirer notre attention et notre vigilance : l’intrication du politique et du religieux, dont les civilisations occidentales se sont extirpées avec peine, est remis à l’ordre du jour. Il se trouve que, dans le film, peut être subjugué par la beauté des corps, l’effet captivant de la 3D et le parti-pris narratif, on y adhère… sans réfléchir.
Mais peut-être êtes-vous toujours convaincu que seul le documentaire historique présente un intérêt en classe d’histoire et dit «vrai». Dans ce cas-là, je vous engage à consulter Cinémadoc, blog est associé à l’atelier du Lhivic à l’EHESS, Les enjeux de la narrativité dans le cinéma dit documentairecoordonné par Rémy Besson. Après une première année consacrée à l’étude de La part de fiction dans le cinéma documentaire, cet atelier du Lhivic se propose d’
d’examiner la dimension narrative des récits documentaires. La démarche procède d’une problématique historienne, ouverte aux acquis de l’approche culturelle du cinéma. Les enjeux de la narrativité seront donc étudiés aussi bien en amont de la fabrication du documentaire (production, choix du réalisateur, etc.) qu’au niveau de son économie interne (structure du récit, dimension fictive, etc.) et en aval, lors de sa réception (construction du récit par la critique, la censure). Ces dimensions proprement cinématographiques s’articuleront toujours à un questionnement épistémologique et historiographique sur les écritures de l’histoire.
Les enjeux de la narrativité dans le cinéma dit documentaire
D’autre part, si le récit semble être à nouveau à l’honneur dans l’enseignement de l’histoire (voir les programmes de classe de 6e en France), autant utiliser les récits qui font partie de l’univers de vos élèves lorsque l’occasion se présente. Histoire aussi de proposer des récits à interroger ou qui peuvent interroger les élèves sur le sens de la vérité et du point de vue en histoire.
En outre, il faut sans doute replacer une telle démarche dans le sillage des préoccupations de Jim Cullens qui, dans un essai récent, s’interroge sur les questions de la lecture, de l’écriture et de la pensée historique dans Essaying the Past: How to Read, Write and Think about History. Sur History New Network, il offre une synthèse de ses réflexions relatives à l’enseignement de l’histoire au 21e siècle (History without Reading). A son lecteur, il propose en introduction
Imagine, if you will, the study of history without reading. No primary source documents to ground a discussion. No monographic studies to situate a discourse. Not even a textbook for background information. How much a sense of the past could you possibly have?
Partant du principe que, si la préoccupation première des enseignant est d’enseigner à nos élèves à penser comme des historiens et de former des citoyens capables de lire, écrire et penser, nous ne réfléchissons ni suffisamment à ce que cela représente de lire pour un adolescent ou un jeune adulte en ce début du 21e siècle, ni au fait que l’alphabétisation visuelle (visual literacy) a, à bien des égards, supplanté l’alphabétisation de la lecture traditionnelle (literacy of traditional reading). Pour lui, deux éléments centraux sont à prendre en compte dans la manière de préparer et d’enseigner à cette génération:
- le recours à la technologie;
- faire visualiser et non raconter.
Pour lui, le premier élément est nécessaire, mais pas suffisant, car
A Power Point presentation can be every bit as vacuous and boring as a teacher standing in front of a room and talking at people for 50 minutes. The problem is not one of information or a means of delivery. It’s one that’s been missing from too much history for too long: imagination.
Conscient que les techniques qu’il propose n’ont rien de révolutionnaires, Jim Cullens s’appuie sur une conception en ligne de l’enseignement de l’histoire recourant à des sons, des images (fixes ou animées) et des simulations (jeux de rôle) développant en premier lieu l’imagination et l’imaginaire des élèves. L’objectif consiste de piquer l’intérêt des élèves pour que, dans un deuxième temps, ceux-ci aient envie d’en savoir plus (ou mieux) et s’engagent alors dans les lectures habituelles de l’historien. A la réserve que
The odds are, however, that the way you’d go about this is not necessarily the way your mother or grandfather did. You’d do it online.
Cela ne serait rien d’autre qu’une histoire dans les nuages (cloud history), traduction dans notre domaine du concept de computer clouding (l’informatique dans les nuages). Pour ma part, je vous renvoie provisoirement à mon article du Café pédagogique: Le Web plus efficace que la classe? et notamment aux Thèses sur les sciences historiques à l’ère digitale de Peter Haber, déjà présentées ici.





