Lecture : Embarquement pour la Scandinavie du haut Moyen Âge – Nonfiction.fr

Professeur à l’Université de Yale (États-Unis), Anders Winroth compte parmi les plus éminents spécialistes de l’histoire de la Scandinavie du haut Moyen Âge. Ses travaux portent principalement sur les religions et la culture nordiques, particulièrement étudiées dans son The Conversion of Scandinavia (2014). En 2014, il a également publié une synthèse, The Age of the Vikings, portant sur l’histoire du phénomène viking entre la fin du VIIIe et le milieu du XIe siècle. C’est précisément cet ouvrage, rebaptisé Au temps des Vikings, que les éditions de La Découverte ont décidé de faire paraître avec le concours de Philippe Pignarre qui en a assuré la traduction. Préfacé par Alban Gautier, le livre d’Anders Winroth est donc désormais accessible au public français.

L’avis de nonfiction.fr

Au bout du compte, l’auteur propose une synthèse stimulante sur l’épopée viking. Recourant à de nombreuses sources de nature variée (chroniques, archéologie, numismatique, poésie scaldique, inscription runique …), Anders Winroth offre panorama original et scientifique. Plus qu’une histoire du « temps des Vikings », sentence qui – tel un leitmotiv – rythme (un peu trop ?) la narration, l’ouvrage constitue une bonne introduction à l’histoire des peuples scandinaves en général. Les quelques illustrations qui le parsèment permettent de mieux apprécier certaines explications et développements. De même, les nombreux échos avec l’actualité rendent sa lecture stimulante qui ne manquera pas d’intéresser tout type de public. Tordant le cou aux idées reçues qui firent des Vikings des surhommes animés par la fureur de vivre, l’auteur fait justice à son sujet d’étude. Rédigé de manière plaisante, Au temps des Vikings peut se lire comme un roman, ce qui en fait un ouvrage de vulgarisation au sens le plus noble du terme.

Une bonne idée de lecture pour l’été !

Le compte-rendu : Embarquement pour la Scandinavie du haut Moyen Âge – Nonfiction.fr

Les archives numériques : Un lieu d’apprentissage à l’école

Les projets de numérisation dans les humanités ont démocratisé l’accès aux sources au cours des dernières années. Les musées, les bibliothèques et les archives placent leurs fonds de textes, de films et d’images sur le scanner et les mettent en ligne – à la disposition de tous. Cependant, dans une tribune récente de Public History Weekly de John Anke, ce processus coûteux n’a de sens que si l’enseignement des compétences nécessaires à l’histoire à l’ère digitale suit le rythme des évolutions technologiques. Extraits traduits. 

Le constat de John Anke

Ces dernières années, la numérisation a progressé de manière beaucoup plus dynamique dans de nombreuses institutions de conservation de collections que dans le système éducatif allemand. La plupart de leurs efforts visent à développer de nouveaux services éducatifs intégrés à des plates-formes d’apprentissage et des manuels scolaires numériques. En revanche, leurs politiques de libre accès reçoivent peu d’attention lorsqu’il s’agit de l’apprentissage historique dans un monde numérique. 

Dans le même temps, les enseignants allemands sont très sceptiques quant aux avantages éducatifs des médias numériques : selon l’actuel « Digital Education Monitor » de la Bertelsmann Stiftung (2017), seul un enseignant sur quatre estime que les médias numériques contribuent à améliorer l’apprentissage des élèves. D’autre part, la majorité des élèves sont intéressés par les changements apportés dans les écoles. Quatre-vingt-deux pour cent recommandent à leurs enseignants « d’essayer quelque chose de nouveau avec les médias numériques plus fréquemment ». Alors, que diriez-vous de tenir une classe dans les archives numériques ou la bibliothèque numérique ?

L’avis de John Anke 

L’accès aux collections numériques complète de manière significative le traitement des sources dans les manuels d’histoire ou les documents scientifiques. Les sources numérisées créent une plus grande proximité avec l’original et sont donc propices à la transmission historique d’une manière critique des sources et des traditions. 

Dans ses séminaires universitaires et dans le cadre d’un projet pilote dans deux lycées, John Anke a également constaté que la recherche dans les archives d’images numériques amène les étudiants universitaires et les gymnases (lycéens) à s’interroger sur le contexte dans lequel les sources sont nées et ont été transmises. Cela ouvre la discussion sur la présence et la sélection des photographies ou des sources dans leurs manuels scolaires ou les médias.

Pour John Anke, travailler avec des sources numérisées permet aux étudiants de développer  les compétences nécessaires à la recherche de sources et au développement d’une compréhension critique de l’histoire même si l’accès aux archives physiques représentera toujours un plus indéniable.

L’article original et complet : The Digital Archive: An In-school Place of Learning

Que reste-t-il du logiciel libre ? | Du Grain à moudre

Microsoft vient de racheter la plateforme de création collaborative de logiciels Github. Est-ce vraiment une bonne nouvelle pour le logiciel libre ? Et quelles conséquences pour les utilisateurs ? La philosophie du libre a-t-elle gagné ou s’est-elle fait manger ? Une émission de France culture.

Le logiciel libre va-t-il disparaître au profit du logiciel propriétaire ?

Le logiciel libre va-t-il disparaître au profit du logiciel propriétaire ? • Crédits : Priscila Zambotto – Getty

Si vous n’êtes pas vous-même développeur informatique, sans doute n’avez-vous jamais entendu parler de GitHub. GitHub, c’est une plateforme à laquelle participe des millions de développeurs. Sa particularité : elle appartient au monde du logiciel libre, c’est-à-dire qu’elle est collaborative. Chaque projet qui y est développé peut être étudié, modifié, copié…en toute liberté. Plus qu’un outil technique, une véritable philosophie.

Or il se trouve que GitHub va être rachetée.  Et pas par n’importe qui : par Microsoft. Le géant mondial de l’informatique l’a annoncé la semaine dernière. La vente n’est pas encore finalisée mais le prix est connu : 7.5 milliards de dollars.

Dans le monde du logiciel libre, cette annonce suscite l’inquiétude. Car s’il est une entreprise qui symbolise la démarche inverse, à savoir des logiciels fermés, propriétaires, c’est bien Microsoft. Sa suite Windows en est l’exemple le plus emblématique.

Ce rachat est-il le signe d’un rapprochement entre deux mondes antagonistes, désormais complémentaires ? Ou plutôt celui de la fin d’une utopie ?

« Que reste-t-il du logiciel libre ?

Source : Que reste-t-il du logiciel libre ?| France culture

Hors-série 5 – Kaamelott, un livre d’histoire | Passion Médiévistes

Les hors-séries de Passion Médiévistes vous montrent comment le Moyen Âge vit aujourd’hui d’une façon différente des épisodes habituels du podcast, à travers des rencontres hors les murs avec des historiens de tous horizons. Dans ce quatrième hors-série la doctorante en littérature médiévale Justine Breton nous parle de l’ouvrage “Kaamelott, un livre d’histoire”, qu’elle a coordonnée avec Florian Besson.

Ce livre publié en avril 2018 (éditions Vendémiaire) est issu d’un colloque organisé en mars 2017 à l’Université Paris-Sorbonne. De nombreux universitaires se sont réunis pour parler sérieusement et analyser la série Kaamelott, des historiens bien sûr mais aussi des sociologues, des musicologues, mais aussi plus largement des spécialistes de la culture geek contemporaine.

Justine nous parle de comment les créateurs de la série ont fait attention aux détails historiques au fur et à mesure des saisons, des sources littéraires de la série, de la géographie du “royaume de l’Ogre”, mais aussi des personnages féminins et de leur traitement.

Extraits diffusés pendant l’épisode :
– Kaamelott, Livre IV, épisode 95
– Kaamelott, Livre III, épisode 50

Source : https://soundcloud.com/fannycomo/hors-serie-4-kaamelott-un-livre-dhistoire

Présentation du livre par l’éditeur : Besson, F.  & Breton, J. (dir.) (2018). Kaamelott, un livre d’histoire. Paris: Vendemaire.

Le Graal pourrait-il être un bocal à anchois ? Comment Perceval connaît-il la Poétique d’Aristote ? Merlin tient-il du démon ou de la pucelle ? Les règles du sloubi seraient-elles inspirées de celles du trut ? Les dragons étaient-ils des anguilles ? Recrutait-on les chevaliers à la taverne ? Pourquoi le casque du Viking est-il cornu ? S’est-on rendu compte à Kaamelott que l’empire romain avait pris fin ?

La série télévisée Kaamelott qui met en scène le roi Arthur et les chevaliers de la Table Ronde a marqué le public par son humour décapant, ses personnages loufoques et ses répliques devenues cultes. Mais faut-il prendre au sérieux la façon dont elle réécrit aussi bien la légende arthurienne qu’une période historique charnière, entre Antiquité tardive et Moyen Âge ? C’est le pari qu’a fait une équipe de jeunes chercheurs : montrer que, au-delà des anachronismes qui font toute la saveur de la série, Kaamelott produit un discours riche d’enseignement. Tant il est vrai que chaque génération réactualise ses mythes, les parodiant ou les réinventant pour mieux se les approprier.

En réunissant, sous la direction de Florian Besson et Justine Breton, les contributions d’universitaires spécialisés en littérature et en histoire mais également en sciences politiques, en sociologie, en musicologie, en histoire de l’art ou encore en culture geek contemporaine, cet ouvrage mêle l’excellence académique au divertissement, pour mieux mettre en lumière l’incroyable richesse du monde de Kaamelott.

Articles et interviews consacrés à l’ouvrage :

Comment La Chaux-de-Fonds a construit des logements populaires au début du 20e siècle

Une visite guidée présentait samedi passé le développement urbain autour du quartier des Crêtets, en particulier pour offrir des logements pour les ouvriers au début du 20e siècle. Dans le cadre de l’actuelle exposition temporaire «18-68, quelle histoire!?», le Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds organisait samedi une visite guidée, animée par l’historien Marc Perrenoud sur le développement du logement ouvrier et bourgeois autour de 1918.

Pour en savoir plus, le musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds propose jusqu’en janvier 2019 une exposition intitulée « Quelle histoire!? » consacrée, au travers d’objets du quotidien, à la vie à la Chaux-de-Fonds, de 1918 à 2028.

Au départ, il s’agissait pour le musée de marquer les cent ans de la fin de la Première Guerre mondiale. Le concept a été élargi pour « proposer un voyage en étapes à travers le temps, pour faire ressortir les constantes, les ruptures, voire les répétitions», explique dans ArcInfo Sylvie Pipoz, médiatrice culturelle du Musée. Quatre dates ont été choisies comme autant de reflets de la vie quotidienne à La Chaux-de-Fonds: 1918, 1968, 2018 et 2068.

Concrètement, l’exposition présente différents objets représentatifs de chacune de ces époques, selon quatre thèmes: loisirs, quotidien, travail et politique. Le musée envisage également l’avenir, en se posant une question: «Que restera-t-il de 2018 en 2068?». 

Au final, l’exposition parle aussi, entre les lignes, de l’histoire et de la manière dont elle s’écrit. 

Informations pratiques : Exposition temporaire « 18-68 Quelle histoire!? » au Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds, jusqu’au 27 janvier 2019. Programme: www.mhcdf.ch.

Source : Comment La Chaux-de-Fonds a construit des logements populaires au début du 20e siècle et La vie à la Chaux-de-Fonds, de 1918 à 2028

Photo : Lors de la visite guidée autour des logements populaires avec l’historien Marc Perrenoud devant l’immeuble rue du Commerce 95-99 à La Chaux-de-Fonds. CHRISTIAN GALLEY.

Bibliographie des premières histoires de la Révolution (1789-1814) – Littérature et Révolution

Y a-t-il eu des histoires de la Révolution avant 1815 ? Oui. Une cinquantaine, pour la plupart publiées ou au moins commencées avant le début de l’Empire. Il est vrai qu’elles ont été critiquées dès le moment de leur publication et que les études consacrées plus tard à l’historiographie de la Révolution n’en ont pas fait grand cas. Elles existent pourtant et aucun critère solide ne permet de les exclure en bloc. Je leur ai consacré un chapitre de ma thèse, devenue un livre (Les Métaphores naturelles de la Révolution, p. 227-260). Olivier Ritz a écrit plusieurs articles que l’on peut lire en ligne, par exemple sur les épigraphes de ces premières histoires, sur ce qu’elles ont de tragique, ou encore sur une année particulièrement féconde, l’an IX.  Mais il publie pour la première fois ici la liste des histoires de la Révolution publiées entre 1789 et 1815.

Olivier Ritz a classé les ouvrages par année et, à l’intérieur de chaque année, par ordre alphabétique. Il a numéroté chaque nouvelle histoire, de façon à pouvoir faire des renvois pour signaler les rééditions. Ce système est peu satisfaisant : pour introduire un nouveau titre, il faudrait revoir toute la numérotation. En attendant, cela permet de se faire une idée de la production de chaque année, en incluant les rééditions ou les volumes ajoutés à des histoires commencées précédemment.

Source et lecture de la suite: Bibliographie des premières histoires de la Révolution (1789-1814) – Littérature et Révolution

Octobre 2018 : sortie d’Assassin’s Creed Odyssée

Assassin’s Creed : Odyssée emmènera les joueurs dans un voyage en Grèce antique dans le prochaine épisode de la série qui sortira le 5 octobre prochain.

Ce nouvel épisode paraît s’inspirer des systèmes RPG remaniés du Assassin’s Creed Origin. The Verge note le retour du combat naval de la série, d’abord introduit de nouveau avec Black Flag en 2013, qui verra les joueurs explorer les îles de la Méditerranée.

Dans le passé, le simulateur historique de longue date a flirté avec les systèmes de choix des joueurs, notamment dans Assassin’s Creed de l’an dernier : Origines. Mais avec Assassin’s Creed : Odyssée, la série plonge tête première dans le jeu de rôle. Le jeu met en vedette des dialogues interactifs à action vocale, des chemins d’histoire ramifiés et – première dans la série – des fins multiples.

L’un des plus grands changements à venir dans Assassin’s Creed : Odyssée est le nouveau système de dialogue interactif. Maintenant, le jeu introduit ce qui pourrait être l’ajout le plus important dans l’histoire de la franchise depuis plus de dix ans : la romance. Vous pourrez désormais faire une pause dans votre travail du jour consistant à assassiner à tour de bras pour engager une discussion avec tout un Who’s Who de personnages historiques et dormir avec certains d’entre eux !.

Dans le jeu, vous jouerez le rôle de l’un des descendants de Léonidas. Assassin’s Creed Odyssée fait entrer les joueurs dans une nouvelle ère pour la série. Elle se déroule dans la Grèce antique, vers 431 avant notre ère, ou à l’époque de la guerre du Péloponnèse entre Athènes et Sparte. Les joueurs auront le choix entre Alexios ou Kassandra, deux descendants du légendaire roi Spartiate Léonidas, qui servira d’avatar du joueur tout au long du jeu, marquant seulement la deuxième fois qu’un jeu principal Assassin’s Creed offre un protagoniste féminin.

On note aussi le retour de la bataille navale :

Ce nouvel opus sortira le 5 octobre prochain sur Xbox One, Playstation 4 et PC.

Source : Ubisoft announces Assassin’s Creed: Odyssey, set in ancient Greece – The Verge, Assassin’s Creed: Odyssey steps in with the romance options Anthem lacks et Assassin’s Creed: Odyssey is even more of a traditional RPG than last year’s Origins

Nathalie Germinal : « La scénarisation des acteurs historiques en lycée professionnel : un outil pour développer l’esprit critique des élèves » #AIRDHSS #Paris

Du 6 au 8 juin 2018 a eu lieu à l’Université Paris-Diderot la 4ème Conférence de l’Association Internationale de Recherche en Didactique de l’Histoire et des Sciences Sociales (AIRDHSS). Le thème était «  Citoyenneté, identité et altérité «. L’intervention de Nathalie Germinal relativement à la rédaction de lettres donnant le point de vue d’un acteur précis (Français d’Algérie, Armée ou FLN) a propos de la Toussaint Rouge.

Le résumé de son intervention :

«  Au lycée professionnel, la question de l’identité est présente, en CAP dans la thématique : se construire, s’insérer dans la cité ou s’insérer dans le groupe. En Terminale dans identité et diversité. De même, l’altérité est présente dans les questions d’histoire guerres et confits contemporains en CAP, le monde après 1989 ou encore Inde Algérie, colonisation, décolonisation en baccalauréat professionnel. Lors de ses recherches en didactique réalisées entre 2013 et 2015, Nathalie Germinal a analysé les représentations des élèves sur la Toussaint Rouge, mais aussi l’impact d’une pédagogie de projet pour développer l’esprit critique.
L’analyse curriculaire, la place du récit en histoire ont déterminé le choix pédagogique d’un scénario où l’élève représente un acteur historique. Il rédige une lettre qui donnait le point de vue d’un acteur précis (Français d’Algérie, Armée ou FLN). Une approche bivalente a été menée en lettres; la notion de métissage, de transmission a été analysée avec des supports variés (théâtre, romans, poésie).
Comment la citoyenneté est-elle envisagée en lettres-histoire alors qu’on ne veut pas, à part en EMC, de débat en classe ? Comment construire alors un savoir commun, une identité partagée quand on élude le débat, la variété des points de vue en classe? » 

Il faut souligner la riche séquence alliant enseignement du français et d’histoire autour d’une question socialement vive à propos de la Guerre d’Algérie entreprises avec des élèves de lycée professionnel pour éduquer à la citoyenneté et au respect de l’autre :

  • Mise en place notamment d’un jeu de rôle,
  • corpus documentaire réalisée par l’enseignante,
  • travail en îlot des élèves,
  • débat
  • évaluation/intégration au travers d’une tâche complexe de rédaction d’une lettre.

Il faut noter également que l’élément qui interrogeait Nathalie Germinal résidait dans l’incapacité des élèves de transférer leurs compétences à analyser une lettre dans le cadre de l’enseignement du français dans les leçons d’histoire quand il s’agissait d’analyser une source épistollaire.

Pour Nathalie Germinal, le travail sur la lettre a permis aux les élèves algériens d’opérer une prise de distance et de parvenir à une diminution de l’affect par rapport tant au sujet que de la tâche. Les élèves ont également pu sortir d’une vision manichéenne de l’histoire (bien vs pas bien).

Cette stimulante démarche sera réinvestie par Nathalie Germinal réinvestira l’année prochaine dans le cadre de la nouvelle organisation des lycées professionnels. 

Bibliographie :

Ricœur, P. (2000). La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, Paris, Point Seuil.
Bonafoux, C., De Cock Pierrepont, L., Falaize, B. (2007). Mémoires et histoire à l’école de la
République, Paris, Armand Colin.
Borne, D., Nembrini, J-L., Rioux, J-P. (2002). Apprendre et enseigner la guerre d’Algérie et le
Maghreb contemporain : Actes de l’université d’été, Paris, 29-31 août 2001. CRDP de l’Académie
de Versailles.
Ledoux, S. (2013). Enjeux d’une écriture historienne du devoir de mémoire, CVUH.
Thénault, S. (2014). La guerre d’indépendance algérienne. Mémoires françaises. Historiens et
Géographes, n° 425, février 2014, pp. 75-90.

Alexandre Lanoix : « Agentivité, consommation, critique et enseignement de la fiction historique : le cas du jeu vidéo historique Assassins’ Creed » #AIRDHSS #Paris

Du 6 au 8 juin 2018 a eu lieu à l’Université Paris-Diderot la 4ème Conférence de l’Association Internationale de Recherche en Didactique de l’Histoire et des Sciences Sociales (AIRDHSS). Le thème était «  Citoyenneté, identité et altérité «. L’intervention d’Alexandre Lanoix relativement la recherche effectuée avec l’utilisation du Discovery Tour d’Ubisoft.

La réalisation de ce travail a été effectuée au moment de la sortie du Discovery Tour d’Ubisoft, prolongement de l’épisode Origin de la série « Assassin’s Creed » . Lors de sa présentation, Alexandre Lanoix souligne le mode très transmissif de ce Discovery Tour.

Les conditions de la recherche étaient les suivantes :

  • 9 écoles de la région de Montréal, une seule école publique qui réunissent 285 élèves (201 garçons, 85 filles)
  • Etude faite sur une base volontaire de 40 élèves. 
  • Un groupe-témoin, un groupe expérimental. 
  • Une séquence d’enseignement d’une 12 de minutes sur la bibliothèque d’Alexandrie réalisé par Marc-André Ethier pour le groupe-témoin.
  • Le groupe expérimental utilise le Discovery Tour.

Il faut souligner que dans les programmes québécois, les élèves ne reçoivent pas d’enseignement sur l’Egypte et encore moins sur la bibliothèque d’Alexandrie.
Pour la recherche, un pré-test sur les connaissances des élèves relativement à l’Egypte antique et la bibliothèque d’Alexandrie a été effectué ainsi qu’un post-test sur l’acquisition de connaissances, immédiatement après la séquence. Il manque une vérification des connaissances a posteriori éloignée dans le temps. D’autant que des études réalisées dans les années 1980 ont mis en évidence qu’à plus long terme les élèves retiennent d’avantage des connaissances s’appuyant sur des éléments visuels.

En interrogeant les élèves après la séquence, l’équipe de recherche à noter une augmentation de l’intérêt des élèves pour la série des jeux vidéos. L’intérêt pour l’étude de l’Egypte antique est moindre. Globalement, la visite a été appréciée.

Les limites de la recherche:

  • connaissances à mémoriser simples et avec peu d’intérêt didactique,
  • malgré leur exotisme, il reste à vérifier la mémorisation à long terme,
  • l’influence des JVH sur l’imaginaire et la mémoire des élèves n’a pas été prise, notamment sur les types sociaux et politiques, l’agentivité, etc.
  • Aucune mesure du développement de l’esprit critique

Questions laissées sans réponse :

  • Le tour serait-il plus efficace dans un mode hybride ((jeu et enseignement plus traditionnel) ?
  • De quels savoirs les enseignants ont-ils besoin ?

La présentation d’Alexandre Lanoix :

Bibliographie
Boutonnet, V. (2016). Historical agency and videogame play: a case study of Assassin’s Creed 3.
Dans J. Wojdon (dir.), E-Teaching History (p. 115-133). Newcastle Upon Tyne, Angleterre : Cambridge Scholars Press.
Boutonnet, V. (2018). Jeux vidéos et interprétations historiques : étude d’Assassin’s Creed. Dans
M.-A. Éthier, D. Lefrançois et F. Audigier (dir.), Pensée critique, pensée historienne et enseignement de l’histoire et de la citoyenneté (p. 163-179). Belgique : De Boeck.
Boutonnet, V., Joly-Lavoie, A. et Yelle, F. (2014). Intégration des jeux vidéo : entre jeux sérieux et
jeux traditionnels. Dans M.-A. Éthier, D. Lefrançois et S. Demers (dir.), Faire aimer et apprendre l’histoire et la géographie au primaire et au secondaire (p. 293-312). Sainte-Foy, Québec : Multimonde.
Chapman, A. (2016). Digital Games as History. How Videogames Represent the Past and Offer
Access to Historical Practice. New York, États-Unis : Routledge.
Yelle, F. et A. Joly-Lavoie. (2017). Exploiter l’univers cinématographique d’Assassin’s Creed en
classe d’histoire. Enjeux de l’univers social, 13(1), 19-22.