Quelques obstacles à la compréhension de la complexité de l'histoire | The History Education Network

Barton (2012) a identifié quelques obstacles qui limitent pour les élèves la compréhension de la complexité du passé et du rôle des agents ayant influencé le cours de l’histoire par leurs choix. Dans son billet, Marie-Hélène Brunet en étudie trois plus spécifiquement.

  1. D’abord, la tendance à personnifier des pays (ou des lieux géographiques) et à leur prêter des intentions ou des sentiments  (« L’Allemagne, découragée par les conditions sévères imposées par le Traité de Versailles, ne pouvait faire autrement que d’être fragile face à l’extrémisme ») amène de la confusion et un manque de clarté pour les élèves.
  2. Un second obtacle est la tendance à imputer les changements à quelques grands personnages. Ce faisant, on oublie de souligner que les changements sociaux sont rarement, sinon jamais, le lot d’un seul individu, mais qu’ils sont plutôt le fruit d’un travail collectif.
  3. Un troisième obstacle est celui de la généralisation excessive: les habitants d’un même pays ou les membres d’un même groupe sont souvent présentés comme agissant de manière homogène et stéréotypée. Dès lors, les élèves perçoivent très difficilement que des tensions et des désaccords existent à l’intérieur des groupes dans l’histoire.

A consulter : Quelques obstacles à la compréhension de la complexité de l’histoire | The History Education Network.

Référence : Barton, K. (2012). Agency, choice and historical action: How history teaching can help students think about democratic decision making dans Citizenship Teaching and Learning, 7(2): 131-142.

Revue de presse : Le déni du Monde | aggiornamento hist-geo

Le dernier numéro du Débat est consacré à l’enseignement de l’histoire, au « difficile enseignement de l’histoire ». Car telle est la question/affirmation posée par Pierre Nora à l’orée de son éditorial : « Pourquoi est-il devenu si difficile d’enseigner l’histoire dans les classes du primaire et du secondaire ? C’est de cette question, fondée sur un constat largement répandu, que nous sommes partis. »[1]

De cette interrogation qui n’en a que l’apparence suit un numéro foncièrement biaisé. Car rien n’étaye sérieusement ce constat, sinon l’appui du discours décliniste porté par Hubert Tison, secrétaire général de l’Association des professeurs d’histoire-géographie[2]. Non, la simple évidence semble suffire à Pierre Nora pour affirmer que « cette difficulté […] n’a cessé de s’aggraver depuis trente ou quarante ans ». On peut être sceptique. Que l’enseignement en général ne soit pas toujours aisé, que les conditions de l’enseignement aient changé avec sa massification, on veut bien l’admettre, en débattre, mais y a-t-il une spécificité de l’histoire ? Y a-t-il une difficulté particulière de l’histoire par rapport aux mathématiques, aux langues vivantes, au français?

Le déni du Monde | aggiornamento hist-geo

Revue de presse : Le Centenaire et l’enseignement de l’histoire en Allemagne | Mission Centenaire 14-18

Un intéressant article sur la place de 14-18 dans les écoles allemandes et sur le poids pris par la période nazie dans les programmes scolaires. Et une question : quel 9 novembre commémorer?

La prestation de serment. Carte postale, 1915. © D.R.

Si, en ce printemps 2013, on interrogeait un professeur d’histoire allemand sur le prochain Centenaire, on entendrait sans doute la réponse « Quel centenaire ? ». En effet, la Première Guerre mondiale a disparu de la conscience publique allemande et elle ne joue plus un rôle très important dans l’enseignement de l’histoire à l’école

Le Centenaire et l’enseignement de l’histoire en Allemagne | Mission Centenaire 14-18

Revue de presse : Au Danemark, on passe le bac en surfant sur Google et Wikipedia | Le Point

Alors que certains en sont encore à pourrir le web, les Danois ont dépoussiéré, il y a trois ans, leur "Studentereksamen" – équivalent du bac/maturité – en autorisant l’utilisation d’Internet pendant cet examen pour les lycées/gymnase qui le souhaitent. Plus de 20 % des élèves de terminale et plusieurs matières sont concernées, des mathématiques à l’anglais en passant par les sciences économiques. Bien sûr, l’utilisation d’e-mail ou de messagerie instantanée est interdite, et le copier-coller pur et simple lui aussi sanctionné. Un changement qui ne fait qu’acter la nécessité de mettre l’école à la page, selon Steen Larsen, conseiller du ministère de l’Éducation et superviseur de cette réforme et qui répond aux questions du "Point".

Au Danemark, on passe le bac en surfant sur Google et Wikipedia | Le Point

Revue de presse : Numérique à l'école: "L'Education nationale va disparaître" pour Gilles Babinet

"Nous souffrons en France d’un système oligarchique, qui fabrique et maintient une élite dirigeante totalement verticalisée. Celle-ci a le plus grand mal à imaginer un modèle d’enseignement plus horizontal, plus collaboratif et plus "crowdsourcé". La chaîne hiérarchique de l’Education reflète totalement ce système vertical et rigide. Or, les technologies numérique fonctionnement de façon massivement horizontale. Je suis persuadé que l’Education nationale, telle qu’on la connait, va disparaître beaucoup plus rapidement que l’on veut bien le croire. "
La Suisse échappe-t-elle à ce constat. Malgré son système fédéraliste, je n’en suis pas si sûr.

Numérique à l’école: "L’Education nationale va disparaître" pour Gilles Babinet

12 millions pour promouvoir l’histoire : Ottawa investit, Québec proteste

La décision du gouvernement fédéral d’Ottawa d’investir 12 millions dans différentes mesures de promotion de l’histoire canadienne a été reçue froidement à Québec mardi. Le gouvernement de Québec estime que la création des Prix d’histoire du gouvernement du Canada montre que le fédéral « est vraiment désespéré d’entrer dans les écoles secondaires ». Dans tous les cas, l’histoire est prise en otage par le politique…

via12 millions pour promouvoir l’histoire | Le Devoir.

Revue de presse : Les moines irlandais du Moyen-Âge ont aidé à modéliser le climat | Mediapart

Chute de neige sur l’Irlande vue de l’espace© Nasa
Une étude climatologique s’est appuyée sur les archives médiévales des monastères irlandais pour modéliser l’influence des éruptions volcaniques sur les épisodes de grand froid.
En tenant la chronique météo de leur époque, des moines irlandais du Moyen-Âge ont contribué sans le savoir à la science climatique d’aujourd’hui.

Les moines irlandais du Moyen-Âge ont aidé à modéliser le climat | Mediapart

Revue de presse : Les Gaulois au-delà du mythe | ARTE

Parution de livres, dossiers spéciaux dans les magazines, expositions qui bousculent les idées reçues… : les Gaulois sont à la mode. Mais qui sont-ils ? Un peuple insolite assurément, puisqu’il a su traverser les siècles et se transformer en mythe alors que presque rien ne subsistait de lui. Les Gaulois n’ont pas laissé d’écrits et appartiennent aux peuples vaincus. Ceux qui sont venus après eux ont généré leurs propres vestiges, faisant disparaître leurs constructions de bois. Le souvenir que nous avions d’eux s’est peu à peu effacé tandis que d’autres racontaient leur histoire à leur place et selon leurs intérêts. Pourtant, plus de deux millénaires après que les légions de César ont vaincu Vercingétorix, le temps de la réhabilitation est arrivé. Le mythe de "nos ancêtres les Gaulois" s’est largement popularisé. Comment l’histoire a-t-elle rendu aux Gaulois la célébrité – pour le pire comme pour le meilleur ?

Les Gaulois au-delà du mythe | ARTE

Revue de presse : Développer les sciences humaines numériques au Québec | HistoireEngagée

Louis-Pascal Rousseau chemine dans le monde de la recherche en histoire depuis une quinzaine d’années. De ses années passées à l’Université Laval jusqu’à celles qui l’ont mené à l’Université de Pennsylvanie ainsi qu’à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris, il a acquis une riche expérience dans les nouvelles pratiques de l’histoire. Il occupe aujourd’hui les fonctions de chercheur postdoctorant au McNeil Center for Early American Studies à Philadelphie, en plus d’être collaborateur au laboratoire interuniversitaire américain SHANTI – Sciences, Humanities and Arts Network of Technological Initiatives, basé à l’Université de Virginie, lequel développe les « Digital Humanities » ou « sciences humaines numériques » en général, et l’histoire numérique en particulier.
À l’heure du 2.0, quelles sont les nouvelles manières de penser la discipline historique? Comment les technologies peuvent-elles être intégrées à la discipline historique? Comment le chercheur doit-il envisager les nouveaux lieux de diffusion de l’histoire? C’est à cette table que l’historien Louis-Pascal Rousseau, fort de son parcours en matière de sciences humaines numériques, nous invite.

Développer les sciences humaines numériques au Québec | HistoireEngagée