Vive l’ordinateur en classe : une concurrence terrible pour les profs

Une salle de classe miniature (Cliff/Flickr/CC)

Je partage très largement cet avis de Xavier de La Porte que je vous invite à méditer :

Il y aurait mille autres points à examiner mais il me semble que le principal obstacle à la présence de l’ordinateur en classe n’est pas d’ordre cognitif, mais le fait qu’il est un concurrent terrible pour l’enseignant.

Un concurrent terrible parce que l’écran est terriblement séduisant, mais qu’il est protéiforme, parce que d’une seconde à l’autre, il peut faire battre le cœur de l’élève, le faire rire, lui apprendre quelque chose, qu’il oblige donc l’enseignant à une excellence de tous les instants, ce qui est impossible. Un concurrent terrible parce que, si on n’en fait pas un partenaire, il matérialisera impitoyablement les défaillances inévitables d’un cours.

via Vive l’ordinateur en classe : une concurrence terrible pour les profs – Le nouvel Observateur.

Revue de presse : Le choc de la réalité scolaire | The History Education Network

"Qu’est-ce qui nous attend pour vrai?". "Comme jeunes enseignants, sommes-nous acceptés par nos collègues?". "Quelle pression exercent-ils sur nos méthodes pédagogiques?". "Quelles sont les réelles contraintes dans la réalité de tous les jours à l’école?". "Est-il vrai qu’il est impossible d’appliquer ce qu’on apprend à l’Université?".
Pour l’enseignement de l’histoire, il existe une référence intéressante, celle de Bouhon (2010) traitant des différences entre l’idéal didactique des futurs enseignants en histoire et les choix pédagogiques réels qu’ils font une fois sur le terrain.

Le choc de la réalité scolaire | The History Education Network

Les films du cycle sur la Première Guerre mondiale | Arte

wpid-a-l-ouest-rien-de-nouvea-ii03-g-2014-02-16-09-14.jpg

A l’ouest rien de nouveau (All Quiet on the Western Front, 1930) de Lewis Milestone

Le dimanche 16 février à 20h50 sur ARTE débute avec la diffusion de La Grande Illusion de Jean Renoir un cycle de huit films sur la guerre de 14-18 à l’occasion des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale. Huit films français ou américains produits entre 1930 et 2006 dont certains comptent parmi les plus grands classiques de l’histoire du cinéma, véritables chefs-d’œuvre sur et contre la guerre. ARTE eu envie d’en discuter avec le cinéaste français Damien Odoul qui prépare actuellement le tournage d’un long métrage coproduit par ARTE France Cinéma et inspiré du livre autobiographique « La Peur » de Gabriel Chevallier, sur l’expérience de quatre ans de guerre dans les tranchées d’un jeune soldat français, et qui a choisi de commenter ses quatre films préférés du cycle.
A lire : Les films du cycle sur la Première Guerre mondiale sur ARTE vus par Damien Odoul http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2014/02/14/les-films-du-cycle-sur-la-premiere-guerre-mondiale-sur-arte-vus-par-damien-odoul/

Revue de presse : L’axe du monde | Histoire Globale

Le déclin de l’Europe, telle est l’inquiétude de Paul d’Estournelles dans un article paru dans La Revue des Deux mondes en 1896, et intitulé « Le péril prochain. L’Europe et ses rivaux ». Avant, donc, Albert Demangeon, auteur, en 1920, du Déclin de l’Europe. Et Jean-Baptiste Arrault, dans sa thèse, avait bien raison d’affirmer que « le premier XXe siècle, même avant 1914, peut être analysé, et nous avons commencé à le faire, comme une période de crise pour l’Europe ».

Parmi les différents textes de l’époque, Vincent Capdepuy s’attache plus particulièrement dans cet article à l’analyse d’un texte d’Anatole Leroy-Beaulieu, professeur d’histoire contemporaine et des affaires d’Orient à l’École libre des sciences politiques, et intitulé « L’Asie et l’Europe », paru en 1901 dans La Revue d’Asie.

L’axe du monde | Histoire Globale

Le premier génocide contemporain a-t-il eu lieu à Sotchi, avec le massacre des Circassiens le 21 mai 1864? | Slate.fr

A l’occasion des Jeux de Sotchi vous entendrez peut-être parler de la cause circassienne. Il ne s’agira pas de revendications de gens du cirque. Les Circassiens, ou encore Tcherkesses (selon l’étymologie arabe), sont des guerriers montagnards dont le premier royaume fut établi au IVe siècle avant JC dans une région de 100.000 km², aujourd’hui éclatée entre les Etats russe et géorgien. Et, à la veille des JO, la diaspora circassienne compte bien faire entendre son combat pour la reconnaissance du massacre de son peuple, perpétré il y a cent cinquante ans à l’endroit même où se dérouleront les Jeux d’hiver en Russie.

Les Montagnards quittant l’aoul, Pyotr Nikolayevich Gruzinsky (1872) via Wikimedia Commons

Après un siècle de résistance à l’impérialisme tsariste, au prix de la vie de 800.000 des leurs, les douze tribus circassiennes sont en partie exterminées à Sotchi, par Alexandre II, le 21 mai 1864. Un million d’entre eux sont alors poussés à l’exode vers l’Empire ottoman, parmi lesquels 200.000 vont mourir de faim, de maladie ou de fatigue.

La suite : Le premier génocide contemporain a-t-il eu lieu à Sotchi, avec le massacre des Circassiens le 21 mai 1864? | Slate.fr.

« La Grande Guerre a nourri la littérature durant un siècle »

Pour Laurence Campa, maîtresse de conférences en lettres modernes à l’université Paris-XII Val-de-Marne, la Première Guerre mondiale continue d’inspirer les écrivains parce qu’elle est plus qu’un cadre historique. Auteure de la « Petite bibliothèque du centenaire », sélection commentée d’œuvres littéraires sur la Grande Guerre de 1914 à aujourd’hui, elle est à l’interview pour Le Monde : Laurence Campa : « La Grande Guerre a nourri la littérature durant un siècle ».

Sa « Petite bibliothèque du centenaire » comporte 4 parties, chacune comportant une sélection d’écrits littéraires :

  1. Le temps de la guerre, 1914-1919
    Les récits publiés pendant la guerre et dans l’immédiate après-guerre portent le sceau de l’événement.
  2. D’une guerre à l’autre, 1920-1939
    Au sortir du conflit, le grand public se lasse de la littérature de guerre et aspire à tourner la page. En 1919, le Goncourt prime À l’ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel Proust, plutôt que Les Croix de bois de Roland Dorgelès.
    Cependant, la littérature de guerre n’a pas dit son dernier mot. Écrire sur la guerre demeure une préoccupation majeure. Les uns se penchent sur leur expérience combattante, les autres sur la douloureuse question du retour des hommes.
  3. Après 1945, 1945-1979
    Débâcle française, divisions nées de l’Occupation, génocide et bombe atomique, dévastations de l’Europe, la guerre qui s’achève a engendré tant de malheurs que la Grande Guerre s’en trouve éclipsée. De l’une à l’autre, le monde a changé et avec lui, la littérature. L’affrontement entre nations a laissé place aux conflits idéologiques ; la déshumanisation des tranchées à l’inhumanité des camps. Or, si elle reflue chez les jeunes esprits et dans les fictions, la Grande Guerre perdure dans les mémoires.
  4. Récits contemporains, 1980 à nos jours
    Depuis une trentaine d’années, la Grande Guerre fait retour en littérature. Avec la disparition des derniers témoins, les archives, toujours plus nombreuses, deviennent les vecteurs de la mémoire et le relais de la parole vive. La Grande Guerre procède aujourd’hui du partage, de la transmission et de la filiation. De même que jadis, carnets, journaux et lettres ont servi la mise en récit des écrivains et des témoins, de même l’histoire familiale et les papiers, privés ou publics, nourrissent-ils à présent de nombreuses narrations.

A lire aussi, notre précédent billet : La Première Guerre mondiale : une passion littéraire française ?

14-18 : Six témoignages de centenaires européens

See on Scoop.it – histoire

Dans le cadre du supplément « Europa », Le Monde, en partenariat avec The Guardian, La Stampa, El Pais, Süddeutsche Zeitung et Gazeta Wyborcza, publie les témoignages de six centenaires. Leurs souvenirs de la première guerre mondiale sont intacts.

Lyonel Kaufmann‘s insight:

Joszef Lewandowski (100 ans), Polonais, Gertrud Dyck (106 ans), Allemande, Dorothy Ellis (92 ans), Anglaise, Emma Morano (114 ans), Italienne, Osvanna Kaloustian (106 ans,) Arménienne, et Isidro Ramos (103 ans), Espagnol, témoignent…

See on www.lemonde.fr

«La culture du passé» (Le Débat) et l’histoire en classe | Chronique no 148

Dans sa dernière livraison, la revue «Le Débat» [1] s’intéresse à «La culture du passé» et notamment aux usages médiatiques de l’histoire. Il ne manquera pas d’intéresser les enseignants concernant le savoir historique médiatisé auquel leurs élèves ont accès et plus largement l’enseignement de l’histoire qu’il convient de dispenser à nos élèves à l’ère numérique.

S’intéressant à nos rapports à l’histoire, Guy Zelis [2] fournit l’axe programmatique de ceux-ci qui obligent également l’enseignement de l’histoire à l’école :

«Le rapport à l’histoire ne se résume pas à l’histoire savante ou académique mais englobe tous les usages qui sont faits du passé historique, soit cette opération historiographique au sens large dont parle Michel de Certeau dans L’Écriture de l’histoire. Les historiens entretiennent avec la société où ils vivent des relations dans lesquelles l’intelligence du passé qu’ils proposent informe d’abord sur les préoccupations du présent. Car, si l’on fait sienne la formule de Benedetto Croce, selon lequel «toute histoire est histoire contemporaine», la pratique de l’histoire se doit d’être capable de faire vibrer ses analyses au rythme des débats d’aujourd’hui. Les conditions nouvelles du rapport au passé amènent en conséquence à s’interroger sur la transformation du statut de l’histoire et de l’historien.»

Concernant les liens entre «Public history» et culture numérique, il indique en préambule que«Dans le courant du XXe siècle, des vecteurs d’informations nouveaux – la radio, la télévision et l’Internet – [ont été] porteurs d’une redéfinition de la mémoire collective, de l’activité scientifique et des pratiques culturelles», puis il poursuit relativement aux blogs des chercheurs en indiquant que

«Ces pratiques de «conversation en ligne» rejoignent par certains aspects une ancienne tradition du débat scientifique, la disputatio médiévale, l’une des principales méthodes d’enseignement universitaire utilisant le recours au commentaire d’une quaestio.»

Différents articles [3] permettront ensuite à l’enseignant de disposer de synthèses utiles rédigées par des spécialistes reconnus des rapports de l’histoire à la télévision, au cinéma, dans les jeux vidéos ou dans la bande dessinée :

Enfin, Philippe Joutard [4] s’interroge sur la révolution numérique, vieille d’un quart de siècle et qui prend de l’ampleur : que change-t-elle notre rapport au passé ? est-elle une chance pour l’historien ?

Si Joutard est moins optimiste que certains promoteurs de la Digital History concernant la démocratisation de l’histoire grâce au web 2.0 et au développement de la Public History, il souligne que

«La révolution numérique donne un appui fort à l’historiographie et, plus largement, à l’histoire des représentations, par la mise à disposition des grandes bibliothèques virtuelles et des revues jusqu’à présent souvent inaccessibles, à plus forte raison étrangères. Une république des lettres à une échelle mondiale n’est plus une utopie, comme l’espère Robert Darnton.»

En conclusion, il rejoint des positions qui sont défendues dans nos chroniques depuis 2008. Ainsi, note-t-il que les historiens doivent s’emparer de l’univers des jeux vidéos pour en faire une analyse systématique de leur contenu historique et qu’

«À partir de là, les professeurs, dans les collèges et les lycées, pourraient mieux connaître les présupposés historiques du grand nombre de leurs élèves.»

Puis il poursuit

«Autant qu’aux possibilités pédagogiques offertes par le numérique, l’attention doit être portée à la culture historique implicite véhiculée par ces divers médias, dans les jeunes générations; ce serait une aide précieuse pour une pédagogie efficace de l’histoire. Ainsi, il ne sert à rien de nier Wikipedia, il faut savoir simplement l’utiliser.»

Enfin il conclut qu’il s’agit de développer l’esprit critique de nos élèves dès leur plus jeune âge et trouve «dangereux le maintien d’une histoire-mémoire sous la forme plus ou moins aménagée du roman national. Le passé ne peut en aucun cas se confondre avec le présent et l’approche mémorielle avec l’approche historique.»

Après de tels propos, je vous laisse aller prendre un morceau de bûche et vous adresse tous mes meilleurs vœux pédagogiques pour 2014.

Ce texte est ma chronique du mois de novembre pour le mensuel du Café pédagogique : Kaufmann, L. (2013). «La culture du passé» (Le Débat) et l’histoire en classe. Le Café pédagogique, No 148, décembre

Notes :

[1] La culture du passé | Le Débat no 177, 2013/5 :
http://le-debat.gallimard.fr/articles/2013-5-presentation/

[2] Vers une histoire publique :
http://www.le-debat.gallimard.fr/articles/2013-5-ver[…]

[3] Différentes chroniques mensuelles rédigées pour le Café pédagogique seront susceptibles de compléter vos lectures, plus particulièrement en rapport avec le cinéma :

Kaufmann, L. (2009). Apocalypse : au-delà des prouesses techniques est-ce de l’histoire ? Le Café pédagogique, No 105, septembre

Kaufmann, L. (2009). Louis XVI au cinéma: une aubaine pour le travail en classe ? Le Café pédagogique, No 101, mars

Kaufmann, L. (2010). Avatar ou la force du récit à l’ère numérique. Le Café pédagogique, No 110, février

Kaufmann, L. (2010). La Seconde Guerre mondiale au prisme de l’histoire officielle? Le Café pédagogique, No 111, mars

Kaufmann, L. (2011).  Marie-Antoinette ? C’est hype ! Le Café pédagogique, No 119, janvier

Kaufmann, L. (2011).  Quelle est l’efficacité du film de fiction dans l’enseignement de l’histoire ? Le Café pédagogique, No 121, mars

Kaufmann, L. (2011). L’enquête historique à l’âge d’Apocalypse. Le Café pédagogique, No 127, novembre

Kaufmann, L. (2013). Filmer la guerre et la Shoah : une exigence politique et esthétique. Le Café pédagogique, No 140, février

[4] Révolution numérique et rapport au passé :
http://www.le-debat.gallimard.fr/articles/2013-5-re[…]

Outils Web gratuits pour l'histoire-géographie

Gille Badufle est de retour ! L’infatigable animateur de CartOoo, SosHg, de la suite Portable Hg vient de de mettre en ligne un blog « Outils Web Gratuits » consacré aux nouvelles applications Web gratuites. Il  vous propose une sélection des meilleurs sites, applications, logiciels, outils en ligne gratuits pour travailler, éditer, concevoir, organiser, partager… tout type de documents ou tout type de réalisation dans tous les domaines : textes, fichiers, images, musique, vidéos…

Source : Le Café pédagogique : http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/schumaines/geographie/Pages/2014/149_laUne.aspx

Attention cependant, web gratuit ne veut pas dire open source avec notamment les risques inhérents, pour certains services, à leur rachat, voire leur disparition soudaine.

Le blog : http://weboutils.blogspot.fr