Avec l’HistoPad, la Conciergerie propose une visite immersive et un nouveau parcours révolutionnaire

Après la restauration et l’ouverture de ses cuisines en juin dernier, le Centre des monuments nationaux continue de dévoiler la Conciergerie en proposant une visite augmentée et enrichie de ce monument situé au cœur de l’Île de la Cité. En effet, la Conciergerie présente un nouveau parcours révolutionnaire, mêlant des informations sur la Révolution, des dispositifs multimédias et un chantier des collections, qui sera disponible à partir du 14 décembre 2016. Les salles médiévales et révolutionnaires du monument ainsi que des espaces aujourd’hui disparus seront accessibles grâce à l’HistoPad, outil de médiation numérique permettant de remonter le temps grâce à la réalité augmentée, des reconstitutions 3D et des fonctionnalités interactives.

Reconstitution virtuelle à 360° de la Grand’Salle © Histovery

L’HistoPad est un dispositif de médiation numérique, qui permet au visiteur équipé d’une tablette tactile, de faire une visite immersive, enrichie, dans les espaces médiévaux et révolutionnaires de la Conciergerie. Grâce à des techniques de réalité augmentée, des reconstitutions 3D et des fonctionnalités interactives, ce dispositif ludique et immersif permet de mieux comprendre l’histoire du lieu et son sens historique.

L’HistoPad offre tout d’abord une présentation globale du monument, en image, au fil du temps. Grâce à un système de reconnaissance visuelle, le visiteur scanne des « Portes du temps » qui lui permettent de s’absorber dans le passé exactement au même endroit. Une reconstitution virtuelle à 360° soit de l’époque médiévale soit de l’époque révolutionnaire apparaît alors à l’écran. Des « zones interactives » permettent d’afficher des légendes dynamiques sur certains éléments caractéristiques de la pièce.

Source : Avec l’HistoPad, la Conciergerie propose une visite immersive et un nouveau parcours révolutionnaire

Complements (17.12.2016) :

Je vous invite à lire le billet d’Olivier Ritz, spécialiste de la Revolution, qui nous offre un très intéressant parcours critique du nouveau dispositif muséal réalisé à la Conciergerie incluant l’Histopad. Je relève :

La salle consacrée au tribunal révolutionnaire est sans doute celle qui réalise le mieux les ambitions historiques du nouveau parcours. Elle renseigne, elle nuance, elle explique: l’histoire y est en effet apaisée et critique. Cette salle exemplaire n’est pas isolée. Partout, jusque dans la maudite chapelle, les explications affichées sont de grande qualité. Mais je crains qu’elles ne pèsent pas lourds à côté du prestige de l’histopad et du martyre de Marie-Antoinette.

Concernant Marie-Antoinette, le dispositif tend, de manière fort contestable, à en faire une Sainte, une martyr :

À cet endroit l’histopad propose une sorte de diaporama de tableaux et de gravures, pour suivre la reine sur le chemin qui l’a menée de sa cellule à la guillotine. Suis-je le seul pour qui ces stations successives évoquent un chemin de croix ?

L’article : Voyages dans le temps à la Conciergerie | Littérature et Révolution

À l’école des humanités numériques | Atelier Canopé du 94

Le 9 décembre 2016, l’Atelier Canopé du Val-de-Marne proposait une introduction à la question des humanités numériques à l’École. Cette communication s’inscrivait dans le cadre de la construction de formations au numérique destinées aux enseignants des REP+ du Val-de-Marne.

Après avoir défini les humanités numériques dans le domaine de la recherche scientifique, l’Atelier Canopé du 94 déclinait leurs déclinaisons possible dans le domaine éducatif et scolaire. Pour l’Atelier Canopé du 94, l’apport le plus immédiat des humanités numériques pour l’enseignement

«consiste à ouvrir, par le numérique, les accès aux travaux de la recherche en matière de pédagogie. L’initiative de l’open édition ou édition ouverte, s’attache à publier dans un format ouvert et souvent gratuit les travaux proposés par les chercheurs, sous forme de carnets, de revues ou de livres numériques.»

En second lieu Les approches des humanités numériques sont une source d’inspiration et de réflexion pour l’école. Dans ce cadre,

«Il s’agit bien de dépasser la compréhension du numérique envisagé comme simple outil et de placer l’élève dans une démarche d’apprentissage par la pratique le : “learning by doing”.»

L’Atelier Canopé du 94 présentait ensuite des démarches concrètes

  • intégrer la démarche de recherche dans la classe à l’exemple de celle des saventuriers initiée par le CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires). Dans çet exemple, cette démarche de recherche repose sur 8 étapes clés1.
Les 8 étapes de la démarche scientifique. Source : https://twitter.com/profcoudert/status/802437824830210048
Les 8 étapes de la démarche scientifique. Source : https://twitter.com/profcoudert/status/802437824830210048
  • s’appuyer sur le travail en réseau pour notamment faire correspondre les élèves avec les chercheurs, créer des communauté d’enseignants et de classes (exemple du dispositif EMC, partageons ! http://emcpartageons.org).
  • la création de mini laboratoires d’humanités numériques dans les écoles en faisant produire aux élèves des cartographies ou des infographies numériques ou en enrichissant Wikipedia au travers de Wikimedia Commons.
  • valoriser une approche critique du savoir par l’analyse de controverses (à l’exemple du Cours Controverse – Esiee Paris : https://esieecontroverse.wordpress.com/controverse/cours-visualisation-et-cartographie-des-controverses/) pour développer chez les élèves une littératie numérique (lire/écrire avec le numérique).

Dans cet intéressant article, je retrouve donc une grande partie de mes propres réflexions en la matière tant des humanités numériques que de leur possible transfert dans l’enseignement d’une histoire 2.0.

L’article : À l’école des humanités numériques – Medium

  1. Ces 8 étapes peuvent être comparées à la démarche d’enquête développée dans le Plan d’études romand pour le domaine des Sciences humaines et sociales (SHS). ↩

Un juste, le courage de sauver des Juifs sous l’Occupation | Cases d’histoire

Dans Un Juste, Patrice Guillon raconte l’histoire d’Aurélie et Fernand Cénou, qui ont caché pendant deux ans, au péril de leur vie, toute une famille juive dans leur propriété lot-et-garonnaise. Et, c’est leur propre arrière-petit-fils, David Cénou, qui se charge d’illustrer l’hommage posthume rendu à ses aïeux par Myriam Lévy et le comité Yad Vashem1. Deux (belles) histoires de famille entrecroisées dans une chronique de la vie quotidienne au cœur de l’Occupation qui fait honneur à l’Humanité.

Une des planches inaugurales du récit.

La présentation de la Bande dessinée sur le site de l’éditeur :

«Après guerre, Myriam Lévy a choisi de tout oublier, l’horreur, la folie… Tout, y compris Fernand et Aurélie Cénou, le couple qui les cacha, elle et sa famille, pendant l’occupation allemande.

Prise de remords de n’avoir rien fait pour que le couple soit reconnu comme Justes entre les nations par l’État d’Israël, Myriam décide de réparer cette injustice…

C’est l’occasion pour elle de revenir sur sa propre histoire : sa rencontre avec son futur mari, Henri, son quotidien ainsi que celui de sa famille, juifs français obligés de se cacher pour survivre.

L’occasion également de découvrir Fernand et Aurélie, héros de l’ombre, qui n’avaient pas hésité à accueillir chez eux toute une famille juive malgré les risques encourus.

L’histoire émouvante de deux familles « liées pour l’éternité », soutenue par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et publié en partenariat avec l’Association Yad Vashem.»

Une oeuvre engagée qui est servie par l’utilisation sobres des aplats noirs et blancs de David Cénou.

Référence : Un Juste. Patrice Guillon (scénario). David Cénou (dessins). La Boite à Bulles. 160 pages. 18€

Lire le compte-rendu de Cases d’histoire : Un Juste, le courage de sauver des Juifs sous l’Occupation | Cases d’Histoire

Le site de l’éditeur avec d’autres comptes-rendus : http://www.la-boite-a-bulles.com/album-248-un-juste

  1. Depuis 1953, le comité Yad Vashem honore tous les Justes parmi les nations qui ont sauvé des vies juives de la barbarie nazie. Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent un diplôme d’honneur ainsi qu’une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier ». Au 1er janvier 2016, le titre avait été décerné à 26 119 personnes à travers le monde, dont 3 925 en France, et 33 dans le Lot-et-Garonne. ↩

« Quatorze récits d’Auschwitz », la force du témoignage | France culture

Troisième étape d’une série d’archives consacrée aux retours des camps. Quatorze survivants du camp d’Auschwitz livrent le récit de leur déportation. Ces voix, guidées par l’impérieuse nécessité de témoigner, retracent de manière saisissante une histoire aussi singulière que collective.

Henri Borlant (20.07.2002), 60ème anniversaire du 8ème convoi pour les camps• Crédits : BEP/FREDERIC GIROU/OUEST FRANCE ANGERS – Maxppp

Avant d’être diffusée sur France Culture en octobre 2002, cette série d’émissions a d’abord été conçue pour l’image. Entre 1991 et 1995, l’historienne Annette Wievorka a recueilli la parole d’environ cent-trente survivants des camps de concentration dans un dispositif sobre : un seul entretien filmé en studio avec une caméra presque fixe, sans effets. Les quatorze récits que l’on entend dans cette série ont en commun le camp d’Auschwitz-Birkenau.

Survivants du nazisme, ils acceptent de se confronter à l’innommable mémoire et disent publiquement, parfois pour la première fois, leurs souvenirs de déportation du camp d’Auschwitz. Comment raconter l’horreur passée, lorsque l’on veut oublier ?

Les récits audios : « Quatorze récits d’Auschwitz », la force du témoignage | France culture