Le Dr Hachiya s’attèle à mettre en forme les résultats des analyses. Il les rapporte à différents périmètres où les patients se trouvaient au moment de l’explosion et de leur exposition à la bombe. Il fait aussi la découverte d’éléments susceptibles d’avoir protégés les patients : murs en béton, gros arbres notamment.
7 septembre 1945
« Après le déjeuner, je me remis au travail avec vigueur et enthousiasme. Maintenant que j’étais bien lancé, ce travail me paraissait aussi agréable qu’intéressant. Modifiant mes critères de distance, j’établis les périmètres suivants : 500 mètres ou moins, 500 à 1000, 1000 à 2000, 2000 et plus. Du coup, il était plus facile de classer les patients d’après la position qui avait été la leur au moment de leur exposition à la déflagration. Lorsqu’on m’appela pour le dîner, j’avais parcouru cent soixante-dix cas.
Il devint manifeste que le taux de globules blancs diminuait en fonction de la proximité des patients vis-à-vis du centre de l’explosion. J’établis cette relation en premier parce que c’était la plus facile. Ensuite, je confrontai les symptômes à ces mêmes critères de distance, répartissant les cas en deux catégories, selon qu’ils étaient graves ou bénins. »
8 septembre 1945
« D’une façon générale, je constatai que les patients qui s’étaient trouvés au plus près de l’épicentre de l’explosion présentaient les symptômes les plus graves ; de même, plus ils s’en étaient trouvés éloignés, moins ils avaient de symptômes et moins ces derniers étaient graves. Toutefois, il y avait quelques exceptions. Certains patients, exposés assez près de l’épicentre, présentaient des symptômes bénins et un taux normal de globules blancs. En étudiant leur cas individuellement, je trouvai une explication à ce phénomène. Ces patients avaient en fait été protégés par des murs en béton armé, de gros arbres ou d’autres éléments susceptibles de faire écran. »
« Journal d’Hiroshima, 6 Août – 30 Septembre 1945 » de Michihiko Hachiya, Simon Duran – http://amzn.eu/h4bnzwL
Tout au long de l’été, l’agence de presse Protestinfo et Réformés.ch ont effectué une plongée dans les enjeux de la transmission de la mémoire de la Shoah. Alors que les derniers rescapés, témoins de ces heures obscures disparaissent, quels sont les enjeux liés au passage d’une mémoire biographique portée par des témoins à une mémoire plus culturelle, tributaire de la politique? Ce dossier ne manquera pas d’intéresser les enseignant.e.s d’histoire.
La liste des articles du dossier :
Transmettre la mémoire de la Shoah : Laurence Villoz et Guillaume Henchoz publient une série d’articles concernant les enjeux liés à la transmission de la mémoire de la Shoah. Ce dossier est le fruit de leurs investigations et de leurs rencontres.
«Il y a une compétition entre les différents visiteurs sur les lieux de mémoire» : Entre le touriste en short et le vendeur de glaces, quelle place donner à la commémoration dans les mémoriaux modernes? Spécialiste de la mémoire de la Shoah, Brigitte Sion pose un regard critique sur l’évolution de ces lieux de pèlerinage.
La figure du bourreau dans les crimes de masse : Décideurs, propagandistes, organisateurs et exécutants, tous sont des bourreaux. Mais rares ceux sont qui racontent leurs crimes. Et quand ils le font, ils les nient ou se victimisent.
Quand le négationnisme, la banalisation et la concurrence victimaire font le buzz : La banalisation de la Shoah se retrouve dans les discours de certains politiciens et personnages publics. Entre la volonté de choquer l’opinion publique et celle de se déculpabiliser, quelles sont les conséquences de ce genre de propos sur la transmission de la mémoire de ce génocide?
Les Eglises protestantes suisses dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale : Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les institutions ecclésiales protestantes se sont montrées pour le moins discrètes. Si certains s’engagent personnellement et soutiennent l’arrivée des réfugiés au cours du conflit, les organes décisionnels— à l’instar de la Commission synodale de l’Eglise nationale vaudoise— font preuve d’un «ouragan de prudence».
«On savait qu’on était fichues et qu’on nous enverrait à Auschwitz» : Paulette Angel, née Rosenberg, est une rescapée. Un témoin. Originaire d’une famille juive de Metz, elle tente de gagner la Zone libre en 1942. Dénoncée par ses passeurs, elle sera emprisonnée par les Allemands et déportée à Drancy.
L’annonce vendredi par Ubisoft de son plus important plan de croissance au Québec en 20 ans permet de le remettre en contexte par rapport au développement de l’industrie du jeu vidéo au Québec, l’importance des revenus générés par cette industrie, la place et le rôle des soutiens gouvernementaux à la création d’emploi et de la formation attendue des élèves (secondaire et universitaire).
Image accompagnant l’annonce de la conférence de presse d’Ubisoft Québec Studio (http://quebec.ubisoft.com/fr/annonce-dubisoft/)
L’entreprise fondée en 1988 par les frères Guillemot est devenue un leader mondial du jeu vidéo avec un chiffre d’affaires qui a atteint pendant l’exercice 2016-2017 quelque 2,2 G$ (de 1 459,9 M€).
Les studios québécois d’Ubisoft dirigent le développement de certaines des plus grandes marques du groupe, dont Assassin’s Creed, Far Cry, WatchDogs, For Honor et Tom Clancy’s Rainbow Six. Ils permettent de tirer des revenus représentant 44,5 % du chiffre d’affaires d’Ubisoft.
Assassin’s Creed Origins – Trailer de gameplay : Jeux de pouvoir. Gamescom 2017 OFFICIEL. Assassin’s Creed Origins sortira sur Xbox One, PS4, PS4 Pro et PC le 27 octobre et dès la sortie de la Xbox One X.
Le journal Le Quotidien indique que les dirigeants d’Ubisoft Québec se sont déplacés en décembre dernier dans la région afin de rencontrer des représentants des cégeps de Jonquière, Chicoutimi et de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Selon les informations recueillies par le journal, les représentants de l’entreprise se sont intéressés aux programmes de formation existants dans la région dans le secteur informatique, en production ou postproduction audiovisuelle, programme d’études de cycles supérieurs en informatique, etc., ainsi que le nombre d’étudiants formés annuellement dans ces domaines spécialisés.
Au plan mondial, Ubisoft compte environ 12 000 employés répartis dans 98 pays, selon les données fournies dans le dernier rapport financier annuel.
Le gouvernement du Québec offre un crédit d’impôt qui peut atteindre 37,5 % des coûts de main-d’oeuvre pour la création d’emplois dans l’industrie des jeux vidéo, une mesure contestée au fil des ans et dont profitent des entreprises comme Ubisoft et Warner Bros, en outre. Le salaire moyen d’un travailleur de l’industrie se situe entre 80 000 $ et 120 000 $.
Ainsi en juillet dernier, Éric Boyko, PDG de Stingray, critiquait le soutien à l’emploi à des entreprises internationales au détriment de l’industrie numérique locale :
Le PDG Eric Boyko a lancé un cri du coeur hier en annonçant la création de 400 emplois d’ici cinq ans. « Est-ce qu’on peut arrêter de donner des crédits d’impôt multimédias à des entreprises étrangères ? »
La majorité des postes qui seront créés chez Stingray sont destinés à des ingénieurs en informatique. Or, il y a pénurie, souligne M. Boyko.
« Stingray se bat sans subvention contre des entreprises étrangères subventionnées qui font pression à la hausse sur les salaires et qui peuvent offrir plus de jours de vacances », lance Eric Boyko.
L’entrepreneur montréalais d’origine ukrainienne croit que le moment est venu pour le gouvernement du Québec de revoir sa stratégie.
«On n’a plus besoin des crédits d’impôt. C’était bon il y a 20 ans pour avoir un pôle. Mais là, le pôle est créé et il faut s’ajuster.»
Pour te convaincre de venir travailler chez Ubisoft Québec, on peut te parler de nos projets AAA d’envergure mondiale, notre grande famille de 450 experts ou bien nos espaces de travail déjantés! Par contre, si t’es pas encore convaincu, prends trois minutes pour découvrir la ville qui nous a vu grandir ⚡ Découvre nos postes à combler : http://bit.ly/Ubi-Career
Concernant le crédit d’impôt remboursable pour la production de titres multimédias, celui-ci a été instauré en 1996 afin de favoriser l’émergence et le développement de l’industrie du jeu vidéo au Québec. Aujourd’hui, le Québec est devenu le troisième plus important pôle de production de jeux vidéo au monde. Selon les chiffres du gouvernement québécois, l’industrie québécoise du jeu vidéo compte sur une main-d’oeuvre d’environ 11 000 personnes réparties dans près de 140 entreprises.
En juin de cette année, les calculs effectués par le journal La Presse mettaient toutefois en exergue à quel point les subventions du gouvernement canadien sont d’une importance critique depuis plus de 10 ans dans les bilans financiers de la compagnie.
Grâce aux indications des relevés financiers annuels d’Ubisoft, La Presse a établi que la compagnie d’Yves Guillemot n’aurait pas généré le moindre profit depuis plus de 10 ans sans le crédit d’impôt distribué par les gouvernements du Québec, d’Ontario et de Nouvelle-Écosse. Depuis l’exercice 2005-2006, Ubisoft a reçu dans les 545 millions d’euros à titre de crédit d’impôt, alors que le bénéfice net cumulé par l’entreprise depuis cette période s’élève à 434 millions d’euros. Autrement dit, son bilan lorsqu’on supprime les aides du Canada se transforme en une perte nette de 111 millions d’euros sur la décennie (Source : http://affaires.lapresse.ca/economie/technologie/201706/22/01-5110283-ubisoft-plus-de-credits-dimpot-que-de-profits.php).
Si le Québec n’est pas le seul à proposer des crédits d’impôts, ceux-ci jouent un rôle dans la concurrence fiscale internationale au plus grand bénéfice des multinationales du secteur. Ainsi, en France, l’Assemblée nationale a voté en novembre 2016 pour le relèvement du crédit d’impôt jeu vidéo de 20% à 30% et pour l’augmentation du plafond de 3 millions d’euros à 6 millions d’euros par entreprise.
Et à chaque fois, Ubisoft en bénéficie. Ainsi, l’entreprise touche des crédits de nature comparable en Ontario et en Nouvelle-Écosse, grâce à la présence de studios à Toronto et Halifax. Elle perçoit aussi des crédits d’impôt à la recherche et au développement. Ces derniers lui ont rapporté près de 10 millions de dollars en 2015-2016.
La décision française de novembre dernier confirmée en avril 2017, est à la base de la décision prise en avril par Ubisoft d’ouvrir d’ici ce mois un studio à Bordeaux, après Montreuil, Lyon, Montpellier et Annecy. Ce studio accueillera cinquante employés, dont dix seniors, en provenance des autres studios pour encadrer son lancement et son bon fonctionnement. La décision est d’autant plus significative qu’Ubisoft, 3e plus gros éditeur de jeux vidéo au monde, n’avait pas ouvert de nouveau studio en France depuis vingt ans.
Ce nouveau studio d’Ubisoft devrait profiter de sa proximité avec la formation aux métiers du jeux vidéo dispensée par l’Enjmin à Angoulême et de la nouvelle liaison TGV qui reliera Paris à Bordeaux en deux heures depuis juillet 2017.
Voici une publication qui intéressera les personnes travaillant sur la communauté historienne en France
Les données présentées ici sont le produit d’un travail réalisé dans le cadre du programme de la European Science Foundation : « Representations of the Past: The Writing of National Histories in Europe » : http://ift.tt/2wq3Qsh(link is external)
Il s’agit, dans l’ensemble des pays européens, de procéder à une comparaison quant aux modalités d’affirmation des communautés nationales d’historiens, tant sur le plan intellectuel et scientifique, que sur celui des pratiques et des institutions.
Cette dernière dimension a été prise en charge par l’équipe n° 1, dirigée par Ilaria Porciani (Université de Bologne), autour du thème « Institutions, réseaux et communautés ». Afin de permettre la réalisation d’un atlas comparatif, un ensemble de bases de données ont été réalisées pour chaque pays européen. La compilation des ainsi rassemblées sera mise en ligne sur le site de l’université de Leipzig, tandis que l’Atlas paraîtra en 2008 (Ilaria Porciani (University of Bologna) and Lutz Raphael (University of Trier) (eds), Atlas of the Institutions of European Historiographies 1800 to the Present, Mac Millan).
Nous vous proposons sur ce site les bases de données réalisées sur la France, dans une version synthétisée. Les données recueillies s’organisent autour de 5 thèmes principaux :
Les modalités ayant présidé à la collecte des données sont expliquées dans la présentation de chacune des bases, mais également replacées dans le contexte plus général du projet, dans le texte de présentation paru dans Histoire de l’éducation, n° 113, 2007(link is external).
Les bases de données sur les revues, les associations, les académies et les archives ont été réalisées par Emmanuelle Picard. Les bases de données sur les historiens (1800-1928) ont été réalisées par Anne-Françoise Pasquier-Loué ; les bases de données sur les historiens pour 1955, 1980 et 2005 par A.-F. Pasquier-Loué et E. Picard.
Pour citer cette ressource : Emmanuelle Picard (dir.), «Les historiens français : la construction d’une discipline académique (1800-2005)», mars 2009 [en ligne] http://ift.tt/2wpJwqS (consulté le 31 Août 2017)
En complément des différents billets publiés ici du Journal d’Hiroshima du Dr. Michihiko Hachiya, le film franco-japonais Lumières d’été de Jean-Gabriel Périot offre une actualisation de la vision de l’événement et d’Hiroshima aujourd’hui.
Le synopsis :
Akihiro, réalisateur japonais, vient de Paris, où il vit, interviewer à Hiroshima des survivants de la bombe atomique. Profondément bouleversé par ces témoignages, il fait une pause et rencontre dans un parc une étrange jeune femme, Michiko. Petit à petit, il se laisse porter par la gaîté de Michiko et décide de la suivre pour un voyage improvisé à travers la ville, jusqu’à la mer.
La bande-annonce :
https://vimeo.com/225851755
Après un court métrage autour du Dôme de Genbaku – ce bâtiment resté seul debout après l’explosion de la bombe atomique américaine, à une centaine de mètres de ses murs, sur Hiroshima le matin du 6 août 1945, monument devenu symbole et Mémorial du bombardement – 200 000 Fantômes, réalisé en 2007 et projeté en première partie Lumières d’été, Périot revient cette fois dans la ville japonaise par le chemin de la fiction.
200 000 Fantômes est un diaporama de centaines de photos du dôme de Genbaku, avant et après l’explosion. On y voit la ville rasée, puis sa reconstruction progressive. Une mosaïque de la mémoire, soutenue par une complainte au piano, envoûtante prière, du groupe britannique Current 93 (Source : http://www.telerama.fr/cinema/films/lumieres-d-ete,520009.php).
Une interview de Jean-Gabriel Périot :
Lumières d’été débute par l’enregistrement d’un témoignage, celui d’une hibakusha (survivante de la bombe), qui raconte à la caméra d’un réalisateur (joué par Hiroto Ogi, déjà vu et entendu en français dans les Rues de Pantin, de Nicolas Leclère) ses souvenirs des premières heures après l’explosion, l’engagement de sa sœur infirmière dans un hôpital bondé, et la mort terrible de celle-ci quelques semaines plus tard suite aux radiations qui continuaient de faire leur effet dans la chair des survivants. Bien que ce moment de tournage apparaisse comme clairement mis en scène, le récit de Mme Takeda semble, lui, relever du document (Source : http://next.liberation.fr/cinema/2017/08/15/lumieres-d-ete-hiroshima-a-perte-de-vue_1590101).
Lumières d’été de Jean-Gabriel Périot (Fr., Jap., 2017, 1 h 23), précédé de 200 000 fantômes (Fr., 2007, 10 min). Date de sortie : 16/08/2017. Avec : Hiroto Ogi, Akane Tatsukawa, Yuzu Hori, Keiji Izumi, Mamako Yoneyama. Tous publics